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Plus de réadmissions après une sortie avant les fêtes de Noël ?

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La fin de l’année est une période festive qui rime aussi avec tensions et sous-effectifs pour les établissements de santé car malheureusement l’afflux de patients reste le même. En parallèle, alors que certains usagers sont renvoyés chez eux, des chercheurs canadiens se sont demandé s’ils bénéficiaient du même suivi ou si les risques de réadmission, pire de décès, étaient plus importants. Les résultats récemment publiés dans le BMJ s’avèrent inquiétants…

Les patients qui sortaient vers Noël présentaient un risque accru de réadmission et de décès prématuré à 7 jours, 14 jours et 30 jours après avoir quitté les lieux de soins.

Les vacances de Noël se caractérisent par des congés synchronisés et des dîners en famille. Pendant ces deux dernières semaines de l’année, les soignants sont toujours autant sollicités, la grippe et d'autres virus étant responsables de l'augmentation du nombre d’arrivées à l’hôpital. Une équipe de chercheurs canadiens a donc émis l’hypothèse que la période des vacances de décembre est plus délicate pour les patients qui sortent des établissements de santé ; la réduction des effectifs pouvant affecter la coordination des soins et l’accès au suivi. Une théorie qu’ils ont voulu vérifier et les résultats de leurs travaux sont édifiants !

En effet, les spécialistes ont comparé le devenir des patients qui ont quitté les établissements de santé en Ontario à différentes périodes de l’année. En tout, entre 2002 et 2016, 217 305 patients sont sortis des hôpitaux pendant la durée des fêtes contre 453 641 pendant des périodes contrôles (fin novembre et janvier). Premier constat : les personnes qui rentraient chez elles pendant les fêtes avaient moins de chance d’être suivies par un médecin les quinze premiers jours après avoir signé leur décharge. Pire encore, les patients qui sortaient vers Noël présentaient un risque accru de réadmission et de décès prématuré à 7 jours, 14 jours et 30 jours après avoir quitté les lieux de soins. Les chiffres sont particulièrement alarmants durant la première semaine après la sortie (13,6% des patients ayant quitté l’hôpital pendant les vacances ont été réadmis ou sont décédés contre 11,7% pour ceux qui sont rentrés chez eux hors de la période des fêtes).

Par ailleurs, sur 100 000 patients, les scientifiques ont comptabilisé 26 décès supplémentaires, 188 réadmissions et 483 arrivées aux urgences attribuables à des sorties pendant la période des fêtes.

Pourquoi un surrisque pour les patients pendant les fêtes ?

Mais pourquoi un tel écart ? Les chercheurs ont aussi observé près de 3000 rendez-vous de suivi en moins pour 10 000 patients pendant les célébrations de décembre. Cette diminution du suivi serait probablement dû à un accès plus limité aux soins ambulatoires pendant cette période et à la réduction des effectifs hospitaliers, ce qui complexifierait la coordination des soins. Les patients rencontreraient donc, en partie, « davantage de difficultés à contacter leur médecin ou à prendre un rendez-vous ».

D’autre part, les patients ne sont pas très observants pendant ces vacances. Ils participent aux activités festives ce qui implique des repas à n’en plus finir, une consommation excessive d’alcool, voire un manque de sommeil. Tout cela engendre une augmentation du stress émotionnel, des conditions qui peuvent déstabiliser un état déjà pathologique. En outre, un suivi moins rigoureux réduit la possibilité d’identifier des complications évitables ou une détérioration précoce de l’état de santé, selon les auteurs. D’où l’intérêt d’optimiser la coordination des soins à domicile même si les spécialistes le soulignent leurs résultats ne peuvent pas être généralisés à l’ensemble des populations, notamment les taux de suivi qui sont très dépendants des pratiques locales.

Journaliste infirmiers.com roxane.curtet@infirmiers.com  @roxane0706

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