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Pour que cessent les violences faites aux femmes

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Tous les 25 novembre les Etats du monde entier célèbrent la Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes. Ces faits demeurent hélas une réalité trop présente dans nos sociétés, constituant un frein majeur à l’égalité entre les femmes et les hommes.

lutte contre la violence faite aux femmes

25 novembre 2013 - Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes

Des dizaines d'années de mobilisation de la société civile et des mouvements des femmes ont placé l'élimination de la violence basée sur le genre en haut de la liste des priorités nationales et internationales. Un nombre de pays sans précédent dispose de lois contre la violence domestique, les agressions sexuelles et les autres formes de violence. La violence à l’égard des femmes et des filles constitue en effet une atteinte grave aux droits fondamentaux. Ses conséquences sur la santé physique, sexuelle et mentale des femmes et des filles sont multiples, immédiates ou à long terme, allant jusqu'à la mort. La violence a des effets négatifs sur le bien-être général des femmes et les empêche de participer pleinement à la vie sociale. De plus, les conséquences néfastes de la violence n’affectent pas seulement les femmes, mais également leurs familles, leur communauté et leur pays. En outre, les coûts de la violence sont très élevés, se traduisant aussi bien par des dépenses supérieures en matière de soins de santé et de frais juridiques que par une perte de productivité. Ceci a un impact sur les budgets nationaux, et plus globalement, sur le développement.

Je me félicite que de nombreuses voix s’élèvent en faveur de l’éradication de cette violence, qui touchera près d’une femme sur trois au cours de sa vie. (…) Je rends également hommage à tous ces héros qui, partout dans le monde, aident les victimes à se rétablir et à devenir des agents de changement

M. Ban Ki-moon, Secrétaire général de l'ONU, 25 novembre 2013

Un Colloque ministériel en septembre 2013

Lors du colloque « Violences aux femmes » organisé en septembre 2013 par la ministre des Droits des femmes, Najat Vallaud-Belkacem, psychiatres, travailleurs sociaux et responsables associatifs ont souligné l’importance d’une prise en charge thérapeutique, par exemple au sein de groupes de parole, des auteurs de violences contre les femmes afin de prévenir la récidive. Soigner les auteurs, c’est prendre soin des victimes, ont martelé les intervenants alors que la ministre annonçait, dans le même temps, pour fin novembre un nouveau plan triennal de lutte contre les violences faites aux femmes. 

Les chiffres restent très édifiants : une femme sur trois dans le monde est victime de violences physiques ou sexuelles, a estimé Marleen Temmerman, de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) (cf. encadré « La violence à l'encontre des femmes – Principaux faits). Et 38% des meurtres de femmes sont commis par des partenaires intimes. En France, tous les deux jours un homicide est commis au sein du couple, estime une étude du ministère de l’Intérieur. Le coût humain est majeur, et le coût financier des violences conjugales est d’environ 2,5 milliards d’euros par an (coûts liés aux conséquences à court et long terme sur la santé, à la police, justice, aux aides sociales...), a souligné le Dr Gilles Lazimi, médecin généraliste à Romainville (Seine-Saint-Denis). Il y a cinq fois plus de pathologies psychiatriques chez les femmes victimes de violences, et 28 fois plus d’arrêts de travail. Prendre en charge l’auteur des violences, c’est être dans un esprit de prévention et d’accompagnement des victimes, a estimé le psychiatre Roland Coutanceau, du centre médico-psychologique de Garenne-Colombes (Hauts-de-Seine). Cela peut prendre la forme d’entretiens individuels ou de groupes de parole, en complément des sanctions imposées par la justice et qui peuvent aller jusqu’à la prison.ce et qui peuvent aller jusqu’à la prison. Les thérapies visent à responsabiliser l’auteur de violences, qui est souvent dans le déni, lui faire comprendre les éléments déclencheurs, l’amener à tenir compte de l’autre et à essayer de gérer ses réactions. Les participants y sont le plus souvent contraints par la justice, dans le cadre d’un contrôle judiciaire ou d’un sursis avec mise à l’épreuve, mais ne sont presque jamais volontaires, a souligné la psychologue Nathalie Boivent, de l’association Espérer 95 (Val d’Oise).

