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Suicide infirmier à l'HEGP : la communauté soignante en attente de mesures fortes

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À la suite du suicide d'un infirmier survenu dans la nuit du 5 au 6 février 2017, le sixième en l'espace de six mois, l'ensemble de la communauté infirmière est en émoi et attend des mesures fortes de la part de Marisol Touraine, ministre des Affaires sociales et de la Santé.

couloir nuit hôpital

Un infirmier de l'hôpital européen Georges Pompidou s'est défenestré dans la nuit du 5 au 6 février 2017, un geste qui reste pour l'heure inexpliqué.

Dans la nuit du 5 au 6 février 2017, un infirmier de l'hôpital Georges Pompidou s'est défenestré alors qu'il n'était pas en service. Âgé de 35 ans et père de deux enfants, il est devenu IDE par promotion professionnelle après avoir été aide-soignant. À la suite de ce nouveau drame, la communauté soignante, particulirement émue, appelle Marisol Touraine, ministre des Affaires sociales et de la Santé, à mener des actions concrètes. Dans un communiqué de presse, la ministre exprime son soutien à la famille et aux professionnels de santé. Mais, pour le Syndicat national des infirmières et infirmiers libéraux (Sniil), exprimer dans un communiqué sa "vive émotion" et son "soutien" ne suffit pas : la ministre doit désormais passer aux actes en engageant un vrai dialogue pour mieux connaître la réalité quotidienne infirmière, qu'elle soit salariée ou libérale. Pour le Syndicat National des Professionnels Infirmiers (SNPI)on ne peut que faire le lien avec la souffrance au travail qui découle du plan de désorganisation du temps de travail imposé par la Direction Générale de l'AP-HP en septembre dernier.

De son côté, l'Ordre National des Infirmiers (ONI) souligne que bien que l'enquête soit encore en cours et qu'aucune conclusion ne peut ainsi être tirée, les infirmiers vivent ces drames comme autant de symptômes d'un mal-être professionnel généralisé qui ne cesse de prendre de l'ampleur. Et d'ajouter que nous sommes de plus en plus nombreux à vouloir dire notre fatigue physique et psychologique. Le rythme de travail, la dégradation du nombre d'infirmiers au lit du patient, le niveau de rémunération, la polyvalence imposée, le défaut d'encadrement, les transferts de service dans les établissements, les réorganisations hospitalières, les mesures drastiques de réduction de moyens, la montée des violences contre les soignants sont autant de facteurs qui viennent s'ajouter à la charge émotive du quotidien de notre métier. Didier Borniche, président de l'ONI, demande donc à être reçu avec le président du Conseil National de l'Ordre des Médecins par Marisol Touraine afin que des actions concrètes soient mises en oeuvre.

Un geste inexpliqué à l'heure actuelle

La direction de l'Assistance publique-hôpitaux de Paris (AP-HP) a indiqué, à la suite du CHSCT extraordinaire qui s'est tenu en fin de matinée le 6 février 2017 à l'hôpital européen Georges Pompidou, qu'il n'y avait eu aucun signe avant-coureur, aucune alerte particulière concernant l'agent ou l'équipe à laquelle il appartenait, une information également partagée par le responsable de SUD santé. À l'heure actuelle, aucune précision n'a été apportée sur les raisons qui auraient conduit cet infirmier à mettre fin à ses jours. Néanmoins, selon Le Parisienbeaucoup évoquent des problèmes familiaux. Quoi qu'il en soit, une enquête va être menée par le CHCST local ou sera déléguée à une instance centrale de l'AP-HP pour déterminer les causes de ce drame qui n'est pas sans rappeler le suicide du professeur Jean-Louis Mégnien il y a un an.

L'AP-HP a par ailleurs annoncé qu'une cellule d'écoute et d'accompagnement sera maintenue le temps nécessaire pour pouvoir recevoir, entendre, apporter son appui aux personnels qui en auraient besoin, en tenant compte des périodes de repos et de congés des agents pouvant souhaiter y avoir recours.

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Aurélie TRENTESSE Journaliste Infirmiers.com aurelie.trentesse@infirmiers.com @ATrentesse

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