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Un adulte sur cinq en psychiatrie est suivi pour dépression

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Médecin

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La dépression était le premier motif de recours aux soins des établissements de santé autorisés en psychiatrie en 2011, selon une étude de la direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (Drees) du ministère des affaires sociales et de la santé, rendue publique le 2 décembre 2013.

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La dépression, premier motif de recours aux soins en psychiatrie en France

Les épisodes et troubles dépressifs représentent ainsi le diagnostic le plus fréquemment rencontré parmi les personnes prises en charge en psychiatrie dans un établissement de santé en 2011, affirme la Drees, qui souligne aussi paradoxalement que le recours aux établissements de santé pour dépression est relativement faible (environ 10% de personnes consultant). Le recours au médecin généraliste est prédominant pour 21% des personnes ayant vécu un épisode dépressif caractérisé et ayant eu recours à des soins.

S'appuyant notamment sur les données de la statistique annuelle des établissements de santé (SAE) et du recueil d'informations médicalisé en psychiatrie (RIM-P), la Drees évalue à plus d'1,5 million le nombre d'adultes suivis en psychiatrie en 2011 dans les établissements de santé, dont 75% ont eu exclusivement une prise en charge ambulatoire (consultations avec des professionnels de santé, interventions aux urgences, soins à domicile...). Parmi eux, 283 000 ont été suivis pour un épisode ou un trouble dépressif, soit 17,9% de la file active. Parmi les patients suivis en établissement de santé en 2011 pour dépression, 37% le sont pour un épisode ou trouble sévère, 35% pour un épisode ou trouble qualifié d'intensité moyenne, 14% pour un épisode ou trouble léger et 14% pour des épisodes ou troubles dépressifs autres non définis en termes de sévérité, précise la Drees.

Dans la population générale, les femmes sont plus sujettes à la dépression, et les soins en établissement de santé les concernent majoritairement (à 66%), note la Drees. De même, le recours pour dépression croit avec l'âge, pour atteindre son maximum chez les 51-55 ans. Par ailleurs, 62% des patients souffrant de dépression ont été suivis exclusivement en ambulatoire. Le tiers des personnes hospitalisées l'ont été à leur grande majorité librement ; la Drees note 3% d'hospitalisations sous contrainte, essentiellement à la demande d'un tiers.

La Drees évalue à plus d'1,5 million le nombre d'adultes suivis en psychiatrie en 2011 dans les établissements de santé...

Public, Espic, commercial : des modalités de prise en charge différentes

L'étude remarque que les modalités de prise en charge varient selon le statut de l'établissement fréquenté par le patient. Ainsi, les trois quarts des patients hospitalisés à temps plein pour dépression dans les établissements privés à but lucratif le sont pour un trouble d'intensité sévère, alors que dans les établissements publics ou Espic (établissements de santé privés d'intérêt collectif), la population est plus hétérogène. La Drees avance plusieurs explications, dont le caractère plus fréquemment non programmé des admissions dans le secteur public, ou encore à diagnostic équivalent, des situations cliniques et sociales différentes qui peuvent davantage amener à une hospitalisation, même pour des troubles classés plus modérés. La Drees évoque aussi la plus grande proportion de patients âgés de moins de 30 ans et de 75 ans et plus observée dans les établissements publics ou Espic, qui peut expliquer l'hospitalisation de patients aux troubles légers ou modérés, ces âges extrêmes engendrant des situations plus complexes. Elle cite aussi d'éventuelles différences de pratiques de codage.

La durée moyenne de séjour (DMS) pour les personnes souffrant de troubles dépressifs est de 27 jours en 2011, et la durée annuelle d'hospitalisation (DAH) est de 32,8 jours en moyenne. Elle est supérieure pour les troubles sévères (34,6 jours en moyenne), note la Drees. La DAH varie fortement d'un établissement à l'autre. La DAH la plus faible est observée dans les services psychiatriques implantés dans les centres hospitaliers généraux ou régionaux, et elle est près de deux fois supérieure dans les établissements privés commerciaux, même à degré de sévérité équivalent, assure l'étude. La durée d'hospitalisation pour dépression semblerait donc dépendre du statut de l'établissement plus que de la gravité de la pathologie, résume la Drees. Enfin, concernant les réadmissions, l'étude relève que les taux de réadmissions sont plus faibles dans les établissements à l'activité ambulatoire élevée.

La prise en charge de la dépression dans les établissements de santé

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