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Les soignants gravement impactés par le COVID-19 mais encore plus aimés par les Français

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Médecin

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Certes, cela n'est pas nouveau : les personnels soignants sont très populaires surtout depuis qu’ils se battent contre le COVID-19, mais ils ne sont pas reconnus à leur juste valeur par les tutelles. Les résultats de la dernière enquête MNH "Carnet de santé des Français et des personnels de santé et hospitaliers", parue le 17 avril dernier, en attestent. On y apprend également que les Français n’ont jamais été aussi peu malades que durant cette période de pandémie, du moins qu'ils ont peu consulté...

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Certes la côte d’amour des personnels infirmiers est au plus haut en France, mais ont-ils la même reconnaissance de la part des tutelles ? Si les hospitaliers se sentent bien épaulés et aidés par la population (67 %) et par leurs collègues (74 %), les trois-quarts d’entre eux ne pensent pas l’être par l’État.

Le Carnet de Santé des Français et des personnels hospitaliers de la Mutuelle Nationale des Hospitaliers (MNH) réalisé par ODOXA pour France info et le Figaro santé, a interrogé 1 000 Français et plus de 2 000 personnels hospitaliers sur l’impact du COVID-19 pour les soignants et les Français et sur l’image et le vécu des soignants en général et des personnels infirmiers à l’hôpital en particulier.

Les Français n’ont jamais été aussi peu malades que durant la pandémie !

La pandémie au coronavirus est devenue le sujet majeur de préoccupation dans la société, c’est bien compréhensible étant donné les dégâts que ce virus peut causer. L’enquête confirme que que COVID19 a totalement "écrasé" tous les autres problèmes de santé, montrant également que jamais les Français et les soignants n’auront été aussi peu malades que durant cette période. En effet, ceux qui ont eu un problème de santé ont largement évité de se tourner vers des professionnels de santé. Conjuguées à la baisse des pathologies relevées auprès des Français cela représente une baisse spectaculaire de la consultation : 10 % ces derniers semaines contre 16 % en décembre dernier. Cela ne constitue pas une bonne nouvelle, les médecins craignant un regain, voire une aggravation des pathologies, notamment chez les patients chroniques, qu'il faudra prendre en charge après la vague pandémique et qui pourrait être très importante. Concernant le virus lui-même, 14% des Français, 17% des personnels hospitaliers et 19% des personnels infirmiers savent ou pensent qu’ils ont été infectés par le COVID-19.

Les personnes interrogées se montrent d’autre part très sévères quant à la gestion de la crise par le gouvernement ou par le Ministère des Solidarités et de la Santé, avec 64% de défiance pour l’un et 51% pour l’autre. 76% des Français estiment d’ailleurs que l’État a failli sur des thématiques comme la propagation du virus ou de la mortalité qui en a résulté, un chiffre qui monte à 81% chez les professionnels hospitaliers.

Plus des trois-quarts des Français (76 %) comme des professionnels hospitaliers (81 %) estiment en effet que l’État a failli et aurait pu mieux faire pour éviter la propagation de l’épidémie et la mortalité qu’elle a généré.

Des personnels soignants populaires mais peu reconnus par les tutelles

Débordés, les soignants n’ont jamais été aussi mécontents de leur exercice professionnel : 61 % d’insatisfaits auprès des hospitaliers et même 68 % auprès des infirmières. Cette période de crise sanitaire a toutefois renforcé leur popularité, les salves d’applaudissements qu’ils reçoivent chaque soir à 20h en attestent (même s'il ne faut pas oublier les nombreuses incivilité, voire agressions dont ils font l'objet aussi). Cette enquête confirme cette tendance, avec 96% de bonnes opinions, dont 70% de "très bonnes opinions".

Le crible d’image détaillée des infirmières est tout simplement exceptionnel : 9 Français sur 10 les jugeant "compétentes", "courageuses", "bienveillantes" et "passionnées." S’ils les aiment, les Français considèrent aussi que les infirmières sont "débordées" et "pas suffisamment reconnues". Pour 7 Français sur 10 (69 % ; + 23 points en 4 ans), infirmier(e) est même un métier "très éprouvant". Oui, alors certes la côte d’amour des personnels infirmiers est au plus haut en France, mais ont-ils la même reconnaissance de la part des tutelles ? Bien sûr que non... Si les hospitaliers se sentent bien épaulés et aidés par la population (67 %) et par leurs collègues (74 %), les trois-quarts d’entre eux ne pensent pas l’être par l’État.

En effet, 80% d’entre eux pensent qu’ils sont mal rémunérés (et ce n'est pas nouveau), mal protégés (et c'est plus grave en période de pandémie) et insuffisamment dotées en moyens nécessaires pour exercer leur métier (ce qui s'est tristement révélé lors de cette crise sanitaire). Ce n’est une surprise pour personne. Ils estiment également, à 90%, que les moyens alloués aux hôpitaux sont très insuffisants. Bien sûr le Gouvernement vient de leur allouer des primes, des heures supplémentaires mieux rémunérées, mais cela ne sera pas suffisant... Les soignants attendent maintenant des actes forts après les paroles rassurantes, et surtout des augmentations de salaire.

Gérard Vuidepot, Président de la MNH, évoque quant à lui le lourd tribut payé par les soignants à cette épidémie : un(e) infirmier(e) sur cinq pense avoir été contaminée et deux sur trois sont en souffrance au travail. Il relève également la très grande confiance qu’ont les Français dans le personnel soignant en général et dans les infirmières et les infirmiers en particulier (97%).

Cette nouvelle vague du Carnet de Santé en témoigne cruellement : un(e) infirmier(e) sur cinq pense avoir été contaminé(e) et deux sur trois sont en souffrance au travail

Bruno Benque
Rédacteur en chef www.cadredesante.com
bruno.benque@cadredesante.com
@bbenk34

Bernadette FABREGASRédactrice en chef Infirmiers.combernadette.fabregas@infirmiers.com @FabregasBern

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