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Ukraine : "J'ai formé 257 infirmières à la médecine de catastrophe"

Repérée par la présidente de l'association Doc4Ukraine, Angeline Péna Prado, une infirmière humanitaire habituée aux situations de catastrophes naturelles ou de déplacement massif de populations, a accepté une mission de formation auprès d'infirmières en Ukraine, plongée dans la guerre avec la Russie. Sur place, elle a formé 257 de ses collègues à apporter des soins d'urgences aux soldats blessés.

La formation parlait du "Damage Control", c'est à dire comment stabiliser un patient pour pouvoir l'amener vivant jusqu'à l'hôpital afin qu'il reçoive les soins de chirurgie qui vont lui sauver la vie", explique Angeline Pena Prado, qui a formé, en seulement une semaine, 257 infirmières ukrainiennes, dans le pays en guerre où elle s'est rendue. Pour ce faire, elle a enseigné aux professionnelles la méthode dite "Safe-Marche-Ryan", une méthode issue de l'armée, qui permet de contrôler très rapidement l'état du patient et de lui faire les soins de première nécessité avant de le conduire à l'hôpital. 

Des alertes quotidiennes 

L'enseignement lui-même s'est déroulé dans des conditions parfois compliquées. Même si l'on était sur une ligne de second front, on avait quotidiennenment des alertes de bombardements aériens qui nécessitaient de se mettre à l'abri dans des caves par exemple, raconte l'infirmière française, et donc ça nous est arrivé plusieurs fois de devoir être très flexibles et très adaptables." La formatrice et ses élèves se sont ainsi régulièrement retrouvées à déplacer le cours, le power-point, le mannequin d'essai "dans les couloirs de l'hôpital, loin de fenêtres à l'intérieur du bâtiment" pour rester en sécurité. 

Le cours était résolument pratique. L'infirmière confie avoir tout de même dû adapter son cours aux connaissances de ses élèves. Elles n'avaient pas forcément pratiqué des gestes assez simples comme la compression manuelle ou la PLS (position latérale de sécurité), explique-t-elle. Une bonne occasion de tout revoir, avant application sur le terrain. 

Journaliste susie.bourquin@infirmiers.com @SusieBourquin

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