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Ségur de la Santé : les soignants redescendent dans la rue pour réclamer des moyens

A quelques jours de la clôture du Ségur de la santé, vendredi 3 juillet, les personnels des établissements hospitaliers, sociaux et médico-sociaux étaient de nouveau appelés à manifester dans des dizaines de villes, mardi 30 juin, pour obtenir davantage que les 6,3 milliards d'euros déjà mis sur la table par le gouvernement. A Paris, le cortège s'est élancé à 14 heures de l'ancien hôpital militaire du Val-de-Grâce, en direction du ministère de la Santé. De Lorient à Nancy, de Pau, Mont-de-Marsan, ou encore à La Réunion, des dizaines de rassemblements étaient également prévus sur tout le territoire, le plus souvent devant l'hôpital local ou l'Agence Régionale de Santé.

soignants morts Covid

Capture d'écran du compte Twitter de Charles Baudry, journaliste, qui précise : "Un hospitalier porte sur sa blouse le nom de plusieurs soignants morts du Covid-19".

Après la manifestation du 16 juin (qui avait réuni de 100 000 à 180 000 manifestants selon les sources), les syndicats et collectifs hospitaliers (collectifs inter-Hôpitaux et Inter Urgences) espéraient mobiliser à nouveau en masse les personnels des établissements de santé, sociaux et médico-sociaux, un peu partout en France ce mardi 30 juin. L'objectif, cette fois encore : peser sur les décisions politiques, à trois jours de la clôture du "Ségur de la santé", afin de réclamer plus de moyens pour la santé, une revendication rendue encore plus légitime après la crise sanitaire. Cette vaste concertation, lancée le 25 mai pour concrétiser le plan massif d'investissement et de revalorisation promis par Emmanuel Macron, s'achèvera en effet vendredi 3 juillet par une ultime réunion sous l'égide de l'ancienne dirigeante de la CFDT, Nicole Notat. Le chef de l'Etat pourrait ensuite annoncer lui-même ses arbitrages la semaine prochaine, en particulier sur les très attendues hausses de salaires.

A ce stade, le ministre des Solidarités et de la Santé Olivier Véran a mis 6 milliards d'euros sur la table pour les personnels non médicaux, à répartir entre une augmentation générale, une refonte des primes et des majorations ciblées sur certaines professions (infirmiers, aides-soignants, manipulateurs radio...). Une rallonge de 300 millions d'euros a également été proposée lundi 29 juin pour les praticiens hospitaliers, avec des mesures ciblées sur les débuts et fins de carrière, sur certaines primes et sur les heures supplémentaires, aussitôt rejetées par des syndicats médicaux évoquant une désillusion énorme. Déçus par les précédents plans de l'exécutif, qui n'ont pas enrayé un mouvement social entamé au printemps 2019, les syndicats dénoncent un décalage entre ce qui a été dit pendant des mois sur la nécessité de revaloriser le personnel soignant et l'hôpital public et la réalité des annonces faites aujourd'hui.

Cette semaine est cruciale, le CIH, comme tous les hospitaliers, attend des changements concrets. La santé de nos concitoyens est en jeu - Le Collectif Inter Hôpitaux

Si on augmente les salaires, il ne faudrait pas oublier les internes et jeunes médecins qui sont rétribués de façon indécente ni le différentiel entre les salaires du public et du privé, a rappelé dans un communiqué le Collectif Inter-Hôpitaux (CIH), tout en estimant que la question des salaires ne devait pas occulter les autres problèmes. Il faut augmenter les effectifs paramédicaux ou médicaux pour rétablir des conditions de travail supportables et garantir la qualité des soins, a-t-il insisté. Un message relayé par la CGT, qui regrette que la question des recrutements de personnels ne soit pas abordée

Le syndicat National des Professionnels Infirmiers réclame des chiffres clairs ! Pour le Ségur : combien de lits seront rouverts sur les 71 000 lits fermés ? Combien de postes seront créés dans les hôpitaux ? La revalorisation des salaires (public et privé) : c'est quand et combien ? interroge-t-il. 

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