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"Un peu de profondeur ne nuit jamais, même dans un billet humoristique !"

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L'humoriste Anne Roumanoff, nommée à l'unanimité meilleur ambassadeur de la profession infirmière. Son billet d'humeur « Infirmière, psychologue, travailleuse sociale, trois métiers, mais un seul salaire » le 15 septembre sur Europe 1 est allé droit au coeur d'une profession malmenée. Première surprise, elle répond à nos questions et nous l'en remercions chaleureusement.

Anne Roumanoff

On ne peut jamais prévoir quand une chronique va faire un buzz, c’est toujours un peu magique, surprenant, inattendu.

Votre intervention le 15 septembre dernier sur Europe1 à l'occasion de la mobilisation des infirmières, a suscité une avalanche de commentaires autant dityranbiques que reconnaissants . Cet hommage aussi drôle que sensible à fait l'unanimité partagé près de 5 millions de fois... Est-ce que cela vous étonne aujourd'hui ?

Anne Roumanoff - Oui, je pense que j’ai mis le doigt sans le savoir sur la problématique d’une profession qui n'est pas assez considérée. On ne peut jamais prévoir quand une chronique va faire un buzz, c’est toujours un peu magique, surprenant, inattendu. Le fait que cette chronique ait été autant partagée essentiellement par les infirmiers/ères et leur famille, montre qu’il y a là un vrai sujet de société. A la suite de cette chronique, j'ai reçu des mails me disant « vous oubliez les aides-soignants », « vous oubliez les agents publics hospitaliers », « pourquoi vous ne parlez pas des ambulanciers ? » Je me suis fait limite engueuler (rires). Donc, je précise ici que je rends hommage à tous ceux qui travaillent à l’hôpital, sans distinction de statut.

Cette chronique que vous avez dû minutieusement préparer, quel a été son déclencheur, alors qu'aucun média n'avait abordé le ras-le-bol des infirmier(e)s sur le registre humoristique ?

Anne Roumanoff - J’ai toujours eu beaucoup d’admiration pour les infirmier(e)s et les aides-soignant(e)s, ils font un travail remarquable, qui n’est pas facile tous les jours, et surtout souvent peu considéré. Cela me touche toujours beaucoup les gens qui donnent aux autres.

Aucun artiste autre que vous ne s'est exprimé à cette occasion. De fait, avez-vous une sensibilité particulière pour parler de ce métier soignant qui semble bien évidemment vous toucher ? Nous avons parlé l'an passée de « La confusionite » la pièce montée par votre maman et votre sœur sur la maladie d'Alzheimer.

Est-ce dans ce contexte que vous avez cotoyé des infirmières ?

Anne Roumanoff - Non, pas précisément, mais je me souviens d'une scène qui m’a beaucoup touché :  mon beau-père était alors hospitalisé en soins intensifs dans un hôpital du Havre, une infirmière est rentrée dans la chambre, elle a fait une petite plaisanterie qui a déridé tout le monde. En effet, prendre le temps de nous faire rire pour dédramatiser la situation, voilà bien un détail qui compte dans ces moments-là ! Concernant mon père, il est resté chez lui durant toute sa maladie, je n’ai donc pas spécialement côtoyé d’infirmières à cette occasion. Cependant, le dernier jour, alors qu’il était hospitalisé à domicile, il y a un infirmier libéral qui est venu et il a été très humain.

L'humour est dans vos gènes. Votre façon de raconter, d'inventer, entre réalisme cru - humour noir - et touche ultrasensible, fait mouche. Ce « juste ton » est-il révélateur de votre ancrage dans la « vraie vie » pour un personne public comme vous ?

Anne Roumanoff - C’est en effet important pour moi qu’il y ait un peu de fond dans mes sketchs, qu’ils soient ancrés dans le quotidien. Cela ne signifie pas que je cherche absolument à faire passer un message à chaque fois mais un peu de profondeur ne nuit jamais, même dans un billet humoristique ! Quand j’évoque le quotidien, j’aime que les détails  soient  le plus justes possibles. J’ai co-écrit cette chronique avec Frédérick Sigrist dont la maman est infirmière depuis trente ans dans l’est de la France, ce qui a sans doute contribué à la justesse du point de vue.

Les personnes qui vous accompagnaient sur Europe 1 ont partagé ce moment d'humour avec vous, qu'en ont-il pensé ensuite, comment voyaient-ils le métier infirmier, ont-ils été étonné ?

Anne Roumanoff - Europe 1 a surtout été impressionné par le buzz de la chronique, il parait que même les gens de Facebook ont été surpris par la rapidité avec laquelle elle a été partagée sur les réseaux sociaux. Le dernier record d’une vidéo d’Europe 1 sur Facebook c’était un million et demi au moment des dernières présidentielles, donc 4  millions et demi, ça impressionne !

Vous avez récidivé le 19  septembre lors d' une nouvelle chronique riche des nombreux témoignages reçus, c'était donc naturel pour vous de dire « Merci pour tous ces merci » ? Carte blanche vous a été donné sur Europe alors que des sujets qui pourraient être jugés comme plus graves font la une de l'actu ?

Anne Roumanoff - Europe 1 ne me donne aucune directive particulière quant aux thèmes à aborder dans l’émission, la seule contrainte que j’ai est liée à la durée de l’émission. C’est un format court, il faut donc maintenir un rythme soutenu et essayer de faire rire, aussi bien sûr. Je ne fais pas une émission médicale, mais d’humour (rires). Mais vu l’impact de la chronique et la quantité de commentaires qu’elle a suscité, il m’a donc semblé tout naturel de revenir là-dessus. La boucle est bouclée et j'en suis ravie.

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Propos recueillis par Bernadette FABREGAS     Rédactrice en chef Infirmiers.com bernadette.fabregas@infirmiers.com  @FabregasBern

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