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SANTE SUD : l'humanitaire qui favorise l'autonomie

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Humanitaire

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Annyck WOSTYNA l’heure où nous travaillons sur le projet de soins ou le dossier médical personnel, les professionnels soignants de certains pays africains ou asiatiques essaient de maintenir un niveau sanitaire encore précaire. L'ONG Santé Sud propose de les accompagner, de façon originale, dans leur recherche de la qualité.

L’accès aux soins est un droit universel. Mais les inégalités sont importantes entre les pays industrialisés et les autres. Le monde occidental offre une aide matérielle sporadique et bien insuffisante en regard des besoins des populations en développement. Certaines organisations non gouvernementales (ONG) se mobilisent, comme l’association Santé Sud

Après avoir reçu le Prix de la Transparence Associative, attestant de sa bonne gestion, elle a été reconnue d’Utilité Publique le 30 juillet dernier. Ce sceau d’efficacité et d’intégrité est le fruit d’un long travail de fond réalisé par ses équipes sur le terrain. Comptant 270 membres, tous professionnels du secteur médical ou médico-social, et tous bénévoles, elle monte des projets en Asie, en Afrique et autour du bassin méditerranéen. Au total, ce sont plus de 80 programmes dans 25 pays qui ont été menés depuis sa création en 1984 par des professionnels de santé.

Agir sans remplacer

Son slogan, « Agir sans remplacer », traduit tout à fait sa philosophie. Basée à Marseille, elle propose en effet d’assister les soignants autochtones par des programmes d’accompagnement et de formation. C'est ce que nous explique sa vice-présidente, Annyck WOSTYN, que nous avons interviewée à son retour de mission en Mongolie.

Cette infirmière libérale, qui consacre beaucoup de temps libre à Santé Sud, insiste sur l'importance de la formation des populations locales. « Nous intervenons dans des endroits du monde où les structures sanitaires existent, mais manquent d'efficience, souvent à la suite d’un changement politique majeur, dit-elle. Lors de nos missions sur place, nous formons des infirmiers, des cadres, des formateurs afin qu'ils acquièrent les compétences requises et puissent les perpétuer. Ainsi, après notre départ, ils sont à même de dispenser des soins de meilleure qualité. »

Formation Labo - Mali Examen Labo - Mali


Annyck WOSTYN est une adhérente historique de Santé Sud pour qui elle a sillonné le globe. Elle a piloté plusieurs projets humanitaires, notamment en Centrafrique, au Laos, en Chine, au Mali, au Liban, au Tchad, et plus récemment en Mongolie où elle retournera bientôt. Les projets menés par Santé Sud proviennent ,pour la plupart, d’un « appel à proposition » de l'Union Européenne (UE), l'Agence Française de Développement (AFD) ou l’organisation Mondiale de la Santé (OMS). Ils peuvent aussi répondre à une demande locale directe.

Consultation - Madagascar

Consultation - Madagascar

Il arrive aussi que les structures sanitaires des pays en voie de développement sollicitent l'ONG pour un besoin précis. « Quelle que soit l'origine de la demande, organisation internationale ou soignants autochtones, nous réalisons une étude préalable lors d'une mission exploratoire pour rencontrer les populations locales, poursuit Annyck WOSTYN.

Nous devons définir précisément leurs besoins, les moyens existants, la pérennité d'un éventuel projet, ainsi que le profil des intervenants formateurs qui participeront à la mission. Ce qui nous importe en premier lieu, c'est d'évaluer le niveau de motivation des personnes qui bénéficieront du projet et leur capacité à être supports de celui-ci une fois que nous serons repartis. Si ces conditions ne sont pas réunies, nous pensons que c'est voué à l'échec. Il nous faut aussi évaluer le coût nécessaire, en sachant qu'un programme de ce type oscille entre 350 000 et 900 000 euros ! »

Des missions où les journées comptent double

Les programmes de formation sont élaborés avant le départ de France. Mais, une fois sur place, ils sont ajustés au jour le jour. La journée type d'une équipe de Santé Sud en mission comprend la formation proprement dite le jour, puis le soir, un débriefing et la préparation des formations du lendemain. Sans compter, dans les pays non francophones, la coordination avec un interprète pour s'assurer que le message passe bien auprès de l'auditoire.

Lorsque la mission est terminée, une première évaluation est effectuée notamment afin de mesurer son efficacité et le degré de satisfaction des locaux. Par la suite, une évaluation annuelle est réalisée par le responsable du programme qui se rend sur place pour opérer un état des lieux et s'assurer de la bonne gestion budgétaire du projet.

A gauche, Annyck WOSTYN Formation cancérologie - Mongolie


Santé Sud prend très au sérieux le suivi des dépenses : la pérennité de l'association en dépend. Son budget opérationnel n'est en effet pas extensible, surtout en temps de crise. Il provient du fruit de son activité, mais aussi d'institutions comme le Conseil général des Bouches-du-Rhône, le Conseil régional PACA, l'UE, l'AFD ou la Coopération monégasque et de donateurs particuliers (si vous voulez faire un don, cliquez sur le lien suivant : http://www.santesud.org/agir/soutenir/don.html ). L’ONG en assure une traçabilité précise et communique régulièrement aux donateurs le devenir des fonds distribués.

En intervenant auprès des populations défavorisées, Santé Sud permet à des milliers de gens d’être mieux soignés. Et grâce à ses campagnes de formation, elle amorce un processus de responsabilisation que les personnels soignants s’approprient afin de tendre vers l’autonomie. Voilà peut-être le mot clé pour que les pays soient réellement en « développement » …

A vos agendas ! Santé Sud participera à la Semaine de la Solidarité Internationale en organisant, le 19 novembre 2010, sur le Campus Santé de la Timone à Marseille, la 5ème Journée Provençale de la Santé Humanitaire, sur le thème de la santé des femmes, parrainée par la comédienne Ariane Ascaride.

Le programme: http://www.santesud.org/sinformer/evenements/jpsh/jpsh2010/Programmejpsh2010.pdf

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Rédacteur Infirmiers.com
bruno.benque@gmail.com


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