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Une professionnelle de santé vaccinée perd son bébé

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Grippe

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L'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) analyse un cas d'interruption de grossesse in utero survenue après la vaccination contre la grippe A(H1N1), a annoncé jeudi son directeur général, Jean Marimbert, au cours d'une conférence de presse au ministère de la santé.

Il s'agit d'une professionnelle de santé qui a reçu le vaccin avec adjuvant Pandemrix* (GlaxoSmithKline) et qui en était à 38 semaines d'aménorrhée (soit neuf mois de grossesse).

Elle a développé "des symptômes postvaccinaux bénins, classiques dans la journée qui a suivi la vaccination, puis un peu moins de deux jours après la vaccination, a eu de fortes contractions". Elle s'est rendue à la maternité, qui a constaté que "le coeur du foetus ne battait plus", a rapporté Jean Marimbert.

Le dernier bulletin hebdomadaire de pharmacovigilance de l'Afssaps sur la vaccination contre la grippe A(H1N1), publié jeudi, évoque un "contexte fébrile deux jours après la vaccination" dans lequel cette interruption de grossesse in utero est survenue.

Une autopsie a été demandée et différents examens sont en cours, notamment bactériologiques, virologiques et anatomopathologiques, pour tenter de connaître l'origine du décès du foetus, a ajouté le directeur général de l'Afssaps.

Mais, "à ce stade, aucune donnée ne permet de relier cet événement à la vaccination. On compte chaque année en France environ neuf interruptions prématurées de grossesse pour 1.000 naissances vivantes. Plus précisément à l'intérieur de cet ensemble, quatre pour 1.000 de ces événements surviennent in utero avant tout travail, soit plus de 3.000 chaque année", a-t-il souligné.

Jean Marimbert a indiqué qu'il existait de "nombreuses causes possibles habituellement répertoriées: hypertension artérielle, infections, malformations, pathologies du cordon, hématomes rétroplacentaires...". Dans le troisième bulletin de pharmacovigilance de l'agence, il est précisé que 30% des cas restent inexpliqués malgré des investigations poussées.

Ce cas est le seul nouveau cas grave répertorié par rapport au précédent bulletin de vendredi, les analyses se poursuivant pour les quatre précédents cas graves dont l'évolution a été "positive".

Le dernier bulletin, qui couvre 200.000 doses de vaccin Pandemrix* administrées depuis le lancement de la campagne le 20 octobre jusqu'à dimanche, a répertorié un total de 107 signalements d'effets indésirables.

"La quasi-totalité sont (...) d'intensité bénigne à modérée. La plupart correspondent à des effets attendus du vaccin répertoriés dans son résumé des caractéristiques du produit [RCP]: douleurs et réactions inflammatoires au site d'injection, fièvres et maux de tête passagers dans les 24 à 48 heures, érythèmes, urticaires localisés...", a commenté Jean Marimbert.

La ministre de la santé, Roselyne Bachelot, a ajouté qu'"à ce jour, les événements indésirables signalés [étaie]nt conformes voire moins nombreux, dans l'ensemble des pays européens, à ce qui était attendu".

Aucun décès associé à la vaccination, quelques syndromes de Guillain-Barré, selon l'OMS

Le Dr Marie-Paule Kieny, directrice de l'Initiative for Vaccine Research à l'Organisation mondiale de la santé (OMS), s'est également déclarée rassurante sur l'innocuité des vaccins contre la grippe A(H1N1), jeudi au cours d'une conférence de presse.

La spécialiste a déclaré qu'"un petit nombre de décès" avaient été rapportés dans le monde après la vaccination. Un porte-parole de l'OMS a précisé plus tard qu'il y en avait 41 dans six pays.

Mais, "bien que des investigations soient en cours, les résultats de celles qui sont terminées et qui ont été fournis à l'OMS ont exclu que le vaccin pandémique soit la cause des décès", a souligné le Dr Kieny.

En ce qui concerne les syndromes de Guillain-Barré, moins d'une douzaine de cas suspects après la vaccination ont été rapportés. Mais "seuls quelques-uns pourraient être liés au vaccin pandémique (...) et les patients ont guéri", a-t-elle ajouté.

De manière générale, "aucun nouveau problème de sécurité n'a été identifié à partir des rapports [de pharmacovigilance] diffusés à ce jour (...). Cela confirme pour l'heure que le vaccin contre la grippe pandémique est aussi sûr que le vaccin contre la grippe saisonnière", a-t-elle assuré, en déplorant les théories du complot sur les vaccins qui circulaient sur internet.

La spécialiste a ajouté qu'aucune différence de profil de sécurité n'a été détectée entre les différents types de vaccin disponibles.

Jusqu'à présent, 16 pays ont rapporté avoir administré un total de 65 millions de doses de vaccin. Mais les chiffres sont probablement supérieurs car des campagnes ont été lancées dans 40 pays, a souligné Marie-Paule Kieny.

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