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Un coup de sonde dans la profession infirmière

Un sondage récent auprès des infirmières décrit une profession inquiète, mais motivée, bien que considérant que sa situation s’est dégradée. La reconnaissance du niveau licence est approuvée, mais le passage en catégorie A ne l’est que par une infirmière sur deux. L’opposition à l’Ordre, et encore plus au montant de la cotisation ordinale, est très largement partagée.

A l’occasion du Salon infirmier (3 au 5 novembre 2010) et à la demande de la société d’édition Wolters Kluwers, Ipsos a réalisé un sondage par téléphone auprès de 303 infirmières sur leur perception de leur profession.

Trois sur cinq ressentent de l’inquiétude pour leur métier, surtout si elles exercent dans le secteur hospitalier public (64% contre 57% pour ceux travaillant dans le privé et 49% dans le secteur libéral) et trois sur quatre sont inquiètes pour leur avenir professionnel.

La majorité estime que leur situation s’est dégradée ces dernières années, notamment en ce qui concerne le niveau de stress (56 %), la reconnaissance de leur travail par les pouvoirs publics (55 %) et le rythme de travail (51 %). En revanche, elles sont moins préoccupées par leur niveau de rémunération et par les perspectives d’évolution dans le métier et de reconnaissance de leur travail par les médecins et les patients.

Une sur deux (49 %) se disent motivées par leur métier, 4 sur 5 (81 %) n’envisageant pas d’en changer actuellement (ce qui est surprenant, étant donné le renouvellement important des effectifs de cette profession dans le secteur public).

La reconnaissance du diplôme d’État d’infirmier au niveau licence est reconnue comme « une bonne chose » par 87 % d’entre elles, de même que l’extension des domaines pour lesquels elles pourraient être autorisées à effectuer des prescriptions médicales (70%). Le passage en catégorie A est approuvé par une infirmière sur deux (53 %), mais seules 39 % pensent la choisir, 45 % préférant rester en catégorie B.

Il n’est pas possible de savoir si ces préférences recoupent celles concernant l’âge de départ à la retraite, 48 % pensant qu’elles pourront exercer dans de bonnes conditions jusqu’à 55 ans au maximum, 45 % plus tard.

Enfin, la création de l’Ordre infirmier est fortement désapprouvée : 67 % pensent que c’est une mauvaise chose, 81 % estiment que le montant de la cotisation est trop élevé. Cependant, les deux tiers des infirmières libérales pensent que cette création est une bonne chose, contre seulement 15 % des infirmières du secteur public.

Ce qui ne manquera pas de renforcer la proposition du député Yves Bur (juin 2010) de réserver l’obligation d’inscription aux seules premières. La ministre de la santé a indiqué qu’elle la soutiendrait si le montant de la cotisation n’est pas revu à la baisse, ce qui n’a pas été le cas cette année.

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Rédacteur en chef IZEOS
serge.cannasse@izeos.com

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Commentaires (9)

romy35

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#9

sceptique++

reste plutôt sceptique sur ce type de sondage et en ce qui concerne l'ordre , on en entend plus beaucoup parler et je pensais que c'était fini. en tout cas cela fait plus d'un an qu'on laisse courir et aucune sanction n' est tombé...

poopsy41

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#8

Intervention en IFSI sur l'ONI

Lors du cours sur l'ONI, l'intervenante nous a spécifié que notre inscription était OBLIGATOIRE à l'obtention de notre DE, sinon nous serions dans l'exercice illégal de la profession d'infirmier.

De même, il nous a été spécifié (toujours lors de ce cours) que la cotisation serait OBLIGATOIREMENT due, mais que, en tant que jeunes diplômés, nous n'aurions à payer que 50% soit 37€50 pour notre 1ère année en tant que professionnel.

