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Ukraine : "Les infirmiers continuent de faire leur travail", malgré le danger

Arsene Sabanieev est anesthésiste-réanimateur à Lille. Né en Ukraine, ce médecin de 32 ans a décidé de retourner à Kiev, capitale de son pays d'origine, pour prêter main-forte aux équipes hospitalières plongées dans la guerre. Joint par la rédaction, il nous raconte les missions qu'il s'est données sur place et revient sur l'état d'esprit des soignants. 

Arsene Sabanieev voulait rejoindre l'Ukraine pour aider les gens sur place. Dans le contexte de guerre contre la Russie, ce médecin, d'ordinaire anesthésiste-réanimateur au groupement hospitalier de l'Institut Catholique de Lille, s'est donné plusieurs missions : apporter du matériel médical aux équipes soignantes civiles et militaires en Ukraine ; il collecte aussi leur besoins en matière d'équipements pour pouvoir les leur amener de France. Mais il veut par ailleurs témoigner, pour que les Français sachent ce qui se passe en Ukraine, et qu'ils n'oublient pas, explique-t-il, les traits tirés par la fatigue accumulée, alors que nous l'avons joint par Skype. 

Les infirmiers qui sont à l'hôpital continuent de faire leur travail malgré la difficulté. Ils travaillent dans un environnement de stress, parce qu'à-côté ça tire, parce qu'à-côté il y a des bombes, parce que l'hôpital peut être visé, détruit, exploser, qu'ils peuvent se retrouver sous les décombres, raconte Arsene Sabanieev qui décrit aussi le stress de se retrouver face à des malades que les soignants n'ont jamais eu à traiter auparavant, avec des blessures très complexes : des foies explosés, des rates explosées...

Mon objectif ? Acheter des ambulances blindées 

L'objectif du médecin à court-terme ? Acheter des ambulances blindées, assure-t-il, décrivant une grosse tâche puisque ces véhicules coûtent cher et sont vitaux en ce moment sur le terrain. En effet, en Ukraine où les combats font rage avec l'armée russe, les ambulances sont parfois prises pour cible et complètement détruites. A plus long-terme, Arsene Sabanieev fera du "préhospitalier" (de la médecine d'urgence) auprès d'un groupe de volontaires, c'est à dire qu'il viendra en aide aux blessés sur la ligne de front, où il faut les stabiliser avant de les envoyer vers l'hôpital le plus proche - là où sont désormais les besoins selon lui. Le médecin envisage pour l'heure de rentrer en France mais pourrait être appelé dans les jours qui viennent et dit vouloir rejoindre son poste au plus près du front en 72h

Journaliste susie.bourquin@infirmiers.com @SusieBourquin

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