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Soignants : le baromètre du moral est (toujours) au plus bas

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Médecin

Le constat est encore une fois le même : les soignants n'ont pas le moral. Un récent sondage vient une fois de plus en attester, celui de l'application mobile 360 Medics, qui vient de publier le premier baromètre du moral des professionnels et des étudiants en santé. Décryptage. 

une étudiante se prend la tête

Pensez-vous que la société est consciente de vos difficultés actuelles ? la réponse sans appel : pas du tout, nous sommes livrés à nous-mêmes, répondent 56 % des sondés. 

C'est l'ensemble du monde de la santé qui broie du noir et s'enfonce dans la déprime, voire la dépression. Le bilan est sans appel. Les professionnels de santé aiment leur métier. Pourtant, ils sont à bout, révèlent les résultats du sondage effectué durant près d’un mois, du 28 septembre au 6 novembre 2017, par 360 Medics auprès de plus de 8 500 utilisateurs. Non seulement l’ensemble des professionnels de santé et des étudiants en santé souffre d’une lourde baisse de moral, mais celle-ci est aussi durable. Si au score moral global des professionnels de santé et étudiants en santé, les étudiants obtiennent une moyenne de 43,20 sur 100, chez les professionnels en exercice, le score est encore plus bas avec un résultat de 41,00 / 100

Si 80 % des soignants affirment aimer leur profession, seulement 20 % d'entre eux jugent leurs conditions de travail au moins satisfaisantes (41 % les trouvent insatisfaisantes dont 15 % très insatisfaisantes, 39 % les jugent peu satisfaisantes).

Les causes de cet épuisement sont multiples

Conditions de travail, organisation, manque de reconnaissance, rythme de travail : les raisons qui expliquent ce moral en berne sont multiples et parfois se cumulent. Dans l'ordre des causes sont d'abord invoquées la masse et l’organisation du travail, devant le manque de reconnaissance et le comportement des patients (et ce, même si 87 % d’entre eux ont déjà fait face à un patient violent). Ainsi, le rythme de travail impacte toutes les sphères de la vie : 72 % des professionnels de santé estiment que leur vie familiale est impactée, presqu’au même titre que leur vie sociale (71 %). Les performances professionnelles elles-mêmes sont affectées selon 53 % des répondants. Le bilan, peu reluisant ? 100 % d’entre eux ressentent un épuisement soit moral (22 %), soit physique (13 %), soit les deux (64 %) tandis que 47% des répondants font ou ont déjà fait l’expérience d’un burn-out.  

A la question : estimez-vous votre travail reconnu à sa juste valeur ? 96 % des participants répondent non (pas du tout pour 57 % d'entre eux).

Une société sourde au mal-être des soignants ?

Le manque d'écoute de la société toute entière rentre également en ligne de compte. A la question « estimez-vous votre travail reconnu à sa juste valeur ? », 96 % des participants répondent non (pas du tout pour 57 % d’entre eux). A cette autre : pensez-vous que la société est consciente de vos difficultés actuelles ? la réponse est également sans appel : pas du tout, nous sommes livrés à nous-mêmes, répondent 56 % des sondés. Pire encore : pour 18 % des participants, la société est consciente de ce mal-être mais les moyens ne sont pas pour autant déployés pour y répondre. De manière générale, les professionnels de santé se sentent ainsi abandonnés par une société qui n’entend pas leur souffrance. Et ce phénomène est d’autant plus critique chez les jeunes, particulièrement représentés dans le sondage. Une réalité qui ne constitue pas un très bon signe pour l'avenir... 

Les infirmiers majoritairement représentés dans ce nouveau sondage

Pour réaliser le 1er baromètre sur le moral des professionnels de santé et des étudiants en santé, 360 medics a bénéficié d’un vivier massif de répondants potentiels. Le sondage a été réalisé sur le web, durant près d’un mois, du 28 septembre au 6 novembre 2017. 8 789 réponses d’utilisateurs ayant intégralement complété le questionnaire de 9 questions, ont été prises en compte. Parmi ceux-ci, 81 % sont des professionnels en exercice (internes inclus). Les 19 % restants sont encore étudiants (externes, IFSI…). Avec 59 % des réponses, les infirmiers sont majoritairement représentés. Cette surreprésentation est en réalité équivalente à la proportion du corps infirmier dans la population médicale. Viennent ensuite les médecins (20 %). Les aide-soignant(s) représentent 7 % des répondants, contre 3 % pour les pharmaciens, 2 % pour les sagesfemmes, 1 % pour les masseurs-kinésithérapeutes. Les 8 % que représentent les autres professionnels de santé sont composés de professions diverses telles que des opticiens, manipulateurs radio ou ergothérapeutes par exemple. Les professionnels en structures publiques (telles que les hôpitaux) ont répondu à 65 %, suivis par ceux exerçant en structure privée. Enfin, les libéraux représentent 14 % des répondants. Le score moral s’appuie sur 7 des 9 questions posées. 


 

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Journaliste susie.bourquin@infirmiers.com @SusieBourquin

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