Au niveau mondial, 35% des femmes indiquent avoir été exposées à des violences sexuelles de la part de leur partenaire intime ou de quelqu’un d’autre à un moment de leur vie

La violence à l’encontre des femmes - Principaux faits

  • La violence à l’encontre des femmes, qu’elle soit le fait d’un partenaire intime ou de nature sexuelle, est un grand problème de santé publique et une violation majeure des droits de la femme.
  • Selon les chiffres récents de la prévalence mondiale, 35% des femmes indiquent avoir été exposées à des violences sexuelles de la part de leur partenaire intime ou de quelqu’un d’autre à un moment de leur vie.
  • En moyenne, 30% des femmes qui ont eu des relations de couple signalent avoir subi une forme quelconque de violence physique ou sexuelle de la part de leur partenaire.
  • Au niveau mondial, jusqu’à 38% des meurtres de femmes sont le fait de leur partenaire intime.
  • Ces formes de violence entraînent des problèmes de santé physique, mentale, sexuelle, génésique, etc. et peuvent accroître la vulnérabilité au VIH.
  • Pour l’auteur de violence, les facteurs de risque sont les suivants: un faible niveau d’instruction, des antécédents de maltraitance pendant l’enfance ou l’exposition à la violence familiale, l’utilisation nocive de l’alcool, l’acceptation de la violence et de l’inégalité entre les sexes.
  • Pour la victime de violence, les facteurs de risque sont les suivants: un faible niveau d’instruction, l’exposition à la violence interparentale, l’exposition à des sévices pendant l’enfance et l’acceptation de la violence et de l’inégalité entre les sexes.
  • Dans les milieux aisés, les programmes scolaires tendant à prévenir la violence dans les relations entre les jeunes (« violence à l’occasion des sorties ») témoignent d’une grande efficacité.
  • Dans les milieux défavorisés, d’autres stratégies de prévention primaire comme le microcrédit associé à une formation à l’égalité entre les sexes et à des initiatives communautaires pour lutter contre les inégalités fondées sur le sexe et promouvoir la communication et les techniques relationnelles, sont prometteuses.
  • Les situations de conflit, d’après-conflit et de déplacement des personnes peuvent exacerber la violence existante et occasionner de nouvelles formes de violence à l’encontre des femmes.

Source - Aide-mémoire n°239, octobre 2013, Organisation mondiale de la santé

Renforcement de la loi et nouveau plan interministériel

Le 6 août 2013, un an jour pour jour après publication de la loi relative au harcèlement sexuel, la deuxième loi du quinquennat protégeant les femmes victimes de violence et de la traite a été publiée au journal officiel. Cette deuxième loi, à nouveau portée par Christiane Taubira, Ministre de la Justice et Najat Vallaud-Belkacem, Ministre des Droits des femmes, élargit et durcit les peines en matière de mariage forcé, d’avortement forcé et de mutilations sexuelles. La loi publiée renforce aussi la lutte contre la traite des êtres humains.

Le 22 novembre 2013, Najat Vallaud-Belkacem, ministre des Droits des femmes, dévoilait le 4ème plan interministériel de lutte contre les violences faites aux femmes.

Dans le même temps, la ministre présentait  un clip musical « Unissons Nos Voix » contre les violences envers les femmes ; un projet qui réunit plusieurs artistes féminines au sein d'un même vaisseau spatial nommé WASS'UP, ces femmes venues d'univers différents mais réunis autour d'un même combat !

