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Travail de nuit et cancer du sein : quelles conséquences ?

L'association Cyclosein veut attirer l'attention des pouvoirs publics, de la population ainsi que des professionnels de santé sur le lien qui existe entre le travail de nuit et le cancer du sein. Explications...

Depuis sa création en septembre 2015, Cyclosein, présidée par une infirmière Sylvie Pioli, organise des actions de sensibilisation à l'attention du grand public sur l'augmentation du risque de cancer du sein chez les professionnels en poste de nuit. L'association souhaite en effet développer la prévention ainsi que le suivi médical au travail, et faire reconnaître le cancer du sein lorsqu'il survient comme maladie professionnelle.

Cancer du sein : 900km pour sensibiliser sur les impacts du travail de nuit

Un parcours à vélo pour une bonne cause

infirmière de nuit patient alité

Le risque de développer un cancer du sein s'élève à 30 % chez les travailleurs de nuit.

Cyclosein souhaite avant tout attirer l'attention des pouvoirs publics sur les conséquences du travail de nuit. Ainsi, douze membres de l'association effectueront en septembre prochain un périple à vélo de 900km d'une durée de quinze jours, ralliant Saint-Mitre-les-Remparts au ministère de la santé à Paris. A l'issue de ce beau parcours, Cyclosein rencontrera la ministre des Affaires sociales et de la Santé, Marisol Touraine, ainsi que le Directeur général de la santé, Benoit Vallet. L'association leur remettra une pétition afin qu'une étude nationale soit mise en place pour affiner les connaissances sur le sujet.

Cyclosein estime que les études menées au préalable ne sont pas suffisamment significatives car elles s'appuient sur un faible échantillon de population. Néanmoins, les résultats publiés tendent à prouver que les liens entre le cancer du sein et le travail de nuit existent bel et bien.

Le travail de nuit comme facteur cancérigène

Selon l'étude française CECILE (Cancer En Côte-d’or et ILe-et-vilaine) pilotée par l'INSERM (Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale) en 2010, le travail de nuit aurait un impact significatif sur le cancer du sein. En effet, cette étude menée sur plus de 2.500 femmes avait pour but de démontrer les liens entre l'environnement professionnel et l’apparition de cette maladie. Elle met en évidence que les femmes ayant travaillé de nuit (entre 23h et 5h) durant leur carrière ont un risque de cancer du sein accru de 30%.

Ce risque, corrélé à la fréquence et à la durée du travail de nuit, a également été reconnu par plusieurs études internationales, par la HAS (Haute Autorité de la Santé) et par le CIRC (Centre International de Recherche sur le Cancer) qui a classé le travail de nuit comme facteur cancérigène.

Cancer du sein : quelques chiffres clés

En France, le cancer du sein est celui qui est le plus prévalent chez les femmes, avec une incidence estimée à 48 7631 en 2012. Dans 80 % des cas, il touche les personnes âgées de plus de 50 ans. Il reste ainsi la première cause de mortalité par cancer chez les femmes, avec un nombre de décès qui s'élève à 11 8861  pour la même année.

Si cette pathologie multifactorielle est causée dans 5 à 10% des cas par une altération génétique, pour l’ensemble des cancers du sein, les facteurs environnementaux jouent un rôle essentiel (pesticides, perturbateurs endocriniens, radiations ionisantes, obésité, tabac, alcool…). Soulignons que le travail de nuit en ferait désormais partie d'après l'étude CECILE.

En France, 3,5 millions de personnes2, soit 15,4 % des salariés2, travaillent habituellement ou occasionnellement de nuit. Les métiers principalement concernés sont les secteurs tertiaires, et donc notamment les professionnels de santé.

Des explications d'ordre biologique

Le maintien d’une luminosité la nuit entraîne une désynchronisation de l’horloge biologique   (ou horloge interne) située dans l’hypothalamus qui reçoit ses informations directement des cellules photosensibles de la rétine. Par conséquent, cette désynchronisation entraîne une dérégulation des rythmes circadiens, en particulier hormonaux (ex: œstrogènes), et impacte les gènes « horloges » de l'organisme qui interviennent dans la division cellulaire. De plus, on constate une très nette diminution de la sécrétion de mélatonine, hormone du sommeil dont le pic se site entre 2h et 5h du matin, et dont les effets anti-oestrogéniques et anti-oxydants sont connus.

Si vous souhaitez soutenir l'association Cyclosein

Notes

  1. Institut National du Cancer
  2. Direction de l'Animation de la Recherche des Études et des Statistiques
Creative Commons License

Rédaction Infirmiers.comophelie.perrot@infirmiers.com@OliePrt

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