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Pour assurer la continuité des soins, l’été s’organise dans le médico-social

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AES

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Dispositifs de coopération, viviers de professionnels à solliciter…, le secteur du social et du médico-social s’organisent pour faire face à l’été.

Le secteur médico-social est également frappé par la pénurie de personnels.

Etablir un plan spécifique pour renforcer les effectifs dans les établissements et services médico-sociaux (ESMS) : c’est la volonté qu’a formulée Jean-Christophe Combe, le ministre des Solidarités, de l’Autonomie et des Personnes handicapées lors de son premier déplacement, le 5 juillet. Avec un objectif, que les mesures mises en place s’inscrivent dans la continuité des 41 propositions de la « mission flash » sur les soins non-programmés. Depuis, une circulaire, publiée le 13 juillet et adressée aux directeurs et directrices des Agences Régionales de Santé (ARS), détaille une batterie de mesures pour permettre aux ESMS, et en particulier les EHPAD et les Services de soins infirmiers à domicile (SSIAD), de maintenir la continuité de service au cours de l’été.

Trouver des professionnels supplémentaires

L’un des enjeux majeurs auquel répond cette circulaire est le manque de personnels et la nécessité de limiter les vacances de postes dans ces établissements. Car aux conséquences de la crise de Covid-19 s’ajoute une pénurie estivale, similaire à celle observée au sein des services d’urgences. La pénurie de candidats vers les métiers du soin et de l’accompagnement conserve un caractère prégnant auquel s’ajoutent des difficultés conjoncturelles liées aux conséquences de la crise sanitaire, qui ont entraîné de nombreux départs chez les professionnels, souligne-t-elle ainsi. Sont majoritairement concernés les postes d’aides-soignants et d’infirmiers.

Pour y remédier, elle formule plusieurs recommandations, la première étant de recourir à des viviers de professionnels, aussi bien médicaux et paramédicaux libéraux qu’exerçant dans les services d’hospitalisation à domicile (HAD). L’appui sur les libéraux peut s’effectuer dans le cadre de contrats de gré à gré entre les établissements demandeurs et eux. La rémunération s’effectue au forfait à la demi-journée, n’est pas cumulable avec une tarification à l’acte, et se doit de respecter des plafonds, définis en fonction des statuts des professionnels. Si les interventions des médecins sont plafonnées à 320 euros, celles des infirmiers le sont à hauteur de 168 euros. Autre possibilité : le recours aux étudiants dès la fin de leur formation, un dispositif annoncé par Brigitte Bourguignon, alors ministre de la Santé, dans le cadre du maintien des urgences, et qui est encadré depuis le 10 juin par arrêté. Les étudiants pourront utilement être mobilisés sur des contrats à durée déterminée (CDD) pour assurer des missions de remplacement correspondant à leurs compétences, précise le document. Dans le même ordre d’idée, les Direction régionale de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités (DREETS) sont encouragées à accélérer les processus de diplomation des étudiants. Par ailleurs, les infirmiers remplaçants sont autorisés à exercer en même temps que les infirmiers titulaires, comme cela était déjà possible lors de la crise sanitaire.

Afin de renforcer l’attractivité de ces métiers du soin durant la période, est appliquée une majoration exceptionnelle des heures supplémentaires pour les professionnels non-médicaux de la fonction publique hospitalière. Le dispositif, entériné le 17 juin, est activé de manière rétroactive du 1er juin au 15 septembre, est-il ajouté.

Des mesures pour encourager les recrutements

Afin de faciliter les recrutements, Pôle Emploi est appelé à être mis à contribution, notamment en matière d’accompagnement et de formation. La circulaire évoque ainsi la nécessité de développer le recours aux immersions professionnelles pour faciliter l’accueil des demandeurs d’emploi, la découverte du métier, la validation d’un projet professionnel ou pour initier un recrutement ainsi que les dispositifs de formation spécifiques (telles que les actions de formation préalable au recrutement) ayant vocation à apporter les bases de l’accompagnement des personnes en perte d’autonomie. Comme autre levier de recrutement, le document rappelle l’intérêt de lever les freins aux gardes d’enfants en réactivant les dispositifs d’accueil d’enfants des personnels prioritaires des ESMS, mis en place durant la crise sanitaire, ou encore d’identifier des solutions de logements temporaires pour ces professionnels.

Les ARS à la tête de la coordination

Sur le volet de la gouvernance, la Direction générale de l’offre de soin et la Direction générale de la cohésion sociale demandent aux ARS de  réactiver ou consolider les dispositifs de coordination, en association renforcée avec le secteur de l’aide à domicile, les fédérations du social et du médico-social et les collectivités. Ces dispositifs ont pour mission principale d’organiser les renforts en ressources humaines au sein des établissements pour les postes d’infirmiers, d’aides-soignants et d’accompagnants éducatifs et sociaux. Mais, en fonction des contextes locaux et des tensions identifiées, ils pourront être élargis à d’autres métiers. Ils pourront également être sollicités pour aider à l’organisation des pools de remplacement et solliciter des viviers de professionnels dans une logique de mutualisation. Est ainsi donnée en exemple la possibilité de mobiliser dans les EHPAD les aides à domicile lors de leurs heures creuses.

Journaliste audrey.parvais@gpsante.fr

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