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Quelle place pour les infirmières dans les politiques de santé ?

Une enquête américaine montre que les décideurs et leaders d’opinion en santé ont une haute estime des infirmières et souhaitent leur voir jouer un rôle plus important dans les politiques de santé. Mais ils jugent cela peu probable.

En janvier 2010, la Robert Wood Johnson Fundation présentait les résultats d’un sondage réalisé en octobre de l’année précédente auprès de 1 504 décideurs et leaders d’opinion des Etats-Unis, exerçant dans tous les domaines ayant trait à la santé (système de santé, assurances, administration, universités). Le sujet : que pensent-ils des infirmières ?

Beaucoup de bien pour la plupart : elles sont une des sources d’information santé les plus fiables, avec les médecins, loin devant l’internet, la télévision et la presse. La moitié des sondés pense qu’elles jouent un rôle important dans la lutte contre les erreurs médicales, l’amélioration de la qualité des soins et la coordination des professionnels de santé. Mieux ! au moins 4 sur 5, et sur certaines questions 9 sur 10, voudraient voir leur influence augmenter sur les sujets précédents, mais aussi sur la prévention et, en ce qui concerne le système de santé, ses coûts, son rapport qualité / coûts (efficience), son adaptation au vieillissement de la population et son accessibilité.

Pourtant, seules 14 % des personnes interrogées pensent qu’elles peuvent influencer les politiques de santé, alors que plus de la moitié estiment que ça sera plutôt le cas pour les compagnies d’assurance (le sondage a eu lieu aux Etats-Unis, où les assurances continuent de jouer un rôle clef dans le système, même après la réforme Obama), un peu moins de la moitié pour les autorités de santé, un peu plus du tiers pour les médecins et un quart pour les patients …

Qu’est-ce qui cloche ? Pour la majorité des leaders interrogés, la différence entre vœux et réalités est essentiellement due à ce que les autorités de santé estiment que les infirmières sont moins bien placées que les médecins pour prendre des décisions ou qu’elles ne sont pas sources d’économies (« revenue generators »).

Ils ajoutent qu’elles sont plus focalisées sur les soins que sur la prévention et ne parlent pas d’une seule voix quand il s’agit d’enjeux de santé nationaux. Quand à savoir ce qu’il faut faire pour améliorer la situation, quand une « solution » est proposée (autour de 10 % des sondés), elle frise les vœux pieux : mieux faire entendre leur opinion, plus compter sur elles, améliorer la perception que l’opinion a d’elles, etc.

Les avis des décideurs et leaders d’opinion français sont-ils bien différents de ceux de leurs alter ego américains ?


Robert Wood Johnson Fundation. Nursing leadership from bedside to boardroom. Opinion leaders’ views. 2 février 2010.


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Rédacteur en chef IZEOS
serge.cannasse@infirmiers.com

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