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Un déconfinement très progressif annoncé par Edouard Philippe

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Epidémiologie

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Face à beaucoup d'inconnues qui entourent encore le coronavirus, les Français vont devoir apprendre à vivre avec lui et attendre encore longtemps pour retrouver leur vie d'avant, a averti le Premier ministre lors d’un point presse qui s’est tenu à Matignon le 19 avril aux côtés de son ministre de la Santé, Olivier Véran, et dont l’objet était de dessiner les contours du déconfinement. Edouard Philippe a insisté sur trois éléments essentiels pour enclencher le processus à partir du 11 mai : la poursuite de l'adoption des gestes barrières, comme la distanciation sociale, la généralisation du port de masques grand public et le dépistage massif. 

Edourad Philippe cf de presse 19 avril 2020

Edouard Philippe et Olivier Véran l'ont dit et redit, beaucoup d'inconnues demeurent à l'heure d'aujourd'hui, tant sur les plans scientifiques que sanitaires.

Alors que l'épidémie poursuit son ralentissement en France, avec (dimanche soir) 395 décès supplémentaires en 24 heures (19 718 au total) mais un nombre de patients hospitalisés et en réanimation en reflux, nous marquons des points mais nous ne sommes pas sortis de la crise sanitaire, a prévenu le Premier ministre. Nous allons devoir apprendre à vivre avec le virus, a aussi répété Edouard Philippe, en soulignant que pour l'heure la population française était loin d'être immunisée, qu'aucun traitement n'était reconnu et qu'aucun vaccin n'était a priori attendu avant mi-2021 au plus tôt. Les statistiques traduisent la poursuite d'une très lente décrue épidémique, mais le nombre de personnes hospitalisées reste très élevé, a souligné le Premier ministre en appelant à ne pas relâcher les efforts. Depuis Matignon, pendant près de deux heures, le Premier ministre a ainsi insisté sur trois éléments essentiels pour initier le déconfinement. Parmi ceux-ci, la poursuite de l'adoption des gestes barrières, comme la distanciation sociale, qui s'accompagnera par la généralisation du port de masques grand public

Pas de retour à la normale avant longtemps

Chargé par Emmanuel Macron de dessiner les contours du déconfinement prévu à compter du 11 mai prochain, le Premier ministre s'est exécuté, sans toutefois apporter toutes les réponses aux questions des Français. Le quotidien continuera donc d'être bouleversé : il n'est pas raisonnable d'imaginer voyager loin à l'étranger très vite, a indiqué Edouard Philippe. Le Premier ministre est resté très prudent sur les scénarios de l'après 11-mai concernant le retour des écoliers dans les salles de classe, indiquant par exemple que plusieurs hypothèses étaient à l'étude pour une réouverture par territoire ou par moitié de classe. Quant aux commerces actuellement fermés en raison de la crise sanitaire, ils ne pourront rouvrir que s'ils font respecter les gestes barrières et prennent des mesures de distanciation sociale, a déclaré le Premier ministre. Les cafés et les restaurants resteront en revanche fermés car leur activité ne permet pas de limiter dans un premier temps la circulation du virusLe Premier ministre a aussi appelé à la poursuite du télétravail dans toute la mesure possible et sans préciser s'il s'agit d'une obligation ou d'une recommandation et sans limite de durée. Par ailleurs, M. Véran a annoncé le rétablissement à partir de lundi d'un droit de visite pour les familles dans les Ehpad, dans des conditions extrêmement limitées, et dans les établissements qui accueillent des personnes en situation de handicap. Apportant quelques précisions : ce sera à la demande du résident, ce sera dans des conditions extrêmement, vous l'imaginez, limitées, pas plus de deux personnes de la famille (...), ce sera sous la responsabilité des directions d'établissements qui devront dire à la famille lorsque ce sera possible et dans quelles conditions, a énuméré M. Véran. Une réponse à l'angoisse des personnes âgées, très isolées depuis le début du confinement. Le ministre a également annoncé que la campagne de tests en Ehpad, annoncée il y a quinze jours, s'était enclenchée. Cette semaine, 50 000 tests ont été programmés et réalisés dans les Ehpad selon lui. 

