INFOS ET ACTUALITES

Sidaction 2018 : les idées reçues progressent chez les 15-24 ans

Cet article fait partie du dossier :

Epidémiologie

    Précédent Suivant

"S'unir c'est combattre. Le moindre don peut tout changer". Le Sidaction 2018 débute ce vendredi 23 mars et se poursuivra jusqu'à dimanche. Trois jours pour rappeler que le virus du Sida continue de tuer. Chaque jour, en France, 6 000 personnes découvrent leur séropositivité, dont 27% à un stade avancé. On fait le point sur ces journées. 

ruban Sida

Le Sidaction aura lieu du vendredi 23 jusqu'au dimanche 25 mars à minuit, relayé comme chaque année à la radio et la télévision.

Mise à jour le lundi 26 mars 2018 : Les trois jours de mobilisation, de sensibilisation et d'information ont permis d'atteindre 4 423 258 euros de promesses de don. Ce montant, en hausse par rapport à l'année dernière, constitue une nouvelle victoire pour la lutte contre le sida. Le public a été au rendez-vous. Nous tenons à remercier tous les donateurs qui permettent à la lutte contre le sida d'avancer, dans la recherche et dans le soutien aux associations d'aide aux personnes vivant avec le VIH, a déclaré Florence Thune, directrice générale de Sidaction. 

Chaque année en France, environ 6 000 personnes découvrent leur séropositivité au VIH, dont plus d'un quart (27%) à un stade avancé de l'infection. Co-fondée en 1994 par Pierre Bergé et Line Renaud, l'association Sidaction finance des programmes de recherche et de prévention pour lutter contre la maladie. L'édition 2018 se déroulera sous l'autorité d'une nouvelle présidente après le décès de l'homme d'affaires et mécène Pierre Bergé : Françoise Barré-Sinoussi, prix Nobel de médecine en 2008 avec le professeur Luc Montagnier pour la découverte, 25 ans auparavant, du virus du Sida.

Les idées fausses gagnent du terrain parmi la jeunesse

Selon un récent sondage réalisé par Ifop-Bilendi auprès des 15 à 24 ans, on observe qu'en 2018, un jeune sur cinq s'estime mal informé sur la maladie (soit + 9 points par rapport à 2009). Et les idées fausses sur la transmission du virus sont en augmentation chez les jeunes. Le pourcentage de jeunes de 15 à 24 ans qui pensent, à tort, que le virus peut se transmettre par des baisers a augmenté de six points depuis 2015, s'alarme l'association Sidaction, qui a commandé ce sondage. Mais ce n'est hélas pas la seule idée reçue : 18% des sondés pensent que le virus peut se transmettre au contact de la simple transpiration d'une personne séropositive (soit une augmentation de 8 points depuis 2015) et 19% d'entre eux pensent que la pilule contraceptive d'urgence peut empêcher la transmission du virus (+9 points par rapport à 2015), ce qui est évidemment faux... Quelques exemples qui montrent le degré préoccupant de méconnaissance des jeunes sur le sujet. "Ce qui est inquiétant, c'est que ces proportions ont augmenté de façon significative en un nombre assez réduit d'années, sur des choses qui semblaient acquises depuis longtemps", souligne ainsi la directrice générale de Sidaction, Florence Thune. Selon elle, le manque d'information et le fait qu'on parle moins du virus VIH font remonter de vieilles peurs. Ainsi, 15% des jeunes sondés n'ont jamais bénéficié d'un enseignement au cours de leur scolarité et 67% estiment que l'Education nationale n'en fait pas suffisamment en matière d'information sur le VIH/Sida.

Le dépistage constitue donc un enjeu majeur dans la lutte contre le VIH, surtout au vu de la persistance des pratiques sexuelles à risque : 14% des jeunes interrogés admettent avoir été exposés au moins une fois à un risque d'être contaminé par le VIH/sida, mais seulement 39% d'entre eux se sont faits dépister. Ces chiffres restent bien trop faibles, commente Sidaction, qui constate que 42% des jeunes se disent mal informés sur les lieux de dépistage.