Regardez ici le teaser du clip "Unissons nos voix"

En effet, les violences faites aux femmes demeurent un réalité hélas trop présente dans notre société qui constitue un frein majeur à l’égalité entre les femmes et les hommes. Pour y répondre, le 3ème plan interministériel 2011-2013 avait retenu un très grand nombre de mesures (61 mesures) n’ayant qu’imparfaitement été suivies avant la création d’un ministère des droits des femmes. Comme la ministre s’y était engagée, le 4ème plan interministériel retient, à l’inverse, un plus petit nombre de priorités, sur lesquelles le gouvernement s’engage et dont il sera comptable au niveau national comme au niveau local. Ce plan organisera, avec des moyens bien plus importants que ceux qui avaient été mis en place jusqu’à présent, les interventions publiques à destination des femmes victimes de violence autour d’un principe d’action structurant : aucune violence déclarée ne doit rester sans réponse. Il prévoira à cet effet des mesures permettant d’assurer la prise en charge la plus précoce possible des victimes, notamment sur les plans sanitaires et judiciaires ; il renforcera la réponse à l’urgence, notamment en cas de viols ou violences sexuelles, et apportera de nouveaux moyens pour la protection des victimes, notamment en matière d’hébergement d’urgence et de protection contre les auteurs de violences. Le plan créera les moyens d’une mobilisation de l’ensemble des services publics à travers de nouveaux plans de formation des professionnels mais aussi de la recherche publique pour progresser dans la connaissances et l’efficacité de notre réponse aux violences faites aux femmes. Quant au site stop-violences-femmes.gouv , il constitue un espace de ressources pour les victimes avec trois entrées thématiques : Ce qu'il faut savoir (numéros d'urgence, associations, loi...) ; L'Etat contre les violences (collques, plans de lutte, campagnes de sensibilisation...) et Témoignages (écrits et vidéo).

Spot officiel du ministère des Droits des femmes « Contre les violences, libérons la parole » (film de 30 secondes diffusé sur tous les médias nationaux)

Les origines de la Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes

En 1981, lors des « Premières rencontres féministes d'Amérique latine et des Caraïbes », des militantes pour les droits des femmes ont choisi la date du 25 novembre comme journée de lutte contre les violences, en mémoire de trois sœurs dominicaines engagées contre la dictature, Patria, Minerva et Maria Teresa Mirabal , connues dans la clandestinité sous le nom de « Las Mariposas » (les papillons). Emprisonnées à plusieurs reprises, victimes de tortures, violées, les trois militantes furent assassinées le 25 novembre 1961, sur les ordres du chef de l’État dominicain, Rafael Trujillo. Dans une résolution du 17 décembre 1999, l'Assemblée générale de l'Organisation des Nations Unies (ONU) a proclamé le 25 novembre Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes.

Creative Commons License

Bernadette FABREGAS Rédactrice en chef Infirmiers.com bernadette.fabregas@infirmiers.com

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Commentaires (2)

binoute1

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638 commentaires

#2

ben justement

"Tous les 25 novembre les Etats du monde entier célèbrent la Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes. Ces faits demeurent hélas une réalité trop présente dans nos sociétés, constituant un frein majeur à l’égalité entre les femmes et les hommes."

justement, si on veut parler d'égalité, pourquoi parler des violences faites AUX FEMMES ?? plutôt que violeces conjugales. Parce que mlaheureusement la violence et le mlaheur sont égalitaires...

delphineb

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25 commentaires

#1

nous n'aurons que se que nous prendrons

"La violence a des effets négatifs sur le bien-être général des femmes et les empêche de participer pleinement à la vie sociale."
Sans blague ??? Moi qui pensais que sa faisait du bien de se prendre une baffe dans la gueule de temps à autre !

"En outre, les coûts de la violence sont très élevés, se traduisant aussi bien par des dépenses supérieures en matière de soins [...] que par une perte de productivité."
On parle de femmes violées, séquestrées, tabassées, discriminées, rabaissées, qui vivent ou ont vécu l'enfer et vous osez venir nous parler de productivité et du "trop plus" d'argent qui leur est destiné ?!

Je pense que les moyens sont bien trop faibles et que le smic devrait être augmenter pour une meilleure indépendance financière des femmes notamment des mères!

Et la justice dans tout ça ? N'y a t'il rien à revoir à ce niveau là ?

Et enfin l'accompagnement psychologique/psychiatrique des agresseurs quand sera t'il respecté ?


Attention je suis loin de cracher sur le travail formidable que font les assoc' et le service public existant... J'en est juste marre de ses discours "mielleux"