Objectif 500 000 tests et des masques rendus obligatoires dans les transports 

Évoquant les masques, sujet de crispation majeure depuis le début de l'épidémie, le Premier ministre a assuré être passé d'une production nationale de 4 millions de masques avant la crise à une production de 8 millions de masques. Les importations en provenance de Chine ont pu reprendre, grâce à pont aérien qui a permis d'augmenter le nombre de masques importés destinés principalement aux soignants. Le plus gros avion-cargo du monde, l'Antonov An-225 Mriya, s'est d'ailleurs posé dimanche à l'aéroport de Paris-Vatry (Marne) avec à son bord quelque huit millions de masques médicaux en provenance de Chine. Pour les soignants, le "pont aérien" d'importations chinoises a atteint 85 millions de masques cette semaine - soit deux semaines de consommation- ce qui reste trop peu, comme le reconnaît Olivier Véran. Mais cela permettra de commencer à distribuer des masques aux professions paramédicales (sage-femmes, ambulanciers...).  

Olivier Véran a indiqué que des masques grand public produits en France à 17 millions d'exemplaires par semaine d'ici le 11 mai seraient mis à la disposition du public, là encore en prévision du déconfinement. Comment ? C'est encore à préciser mais ils seront à terme disponibles dans le commerce. Ils sont en tissu, certains lavables plusieurs fois, 20 fois, voire 30 fois. Ça peut être un outil utile en complément des autres gestes barrière, a indiqué le ministre de la Santé. Ces masques seront probablement rendus obligatoires dans les transports publics, une mesure qui répond à la demande des principaux opérateurs de transports en commun. C'est d'ailleurs la seule mesure obligatoire évoquée dimanche.

D'autres pays l'ont déjà fait: tests massifs et isolement des porteurs de virus doivent aussi devenir les deux piliers de la stratégie française pour le déconfinement. L'objectif du gouvernement est ainsi de pouvoir réaliser à partir du déconfinement, soit à partir du 11 mai prochain, 500 000 tests par semaine pour les personnes présentant des symptômes et celles ayant été en contact avec un malade du Covid-19, a indiqué Olivier Véran. Après le 11 mai, si vous êtes porteur de symptômes (...) et que vous voulez savoir si vous êtes malade, ou si vous avez été en contact rapproché d'une personne dont on sait si elle est malade, vous pouvez, vous devrez bénéficier de ce test virologique, a assuré le ministre de la Santé. En cas de test positif, avec ou sans symptôme, les porteurs du virus seront invités à rester isolés, soit dans leur famille - mais dans ce cas sans qu'ils puissent ni eux ni leurs proches, sortir- ou dans un hôtel mis à disposition. Des équipes dédiées seront chargées de détecter les malades, ainsi que l'application de traçage numérique Stop Covid envisagée. Là encore, pas de caractère obligatoire annoncé pour cette mesure.

Le plan détaillé du déconfinement à venir

Edouard Philippe et Olivier Véran l'ont dit et redit, beaucoup d'inconnues demeurent, tant sur les plans scientifiques que sanitaires. L'immunité est-elle acquise ? Le virus va-t-il disparaître à l'été ? On ne sait pas, au risque de décevoir ceux qui aimeraient avoir des certitudes, a ironisé le Premier ministre. Si les grands principes du déconfinement ont été évoqués, de nombreuses questions continuent de l'entourer, alors que la défiance des Français et les critiques de l'opposition restent fortes. Le plan détaillé du déconfinement, en train d'être travaillé par l'éxécutif, sera présenté dans les jours qui viennent, a affirmé Edouard Philippe.

Journaliste susie.bourquin@infirmiers.com @SusieBourquin

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