Ce qui est inquiétant, c'est que [la méconnaissance des jeunes sur le Sida] a augmenté de façon significative en un nombre assez réduit d'années, sur des choses qui semblaient acquises depuis longtemps...

Quelques chiffres sur le VIH, en France

Selon les derniers chiffres de Sida Info Service, sur l'année 2016, le nombre de personnes ayant découvert leur séropositivité est de 6003. On apprend aussi que les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes restent la population la plus touchée par l’épidémie. Ils représentent 44 % des découvertes de séropositivité : ils sont ainsi environ 2 600 à avoir découvert leur séropositivité en 2016. Les hétérosexuels (hommes et femmes confondues) nés à l’étranger représentent 39 % des découvertes de séropositivité, contre 15 % des hétérosexuels nés en France. Enfin, la région Ile-de-France reste la plus touchée par la découverte de sérologies positives en métropole. Hors métropole, c’est la Guyane qui est la plus concernée.

Rappelons qu'un très beau film sur l'histoire d'Act Up est sorti sur les écrans en 2017, 120 battements par minutes, de Robin Campillo. Début des années 90. Alors que le sida fait rage depuis près de dix ans, les militants d'Act Up-Paris multiplient les actions pour lutter contre l'indifférence générale.

Oui mais c'est sa raison d'être

On comprend, devant l'ampleur de la désinformation, l'importance de la communication autour de cette maladie qui continue d'infecter aujourd'hui. Pour ses 20 ans, le titre "Sa raison d'être" s'est donc offert une nouvelle version. 40 artistes se sont réunis pour le clip 2018. Florent Pagny, Zazie, Amir, Jenifer, Vianney, Marine Kaye, Garou, Claudio Capéo ou encore Pascal Obispo se sont retrouvés pour interpréter cette chanson associée dans tous les esprits à la lutte contre le Sida. Le single est sorti le 16 mars et les ventes qu'il fera seront reversées à 50% à la recherche tandis que l'autre moitié reviendra aux personnes malades.

Si vous n'arrivez pas à lire la vidéo, rendez-vous sur Youtube

Un point sur les bons gestes 

Pour rappel, il n’y a qu’un moyen, et un seul, de se protéger efficacement contre le virus VIH-Sida et les infections sexuellement transmissibles (IST), ce sont les  préservatifs ! Sans oublier qu'il s'agit aussi d'un mode de contraception très efficace. En cas de prise de risque, il faut agir le plus rapidement possible. En cas de rapport non protégé (sans préservatif) ou si le préservatif s'est déchiré, trois risques sont à craindre : celui d’une contamination par le VIH-sida, celui d'une IST et celui d’une grossesse. Rendez-vous le plus vite possible, au maximum dans les 48 heures qui suivent cette exposition, au choix :

  • au service des urgences de l'hôpital,
  • auprès d’un médecin d’un CDAG,
  • auprès de votre médecin traitant,

Le professionnel de santé évaluera avec vous le danger que vous courez et décidera s’il est nécessaire ou non de vous prescrire un traitement préventif. Il vous conseillera également sur les moyens de contraception d’urgence si vous n’aviez pas d’autre contraception.

Le Sidaction, en pratique :

Le Sidaction aura lieu du vendredi 23 jusqu'au dimanche 25 mars à minuit, relayé comme chaque année à la radio et la télévision. POur faire un don, vous avez plusieurs possibilités :

  • Par téléphone : en appelant le 110 (numéro d’appel gratuit)
  • Par Internet : 2018.sidaction.org (paiement sécurisé)
  • Par SMS au 92 110 : en envoyant 1SMS pour faire un petit don de 5 euros (coût d’envoi du SMS gratuit ou inclus dans les forfaits SMS)
  • Par courrier : Sidaction - 228, rue du Faubourg Saint-Martin 75010 PARIS
Creative Commons License

Journaliste susie.bourquin@infirmiers.com @SusieBourquin

Retour au sommaire du dossier Epidémiologie

Publicité

Commentaires (0)