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Réforme des retraites : Agnès Buzyn tente de rassurer les aides-soignants

Le gouvernement sortira-t-il du flou qui entoure la réforme des retraites alors qu'enseignants, cheminots, pompiers, avocats, agriculteurs ou encore personnels soignants sont engagés dans un mouvement de grève reconductible. Edouard Philippe annoncera mercredi 11 décembre, devant le Conseil économique, social et environnemental (Cese), le détail du projet de loi. D'ici là, ce lundi 9 décembre à 15h30 précisément, Agnès Buzyn et Jean-Paul Delevoye, Haut-Commissaire aux Retraites chargé du rapport sur ce nouveau système "universel" remis en juillet, recevront l’ensemble des organisations syndicales et patronales représentatives pour clôturer le cycle des négociations et faire un bilan des attentes avant l'annonce générale. Pour l'heure, le gouvernement s'attache à rassurer...

Le gouvernement devra sortir du flou qui entoure cette réforme des retraites s'il veut véritablement apaiser les inquiétudes. 

« Ma logique ne sera jamais celle de la confrontation », a assuré Edouard Philippe dans une prise de parole vendredi 6 décembre, réaffirmant la mise en place de la réforme avec un système de retraite plus juste et plus solide qui mérite un débat de fond. Le Premier ministre a adressé un message clair en direction de ceux qui sont concernés par les régimes spéciaux. Le système des 42 régimes de retraites actuels ne peut pas perdurer, a-t-il affirmé. Ce n’est pas de gaité de cœur non plus qu’il faudra aux français travailler un peu plus longtemps, a-t-il confié. Défendant la nécessité de cette réforme, un système juste avec une solidarité véritablement nationale où tous les Français sont solidaires de tous les Français, le Premier ministre a néanmoins assuré que le nouveau système ne serait pas imposé dans l'urgence

Edouard Philippe s'est adressé aux cheminots, aux personnels de la SNCF et aux enseignants mais n'a rien dit, cette fois, aux personnels soignants. Alors qu'Agnès Buzyn, Ministre des Solidarités et de la Santé, et Jean-Paul Delevoye ont invité les organisations syndicales et patronales représentatives à une présentation des conclusions de la concertation le 9 décembre à 15h30, la ministre est revenue sur les conditions de mise en place de cette réforme, sans toutefois dissiper le flou. L'idée de cette réforme est de faire en sorte que tous les Français soient traités de la même façon. Pourtant, certains craignent d’y perdre, comme par exemple les aides-soignants, obligés de travailler 5 ans de plus avec la mise en place de ce nouveau système, comme le rappelle le Syndicat National des Professionnels Infirmiers (SNPI) dans un communiquéJ’ai tout de suite pu rassurer les aides-soignantes, a expliqué Agnès Buzyn dans une interview sur Europe1. La ministre, qui poursuit les discussions avec les syndicats des personnels hospitaliers a ainsi confié : tout de suite nous leur avons dit que l’idée était de compenser leur départ précoce à la retraite, je rappelle que les aides-soignantes ont des départs anticipés (à l’hôpital) qu’elles n’ont pas dans le privé. Nous sommes en train de travailler à intégrer la pénibilité (qui existe dans le privé) au secteur public. Donc l’idée, c’est vraiment d’accompagner les professions qui pourraient être perdantes, a-t-elle assuré. 

L’idée est d’aller vers une retraite plus juste parce qu’aujourd’hui, 85% des Français continuent de penser que notre système de retraite est profondément injuste. Agnès Buzyn

Réforme des retraites : quelles inquiétudes ? 

Dans la fonction publique hospitalière, le montant de la retraite est actuellement basé sur le salaire des 6 derniers mois de l'agent. Avec la réforme, la retraite des salariés du secteur public devrait se baser sur le salaire moyen obtenu sur la totalité de la carrière. Une mesure qui inquiète les syndicats. Ceux-ci s’interrogent aussi sur la valeur du point et sur le probable recul de l’âge pivot de départ à la retraite qui sera déterminé. Autre motif de discorde : la prise en compte de la pénibilité. Dès lors qu'il n'existe pas de justification objective à ce que des droits différents soient appliqués pour un même métier au seul motif que les statuts professionnels sont différents, l'équité exige qu'il soit mis fin aux droits spécifiques des régimes spéciaux et de la fonction publique, indique le rapport Delevoye. Une phrase qui ne passe pas côté CNI notamment. Pénibilité, âge pivot de départ à la retraite, travail sur les 2e parties de carrière pour les professions dites pénibles... pour l’instant, c’est le flou artistique, souligne Céline Laville, présidente de la CNI. Nous n’avons obtenu aucun éclaircissement pour l’heure, aucune réponse à nos questions et les différents rendez-vous obtenus avec le ministère ont tous été successivement annulés…

Toujours plus de rentabilité demandée aux soignants ... Écoutez Céline Laville, présidente de la CNI, sur le plateau de France 5 lors de l'émission Enquête de santé

Dans le secteur privé, la retraite est actuellement calculée en fonction des 25 meilleures années du salarié. Problème : les femmes, notamment, pourraient se voir pénalisées en raison des temps partiels souvent effectués au moment de la naissance de leurs enfants…

Au gouvernement à présent de lever les ambiguïtés. 

A l'hôpital, les conditions de travail toujours au coeur des revendications  

Alors que le "plan urgence" annoncé le 20 novembre dernier par le gouvernement a déçu les personnels hospitaliers, Agnès Buzyn continue de défendre ses mesures, comme la reprise de la dette des hôpitaux publics. Vendredi, elle a d’ailleurs fait un pas de plus en direction des personnels hospitaliers en annonçant sur Europe 1 le dégel complet des crédits en réserve pour les hôpitaux publics, soit 415 millions d'euros. C'était un engagement que j'avais pris il y a un mois, a rappelé la ministre. J'annonce le dégel total des 415 millions d'euros pour les hôpitaux publics, qui seront alloués cette semaine. C'est un dû, mais cela n'avait jamais été fait avant que j'arrive au gouvernement. Cela fait trois ans que j'assure ce dégel complet alors que malheureusement, avant que j'arrive, ce dégel n'était jamais complet.

Journaliste susie.bourquin@infirmiers.com @SusieBourquin

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