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"Si nous ne réagissons pas collectivement, nous nous exposons à un risque élevé de reprise épidémique"

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Epidémiologie

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Pause estivale peut-être, mais le virus lui n'a pas pris de vacances. Comme initalement annoncé, le ¨Président de la République a tenu ce mardi un double conseil de défense en visioconférence dont un des dossiers était la crise du Covid-19 car le nombre de contaminations repart malheureusement à la hausse en ce mois d'août. En parallèle, le Premier ministre, Jean Castex, était très attendu cet après-midi au CHU de Montpellier où il a tenu un discours concernant les dernières décisions gouvernementales pour court-circuiter une potentielle reprise de l'épidémie. Durcissant le ton au vu d'une moindre application des mesures barrières, il a rappelé que certains devaient se ressaisir afin d'éviter un retour en arrière.

Je fais le constat, comme beaucoup d'entre vous, d'une moindre vigilance, d'une moindre discipline, d'une moindre solidarité, en tous cas de la part de certains d'entre nous, minoritaires sans doute, mais trop nombreux, met en garde le Premier ministre en déplacement au CHU de Montpellier.

Face à une situation épidémiologique qui évolue dans le mauvais sens avec 785 personnes diagnostiquées positives au Sars-Cov-2 au cours des dernières 24 heures et 10 800 nouveaux cas  enregistrés en une semaine, le gouvernement a décidé de prendre de nouvelles mesures, notamment l'extension de l'obligation du port du masque à l'extérieur et l'interdiction des rassemblements de plus de 5.000 personnes prolongée jusqu'au 30 octobre prochain !

C'est le Premier ministre, Jean Castex, qui s'est fait le porte-parole du gouvernement. Profitant d'un déplacement au CHU de Montpellier, il a annoncé les principales conclusions du conseil de défence qui s'est tenu dans la matinée du 11 août. Je fais le constat, comme beaucoup d'entre vous, d'une moindre vigilance, d'une moindre discipline, d'une moindre solidarité, en tous cas de la part de certains d'entre nous, minoritaires sans doute, mais trop nombreux, s'agace le chef du Gouvernement qui remarque qu'avec les vacances, les rassemblements festifs se faisaient plus fréquents représentant autant d'occasions de propager le virus. Il martèle également que, si ce sont les plus jeunes les plus touchés, ils sont peut-être moins à risque de développer des formes graves mais tout autant à risque de transmettre le virus aux plus âgés, qui sont plus vulnérables. Je le dis avec une forme de gravité : si nous ne réagissons pas collectivement, nous nous exposons à un risque élevé de reprise épidémique qui sera difficile à contrôler, a-t-il prévenu.

Elle arrive, on ne veut pas le voir - Pr Djillali Annane, chef du service de réanimation médico-chirurgicale à l'Hôpital Raymond Poincaré

Le port du masque de plus en plus généralisé, davantage de contrôles

Pour empêcher un rebond épidémique, le Premier ministre a indiqué qu'il allait notamment demander aux préfets de se rapprocher des élus locaux pour étendre le plus possible l'obligation du port du masque dans les espaces publics alors que, déjà, dans plusieurs communes, celui-ci est devenu obligatoire pour circuler dans certaines rues fréquentées. Il faudra aller au-delà, argue Jean Castex. Les actions seront intensifiées dans les 20 métropoles nationales afin de préparer une réponse à chaque scenario adaptée aux réalités locales, en fonction des quartiers, des distances et des réseaux de transports en fonction des zones à risques... Des plans d'action territoriaux renforcés seront également engagés.

En parallèle, malgré les 600 000 tests de dépistage hebdomadaire effectués, un bilan plus que satisfaisant, nous devons encore améliorer l'accès à ces tests notamment pour les personnes ayant des symptômes et créer des circuits dédiés pour avoir des résultats rapides. Il est aussi prévu d'optimiser les capacités de tests pour tous les territoires, toutes les populations à risques spécifiques au-delà des seuls clusters. D'autre part, l'interdiction des évènements de plus de 5.000 personnes a été prolongée jusqu'au 30 octobre même si les préfets auront la possibilité d'y déroger avec la vérification du strict respect des consignes sanitaires.

Enfin, un renforcement des campagnes de communication et de pédagogie, en particulier à destination des jeunes et des populations qui peuvent se sentir, à tort, moins exposées est également prévu. Respecter les gestes barrières, c'est se protéger soi-même mais aussi protéger les autres et les plus vulnérables dont la vie peut être menacée, martèle le chef du Gouvernement qui veut à tout prix empêcher une deuxième vague qui mettrait à nouveau le personnel soignant en première ligne.  Elle mettra à nouveau sous tension l'ensemble de la chaîne de santé, de la médecine de ville aux services hospitaliers, elle mettra aussi sous tension notre économie, notre système éducatif, notre vie collective et culturelle, a encore mis en garde M. Castex, en appelant à réagir individuellement et collectivement et vigoureusement

Argumentant que rien ne sert de faire des mesures si elles ne sont pas appliquées, Jean Castex a annoncé que les contrôles allaient être renforcés sur le respect de l'ensemble des règles destinées à prévenir la propagation du virus : respect des gestes barrières, du port du masque, notamment dans les restaurants, ou des obligations de déclaration des rassemblements de plus de 10 personnes. Il faut éviter par dessus tout un retour en arrière, un reconfinement important, c'est indispensable et c'est à notre portée, alerte le Premier ministre qui incite les Français à se montrer lucides et pour certains en particulier à se ressaisir. Quelles que soient les dispositions que nous prendrons, leur efficacité dépend finalement de chacun et de chacune d'entre nous. Une société démocratique moderne ne peut pas tout attendre de l'Etat, chacun détient une part de responsabilité.

Interviewé sur France Inter, le Pr Djillali Annane, chef du service de réanimation médico-chirurgicale à l'Hôpital Raymond Poincaré de Garches en Île-de-France avait averti qu' il y a vraiment une dynamique de nouvelles contaminations et elle dépasse largement aujourd'hui les clusters identifiés. On est déjà au pied de la deuxième vague, et ça me rappelle exactement ce qu'on constatait au mois de février dernier.

Une société démocratique moderne ne peut pas tout attendre de l'Etat, chacun détient une part de responsabilité

Journaliste infirmiers.com roxane.curtet@infirmiers.com  @roxane0706

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