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Quand deux infirmiers mettent fin à leurs jours...

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Deux suicides d'infirmiers en l'espace de quinze jours... Deux morts de professionnels de santé qui suscitent une très grosse émotion au sein de la communauté infirmière... Et toujours le silence assourdissant du côté du ministère de la Santé et de sa principale locataire Marisol Touraine... Une sale impression que la vie de ces infirmiers ne compte pas et que quelques lignes de  condoléances à leurs familles et à leurs proches, de soutien à leurs collègues de travail, en pure empathie, ne sont pas utiles. La communauté infirmière s'interroge et s'insurge : face à des conditions de travail de plus en plus dégradées, face aux cadences et organisations en rupture avec les valeurs soignantes, jusqu'où iront les sacrifices, combien de soignants devront encore se donner la mort pour que les tutelles réagissent enfin ?

bougies

La communauté infirmière attend aujourd’hui de la part de la Ministre chargée de la santé un témoignage d’humanité qui dans ces moments de profonde tristesse apporterait un juste réconfort.

Suite au premier suicide, sur son lieu de travail, d'un infirmier toulousain le 13 juin à l'hôpital de Rangueil, premier "coup de gueule" d'un infirmier, cadre de santé : j’ai eu beau chercher, je n’ai pas vu un billet de condoléances sur votre blog Madame la Ministre de la Santé, pas un communiqué de presse, pas même 140 caractères sur votre compte twitter pour qu’une enquête soit menée afin de faire toute la lumière sur ce qu’il s’est passé. Infirmiers que nous sommes, nous ne pouvons que regretter amèrement ce qui s’apparente à un manque de considération, s’exprimant par ce silence ministériel qui ne devrait pas exister dans de tels cas (...) Mais l’émotion suscitée par de tels événements au sein de notre profession ne doit pas être sous-estimée même si comme à leur habitude, les infirmiers resteront dignes et continueront d’exercer leur métier en y mettant toute leurs compétences pour soigner.

Reconnaissance en accident du travail et enquête interne au CHU de Toulouse

Près de deux semaines après le suicide de l’infirmier toulousain qui s’est donné la mort le 13 juin dernier dans son bureau sur le site de l’hôpital Rangueil (31), la direction du CHU de Toulouse vient de reconnaître ce décès en accident du travail comme l’avait demandé le comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) au lendemain du drame survenu. Le fait que le décès intervienne sur le lieu de travail de ce professionnel [l’]a conduit à appliquer la présomption d’imputabilité , précise la direction dans un communiqué du 28 juin. De plus, outre les enquêtes médico-judiciaire, de l’inspection du travail et du CHSCT déjà en cours, celle-ci a aussi initié une enquête interne visant à faire toute la transparence sur l’environnement de travail de ce professionnel. Conduite par deux médecins, un cadre de direction et un directeur des soins, ses conclusions sont attendues d’ici fin juillet et seront rendues publiques sous accord de la famille.

Les conditions de travail en toile de fond... Si le suicide est toujours un geste complexe, singulier, multifactoriel, les organisations syndicales du CHU toulousain estiment qu’il y a une forte présomption à lier ce drame aux conditions de travail : Cet infirmier était sur un poste aménagé. Depuis une restructuration professionnelle, il était "cantonné" à la pose de Holters [dans le service d’hypertension artérielle thérapeutique après avoir passé 26 ans en chirurgie cardiovasculaire, NDLR]. Il était en souffrance, en pleurs dans le service relate Julien Terrié, le secrétaire CGT du CHSCT central du CHU de Toulouse. Il n’y a pas eu d’évaluation des risques psychosociaux (RPS) sur ce poste » et cela est « une faute inexcusable pour la CGT, ce d’autant qu’il y a déjà eu une tentative similaire en mai 2012 au sein du CHU poursuit-il.

Un moratoire sur les restructurations comme principe de précaution... Très inquiètes, considérant que très certainement d’autres personnels sont en danger et que potentiellement tous les services et tous les agents sont concernés, les organisations syndicales du CHU (CGT, Sud) ont voté lors d’un CHSCT exceptionnel qui s’est déroulé le 27 juin la conduite d’une expertise pour risques graves sur le pôle de cardiologie où travaillait l’infirmier décédé. De même, elles ont appelé à un moratoire – comme principe de précaution – sur les restructurations en cours, notamment sur le plan Avenir et la mise en place du groupement hospitalier de territoire (GHT). Si la direction du CHU se dit prête à porter la plus grande attention aux recommandations formulées par la mission d’enquête sur la conduite des projets de modernisation au sein de l’institution et l’accompagnement personnalisé des professionnels concernés, elle leur a néanmoins signifié une fin de non recevoir sur cette dernière demande. Et deux jours plus tard le rassemblement "Hôpital debout" organisé par les syndicats devant l’Hôtel-Dieu, siège de la direction toulousaine où se déroulait le conseil de surveillance du CHU, a trouvé porte close.


