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Sida : le virus est "toujours là"

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Médecin

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"N’oublions pas que le virus du Sida est toujours là", tel est le slogan choc de l'édition 2019 du Sidaction, qui s'ouvre aujourd'hui jusqu'au dimanche 7 avril. Trois jours de mobilisation, de sensibilisation et d'information sur la lutte contre un virus qui continue de tuer, silencieusement. 1,8 million de personnes ont été nouvellement infectées par le VIH l'an dernier dans le monde. En France, ce sont 6 400 nouvelles infections qui sont recensées chaque année, soit 15 à 20 personnes qui découvrent leur infection chaque jour. Pourtant, les acteurs alertent sur une banalisation de la maladie... 

Parallèlement au dépistage et au traitement des personnes séropositives, la promotion des autres outils de prévention disponibles (préservatif, prophylaxie pré-exposition, traitement post-exposition) doit se poursuivre

Mise à jour le 8 avril 2019 : Cette année, les 3 jours de mobilisation, de sensibilisation et d’information ont permis d’atteindre
4 503 788 euros de promesses de don. Ce montant, en hausse par rapport à l’année dernière, constitue une nouvelle victoire pour la lutte contre le sida.  

Chaque année en France, 6 400 personnes découvrent leur séropositivité au VIH, dont plus d'un quart (27%) à un stade avancé de l'infection, et ces chiffres ne baissent plus depuis 10 ans. 25 ans après la première édition de Sidaction, alors que les traitements ont certes progressé, l'association co-fondée par Pierre Bergé et Line Renaud en 1994 alerte sur la banalisation de l'épidémie, qui continue de faire des ravages. 

Des idées reçues et une banalisation qui progressent 

Comme le dit notre slogan, n'oublions pas que le virus du sida est toujours là, rappelle Françoise Barré-Sinoussi, présidente de Sidaction. Il y a une telle banalisation du sida qu'on dirait que plus personne ne s'y intéresse, se désole la chercheuse, codécouvreuse du virus au début des années 80 et prix Nobel de médecine 2008. On arrive à une sorte de plateau. C'est extrêmement inquiétant. Les jeunes, tout particulièrement, ne se sentent pas toujours concernés et les idées reçues progressent chez les 15-25 ans. Sidaction vient de publier un sondage selon lequel 23% des jeunes s'estiment mal informés, soit deux fois plus qu'en 2009. 23% des 15-24 ans pensent qu'il existe des médicaments pour guérir du sida, contre 13% en 2009, selon ce sondage Ifop-Bilendi réalisé en ligne fin février auprès d'un échantillon représentatif de 1 000 personnes. Or, constat alarmant : le nombre de nouvelles infections chez les jeunes de 15-24 ans a justement augmenté de 24 % depuis 2007 en France... Mais les jeunes ne sont pas les seuls concernés. On observe en effet une hausse de 22 % des cas depuis 2008 chez les seniors.

Rappelons-le, si les traitements par trithérapie permettent aujourd'hui de rendre le virus indétectable et d'empêcher sa transmission, on ne sait toujours pas l'éliminer de l'organisme. Faites le point sur vos connaissances grâce à notre Quiz sur la maladie

173 000 personnes vivent avec le VIH en France, dont 25 000 l'ignorent selon les estimations. 27% des découvertes de séropositivité se font à un stade avancé de la maladie dans notre pays.

Des découvertes encore (beaucoup) trop tardives 

Selon de nouvelles données publiées jeudi 4 avril par l'agence sanitaire Santé publique France, 56% des personnes contaminées en France, soit 3 600 personnes, ont été contaminées par le virus du Sida lors de rapports hétérosexuels. 2 600 personnes (41%) l'ont été lors de rapports sexuels entre hommes et 130 (2%) par usage de drogues injectables. Or, malgré une offre large de dépistage du VIH en France, près d'un tiers des découvertes de séropositivité sont toujours trop tardives, c'est-à-dire se font à un stade avancé de l'infection, voire au stade clinique du sida, déplore l'agence. Parallèlement au dépistage et au traitement des personnes séropositives, la promotion des autres outils de prévention disponibles (préservatif, prophylaxie pré-exposition, traitement post-exposition) doit se poursuivre, selon elle. C'est l'ensemble de ces mesures qui permettra de réduire à terme le nombre de nouvelles contaminations par le VIH. La France est d'ailleurs cette année au centre de la lutte contre le sida puisqu'elle accueillera le 10 octobre à Lyon la conférence de financement du Fonds mondial contre le sida, la tuberculose et le paludisme.

Dans la lutte contre le Sida, la recherche et l'accompagnement ont fait tellement de progrès, qu'on finit par penser que le virus ne touche plus personne. Mais malheureusement, le virus du Sida est toujours là.

La 25e édition de Sidaction, parrainé cette année par le couturier Jean Paul Gaultier, est donc lancée et plus que jamais, utile. Les dons peuvent être faits par téléphone (110, appel gratuit), par SMS (envoyer "DON" au 92110 pour un don de 5 euros) et par Internet (www.sidaction.org).

A lire aussi : A l'Hôpital Antoine-Béclère de Clamart (Hauts-de-Seine) dans le service accueillant des malades du Sida, des internes, des médecins, des infirmières, des psychologues, des aides-soignantes, racontent ce qu'est, au quotidien, la prise en charge du Sida et reviennent sur leurs souvenirs des tout premiers malades, dans les années 80. 

Journaliste susie.bourquin@infirmiers.com @SusieBourquin

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