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Réforme à la FEHAP : la contestation part de Marseille

entrée de l'hôpital St Joseph, 7 octobre 2010 © bruno benqueL’hôpital St-Joseph de Marseille (HSJM) a été la scène d’un spectacle assez particulier les 6 et 7 octobre derniers.

Des centaines de salariés soignants, administratifs ou logistiques défilant bruyamment dans les jardins ou bloquant l’entrée de l’établissement, créant un embouteillage jusque dans les rues attenantes.

 

Plus de 500 manifestants dans l'enceinte de l'Hôpital St-Joseph.

L’HSJM a connu en effet une des grèves les plus suivies de l’histoire de cet établissement, sous la conduite des syndicats FO, CGT, CFE-CGC et la Coordination Nationale Infirmière (CNI). Pendant 2 jours, les services d’hospitalisation ont tourné au ralenti, le bloc opératoire a fermé, de même que certaines unités à forte activité comme le scanner ou les consultations. Devant l’ampleur de la mobilisation, le préfet a réquisitionné 300 personnes sur les 2300 salariés afin d’assurer la continuité des soins et la prise en charge des urgences.

Ce mouvement de grève a pour but de protester contre la réforme de la convention collective nationale (CCN 51), annoncée par la Fédération des Établissements Hospitaliers et d’Aide à la Personne à but non lucratif (FEHAP). Les nouvelles dispositions à l’étude sont considérées, par les syndicats, comme autant de suppressions d’acquis sociaux concernant, entre autres, les récupérations de jours fériés, la valorisation de l’ancienneté ou la prime annuelle.

Nous avons rencontré Jacques ABIHSSIRA, très actif au sein de la CNI à l’HSJM. Il nous a fait part de son désarroi devant ce qu’il considère comme « un recul social important. On veut nous faire travailler les jours fériés sans pouvoir les récupérer, transformer la prime d'assiduité en gratification au mérite – c'est-à-dire « à la tête du client » -, ou  annuler l'ancienneté lors d'une promotion  après une formation validante, s'insurge-t-il. Sans compter les coupes sur la valorisation de la carrière ou la prime de départ en retraite ! Nous ne pouvons pas accepter ces mesures et le mouvement d'aujourd'hui n'est que l'étincelle qui va bientôt embraser tous les établissements FEHAP! »

Des syndicats prêts à en découdre.

La période de grève a été bien choisie par les syndicats. Elle correspond à la tenue, les 7 et 8 octobre, à Nantes, du 35è congrès annuel de la FEHAP. L’HSJM, avec ses quelques 800 lits de médecine-chirurgie-obstétrique (MCO), est le plus important établissement sanitaire non lucratif de France et constitue le fleuron de cette organisation. Il ne fait aucun doute que ce mouvement social marseillais s’est fait entendre jusqu’à Nantes, d’autant que le président de la FEHAP, M. Antoine DUBOUT, est aussi président du conseil d’administration de l’Hôpital St-Joseph. Ce dernier a d'ailleurs été copieusement interpellé, sur l'air des lampions, lors des manifestations de salariés.

La direction de l’hôpital, quant à elle, affirme que la révision de la CCN 51 est indispensable afin d'adapter les établissements FEHAP à la loi Hôpital, Patients, Santé et Territoire (HPST). Elle ne vise pas à réduire la masse salariale, mais à disposer, à l’avenir, de plus de souplesse pour négocier des avantages au profit des personnels. Les syndicats ne l’entendent évidemment pas de cette oreille.

Ils sont prêts à durcir le mouvement si leurs revendications ne sont pas entendues. Un calendrier de réunions de négociations a été établi, au plan national, avec les syndicats jusqu’en janvier 2011. Les discussions devront aboutir rapidement car, en mars 2011, la nouvelle convention sera soumise au vote de l’assemblée générale de la FEHAP. On parle déjà de reporter ce vote au mois de mai...

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Rédacteur Infirmiers.com
bruno.benque@gmail.com

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Commentaires (1)

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207 commentaires

#1

tenons bon

400 000 soignants sont concernés par les conventions 51 et 66, ce qui leur est proposé est vraiment honteux, tout simplement (perte des 11 jours fériés, baisse des évolutions salariales, baisse de la prime de départ en retraite, etc).