Valérie HEDEF, journaliste pour Infirmiers.com

Comment voulez-vous faire de la "qualité du soin "quand on privilégie la quantité, dans des conditions de travail de pire en pire... où l'écoute et la reconnaissance des soignants est inexistante ? Le 24 juin, c'est une infirmière de nuit du Groupe hospitalier du Havre qui met fin à ses jours. Son mari, lettre à l'appui, met en cause les conditions de travail de son épouse. Dans la lettre, son épouse âgée de 44 ans, mère de deux enfants, en poste depuis 20 ans dans l'établissement,...

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Commentaires (7)

Bebe22

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4 commentaires

#7

Quand deux infirmière se suicider vu,

Au lieu d avoir cet esprit de "nonne"il va falloir faire stop un jour ds mon chu c'est pareil polyvalence ?? ts cela au détriment ds patient et des familles des esclaves volontaires " que nous sommes nous ts les paramédicaux condoléances au familles

Motarde de DIJON

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35 commentaires

#6

A vos mouchoirs...

Cessez de pleurnicher...

Bougez-vous, remuez vous...!

Depuis des siècles que les infirmières se lamentent, larmoient. On en viendrait presque à les prendre en pitié.

Pauvres infirmières qui ne font rien collectivement pour changer les choses... Mais elles se plaignent chacune dans leur coin...

On vous le dit depuis 2006, il faut adhérer à l'Ordre National des Infirmiers. Lui seul vous défendra. Plus de suicides, que du bonheur...

siméa

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2 commentaires

#5

detresse et malatraitance à tous les étages

Depuis plus e 30 ans quelque soit le secteur hopital, public, privé ,association ,liberal ,ecole,je ne constate qu'une chose la maltraitance vis à vis de nous ne cesse d'augmenter en toute impunité.Les suicides se succèdent ainsi que les burn out dans la plus grande indifference generale voire avec lla conivence de nos ministres; Je ne compte plus mes collègues disparues depuis tant d'années, sacrifiées dans un silence assourdissant.
Des données etouffées, pas d'enquete ou des semblant d'enquetes, avec rien au bout le néant...OMS ne cesse de le dire et redire nous avons la profession la plus mal traitée AU MONDE
Toutes mes condoléances a ces familles qui viennent de perdre une mère ,un père une soeur une épouse un frère ,un époux CAR NOUS SOMMES NOUS AUSSI DES ETRES HUMAINS

poupette74

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3 commentaires

#4

Ça fait tache pour le patron !!!!!!!

Mon père s'est suicidé il y a 15 mois il était en plein Burn Out mais l'entreprise a préféré que étouffer l'affaire ça faisait une très mauvaise image à la société !!!!!
Et c'est malheureusement le cas pour tous.

camkehr

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3 commentaires

#3

À la recherche de valeurs

En tant que future étudiante en soins infirmiers, je suis frappée par ces nombreux articles évoquant le "burn-out" de certains, et le suicide d'autres... ils ont accompagné mes réflexions sur ce métier et m'ont aidé à me préparer à de nombreuses difficultés, mais on ne peut pas concevoir qu'il y ait des suicides, on ne peut pas se préparer à ça et on ne peut pas l'accepter.
Rien d'étonnant sI les conditions de travail sont de plus e plus durs lorsque de moins en moins de monde veule t travailler en hôpital, jusremet pour ne pas être plus maltraité qu'un chien...
Les hôpitaux ne sont plus adaptés aux hommes, c'est aux hommes de s'adapter à lui, à son rythme... Donc finalement travailler en hôpital n'est pas mieux que travailler en usine... c'est peut-être très fort ce que je dis mais c'est vraiment l'impression que me done cet article et cette ministre. Ce gouvernement en général.

Ce n'est pas demain qu'on retrouvera ces valeurs humaines et chaleureuses à l'hôpital, c'est à nous je pense d'orienter notre lieu de travail en fonction de ce que l'on cherche...

eusèbe

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499 commentaires

#2

À quoi bon ?

À quoi bon attendre une reconnaissance ministérielle qui ne viendra sans doute jamais ?

Et si d'aventure elle arrivait, quelle en serait la valeur, la sincérité et l'authenticité ?

Et honnêtement, que peut-on espérer de cette ministre et a-t-on vraiment envie de quelque chose venant d'elle ?

binoute1

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597 commentaires

#1

question

la reconnaissance d'un accident de travail, c'est la sécu, pas la direction.
Une direction peut émettre des réserves, mais la décision revient à la caisse. Me goure-je ??

quant à Il n’y a pas eu d’évaluation des risques psychosociaux (RPS) sur ce poste » , et les CHS ne s'en est pas ému avant ? rien dans le DU ?