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Quand neige rime avec plan blanc...

Deux cliniques de Caen et le centre hospitalier (CH) de Maubeuge (Nord) ont déclenché un plan blanc en raison de l'épisode neigeux en cours depuis le 10 mars 2013 dans le Nord de la France, a-t-on appris le 12 mars après-midi lors d'une visite du centre de crise sanitaire (CCS) de la direction générale de la santé (DGS).

neige écriture jeuxLe Calvados et la Manche étaient le 12 mars en vigilance rouge et 27 autres départements en vigilance orange, selon Météo France. Une cellule interministérielle de crise (CIC), basée au ministère de l'intérieur, a été activée mardi matin, a-t-on appris auprès de la DGS.
La ministre des affaires sociales et de la santé, Marisol Touraine, s'est rendue le mardi 12 mars vers 16h30 au CCS, où elle s'est entretenue avec l'équipe du centre opérationnel de réception et de régulation des urgences sanitaires et sociales (Corruss). Elle a ensuite tenu une visioconférence avec les directeurs généraux des Agences régionales de santé (ARS) Basse-Normandie, Haute-Normandie et Picardie.
La ministre s'est voulue rassurante concernant l'accès au système de soin. Elle a assuré que "la situation à cette heure est sous contrôle", tout en notant que "la difficulté principale" dans le domaine de la santé était "celle du transport des véhicules sanitaires". Elle a salué la "mobilisation des personnels de santé", décrivant une "très grande solidarité spontanée présente dans les hôpitaux, dans les maisons de retraite, dans les cliniques".
"Le premier message à faire passer, c'est un message de vigilance et de précaution", a lancé Marisol Touraine, appelant notamment à ce que "les personnes qui habitent dans des territoires confrontés aux conditions climatiques difficiles que nous connaissons évitent de sortir".

Les établissements de santé sont surtout attentifs aux problèmes d'absences du personnel liés aux conditions de circulation, a expliqué un responsable du Corruss. Elles conduisent, dans certains hôpitaux, à ce qu'une partie des équipes restent en poste au lieu de rentrer à leur domicile.
Il a indiqué que trois établissements de santé de France avaient, pour l'heure, déclenché un plan blanc, mais continuaient d'assurer la prise en charge de médecine, chirurgie, obstétrique (MCO).
Deux cliniques privées de Caen, l'Hôpital privé Saint-Martin (groupe Générale de santé) et la polyclinique du Parc, sont concernées, a précisé en fin d'après-midi du 12 mars à l'APM le directeur général de l'ARS Basse-Normandie, Pierre-Jean Lancry.

Le directeur de l'Hôpital privé Saint-Martin à Caen, Maxime Carlier, également contacté par l'APM, a confirmé cette information sur son établissement. Il a mis en place une cellule de crise qui lui permet de se concentrer, avec le personnel présent, sur des priorités d'action, d'informer la préfecture et, plus globalement, "d'impliquer tout le monde au même niveau".
La clinique a annulé toutes ses interventions chirurgicales programmées prévues pour le 12 et le 13 mars, soit un total d'environ 180, pour se concentrer sur les urgences.
Elle a demandé aux pompiers d'aller chercher à leur domicile des patients qui ont absolument besoin d'une dialyse, a relaté Maxime Carlier. Interrogé sur le nombre de patients concernés, le directeur a indiqué qu'une telle opération était en cours pour six personnes. "La situation est sous contrôle, on assure, mais c'est assez difficile", a-t-il déclaré à l'APM.
le 12 mars, le CH de Maubeuge a confirmé que le plan blanc a été déclenché, mais n'a pas été en mesure d'apporter plus de précisions.

Trois régions privées d'hélicoptères

La Basse-Normandie, la Haute-Normandie et la Picardie sont particulièrement concernées par les problèmes de transport sanitaires, a expliqué le responsable du Corruss. Dans ces trois régions, l'héliportage de patients est impossible. En Basse-Normandie, les véhicules au sol, dont ceux des Smur, ne peuvent pas se déplacer, contrairement aux deux autres régions où la circulation est difficile mais pas interrompue.
En Basse-Normandie, des véhicules transportant des produits sanguins labiles ont été bloqués. Si cette situation perdure, des renforts seront déclenchés pour permettre leur acheminement, a précisé la même source.
Il a ajouté que le ministère se montrait très vigilant en matière de prise en charge de personnes à domicile présentant des risques vitaux, mais a expliqué qu'aucun incident grave n'était à déplorer. Il a ajouté que le ministère était attentif à d'éventuelles coupures de courant, notamment dans les maisons de retraite.
Lorsque la circulation est bloquée, il est possible de recourir à des renforts militaires ou de sécurité civile, a indiqué le DGS, Jean-Yves Grall, ajoutant que cela était le cas dans le Calvados et la Manche.
Pierre-Jean Lancry a par ailleurs expliqué que des établissements d'hébergement de personnes âgées dépendantes (Ehpad) avaient déclenché des plans bleus (démarche d'organisation et de gestion permettant d'anticiper les risques en situation climatique extrême).
Un Ehpad situé près de Caen, à Grandcamp-Maisy, a fait état de difficultés liées à la baisse de température dans ses locaux en raison de coupures de courant. L'état de santé d'une dizaine de la soixantaine de résidents accueillis dans cet établissement est particulièrement surveillé.

Dès le 11 mars, l'ARS Basse-Normandie avait alerté, dans un communiqué, sur les conséquences neigeuses, a souligné Pierre-Jean Lancry. Le 12 mars, l'ARS a renouvelé ses recommandations, consistant notamment à limiter les activités extérieures pour les personnes à risque et à faire particulièrement attention aux risques d'intoxication au monoxyde de carbone dans les maisons.

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