J'attends de lire ce que votre juriste nous dira, car j'avoue que je suis un peu perplexe.

serge cannasse

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#7

quelques précisions

Pour l'instant, rien ne bouge en ce qui concerne la proposition de loi de Mr Bur. Si elle était adoptée en l'état, cela signifierait que seules les libérales règlent une cotisation. Mais le montant de celle-ci est actuellement impossible à déterminer. Il ne s'agit que d'un projet, dont on peut imaginer qu'il ait au moins deux autres motivations que le ralliement par conviction aux opposants de l'Ordre : faire pression sur celui-ci pour baisser la cotisation, ce qui n'a pas marché jusqu'à présent ; se concilier les opposants, pour des raisons politiques (faire baisser la tension dans les établissements, par exemple). Il y a loin du projet au texte voté, promulgué et appliqué, d'autant que les élus nationaux semblent bien occupés ailleurs pour l'instant !

sur le problème du découplage de l'inscription et de la cotisation (peut on s'inscrire sans payer la cotisation et ainsi être "en règle"), nous attendons un article d'une juriste qui travaille actuellement dessus. donc merci pour votre patience !

poopsy41

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#6

l'ONI et les ESI

"Ce qui ne manquera pas de renforcer la proposition du député Yves Bur (juin 2010) de réserver l’obligation d’inscription aux seules premières. La ministre de la santé a indiqué qu’elle la soutiendrait si le montant de la cotisation n’est pas revu à la baisse, ce qui n’a pas été le cas cette année."

Que faut-il comprendre? Que seul les IDE qui exercent en libéral auront à s'acquitter de cette fameuse cotisation (de 75€)?

Je suis ESI 1ère année, et nous avons eu un cours sur l'Ordre. Vaste plaisanterie, j'ai eu l'impression d'être à un meeting de propagande... L'Ordre c'est chouette, l'Ordre c'est génial, venez nous voir en cas de problème etc.

Une collègue a donc demandé à l'intervenant où était l'ONI quand s'est décidé la réforme des IFSI, que nous, étudiants, nous avions la FNESI pour nous représenter (bien plus efficace d'ailleurs)

Réponses? ben ils s'installaient alors vous comprenez bien ma bonne dame, ils avaient autre chose à faire... Concrètement quel sera le rôle de l'ONI? eux même ne le savent pas!

A part ça, une formatrice (qui fait partie de l'ONI) nous a certifié que la cotisation n'était pas obligatoire... sauf que nous devrons nous inscrire sur le fameux tableau pour exercer légalement... Donc? c'est bien obligatoire pour les ESI de 2009 2012 et de 2010 2013 et les promotions suivantes

barney

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#5

zut

Lire "33% et non 37%".

barney

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#4

Mais bien sur...

"n revanche, elles sont moins préoccupées par leur niveau de rémunération et par les perspectives d’évolution dans le métier "

Encore un sondage bidon histoire de ne pas réévaluer nos rémunérations ???

Pour la création de l'oni : "67 % pensent que c’est une mauvaise chose" donc 37% l'approuve... y-a-t-il 37% d'IDE ayant payé leur cotisation ? Non semble-t-il et on en est même loin.

La prochaine fois, plutôt que de publier des sondages bidons, abstenez vous...

ridfa69

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#3

anti ordre

à priori l'ordre n'a toujours pas enormement d'adepte. Allez mr BUR fini le travail qu'on puise reprendre le notre appaisé.

serge cannasse

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#2

précisions

Le communiqué de presse précise : " échantillon représentatif de cette population en termes de sexe, d’âge, de secteur d’activité et de région (méthode des quotas)". Il s'agit par ailleurs d'un sondage par téléphone, et non en présentiel. Cela étant, on n'est jamais assez vigilant en ce qui concerne les sondages, qui ne sont pas des outils scientifiques. Merci donc pour votre lecture attentive.

Dop@mine

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#1

Vive les sondages

Il serait intéressant de savoir qui a répondu à ce sondage. Par exemple l'âge de la population concernée. Le salon infirmier est très majoritairement fréquenté par des étudiants...