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Vaccination : Agnès Buzyn veut "redonner confiance"

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"A chaque point de couverture vaccinale gagné, ce sont autant de drames évités". Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé, a donné ce jeudi 18 avril le coup d’envoi de la Semaine Européenne de la Vaccination (SEV), qui se déroulera du 24 au 30 avril prochain. Une campagne qui se tiendra pour la première fois à la télévision et qui vise à rappeler partout en France que la vaccination est un enjeu majeur de santé publique.

Le gouvernement poursuit son offensive pour redorer le blason de la vaccination. Contre de nombreuses maladies graves : la meilleure protection, c’est la vaccination, c'est autour de ce constat simple et factuel que sera déployée la campagne pour la Semaine européenne de la vaccination lancée par le ministère des Solidarités et de la Santé et Santé publique France, dont la conférence de presse s'est tenue ce jeudi 18 avril. Pour toucher le plus grand nombre, la campagne sera relayée à la télévision, sur le web et les réseaux sociaux, dans la presse et les lieux de santé.

Découvrez le spot de cette campagne, dont le message est simple et non culpabilisant pour les familles, a souligné Agnès Buzyn, qui compte sur son efficacité.

 Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), 2 à 3 millions de vies sont sauvées chaque année grâce à la vaccination, cet acte simple de prévention.

Campagne de promotion des vaccins : une première en France 

Faire de la communication sur les vaccins un message adressé au grand-public, c'est tout l'objet de cette campagne. Une affiche, des dépliants et des vidéos accessibles à tous, tout est mis en oeuvre pour toucher le plus grand nombre. C'est également l'objectif du site Vaccin Info Service, accessible à tous (il a comptabilisé 5,5 millions de visiteurs uniques l'année dernière, s'est réjouie Agnès Buzyn. La ministre y voit en effet la preuve que les gens s'intéressent au sujet et qu'ils vont prendre de l'information sur des sites officiels, scientifiques et sérieux. Enfin, un Village Info Vaccination permettra, dans chaque région, d'aller à la rencontre de la population pour la sensibiliser.

Nous devons continuer de lutter pas-à-pas contre les fake news qui circulent sur Internet, c'est un travail que nous menons. Agnès Buzyn

Vaccination obligatoire des jeunes enfants : "de premiers effets positifs"

La ministre des Solidarité et de la Santé s'est félicitée de premiers effets positifs des obligations vaccinales sur la protection de la population, alors que la loi sur l'extension de l’obligation vaccinale pour les nourrissons nés après le 31 décembre 2017 est entrée en vigueur le 1er janvier 2018. Santé publique France - via son BEH daté du 23 avril 2019 - a ainsi comparé les couvertures vaccinales à 7 mois des nourrissons nés entre janvier et mai 2018, avec celles des nourrissons nés entre janvier et mai 2017, pour les vaccinations contre la coqueluche, l’haemophilus influenzae de type b, l’hépatite B, le pneumocoque et le méningocoque C. La couverture vaccinale contre ces maladies infectieuses a ainsi connu une nette amélioration avec :

  • +36,4 points de couverture vaccinale de la 1ère dose du vaccin contre le méningocoque C. Elle est passée de 39,3% en 2017 à 75,7% en 2018. Cette amélioration a permis de diminuer le nombre des infections invasives dues à ce germe chez les nourrissons âgés de moins d’un an
  • +5,5 points pour l’utilisation du vaccin hexavalent (diphtérie, tétanos, poliomyélite, coqueluche, hépatite B et infections à haemophilus influenzae de type b). La couverture vaccinale est passé de 93,1% en 2017 à 98,6% en 2018
  • +1,4 point de couverture vaccinale de la 1ère dose du vaccin contre le pneumocoque. Elle est passée de 98,0% en 2017 à 99,4% en 2018.

Et chez les enfants non soumis à l’obligation ?

Pour ces enfants, la couverture vaccinale est en hausse mais doit encore être améliorée. Il est trop tôt pour mesurer les effets de l’obligation vaccinale contre la rougeole, la première dose du vaccin étant administrée à 12 mois. Toutefois, il est possible de comparer les couvertures vaccinales des enfants ayant eu un an en 2018 avec celles des enfants ayant eu un an en 2017. Chez les enfants ayant eu un an en 2018, la couverture vaccinale ROR (1 dose) est de 87,2%, contre 85,0% chez ceux ayant eu un an en 2017. Cette augmentation varie de 0,2 point (Corse) à 3,2 points (Nouvelle Aquitaine). 

Une augmentation qui traduit une prise de conscience liée à la communication effectuée autour de la vaccination et à la médiatisation de l’épidémie actuelle de rougeole assure le ministère. Depuis le 1er janvier 2019, 633 cas de rougeole ont été déclarés, dont 193 (30%) hospitalisés et 1 décès (encéphalite). Parmi tous ces cas, 92% sont survenus chez des sujets non ou insuffisamment vaccinés. La France est engagée dans une stratégie d’élimination de la rougeole. Il est nécessaire qu’au moins 95 % des enfants soient vaccinés pour éliminer la rougeole.

Quant au recours à la vaccination contre le papillomavirus, qui n’est pas une vaccination obligatoire, elle progresse également. Ainsi le taux de vaccination avec la première dose chez les jeunes filles ayant eu 15 ans en 2018 s’élève à 29,4%, alors qu’il était de 26,2% chez les jeunes filles ayant eu 15 ans en 2017 (+3,2 points). Une couverture vaccinale qui reste malgré tout très insuffisante, précise le ministère.

 Agnès Buzyn compte sur la simplification du parcours de soin

Il nous faut redonner confiance au sujet de la vaccination, a martelé la ministre. La France, on le sait, a des progrès à faire en matière de vaccination. Agnès Buzyn a rappelé que trop de personnes étaient mortes de la rougeole ces dernières années (1 décès en 2017, 3 en 2018 et 1 déjà, début 2019), alors même qu'un vaccin existe. Idem pour la grippe avec 10 000 décès imputables à la maladie en 2018. Un des leviers pour redonner confiance selon la ministre ? La simplification du parcours de soin. Sur la vaccination antigrippale, il faut qu'on facilite encore plus le parcours vaccinal, c'est à dire que dès que les gens y pensent, ils aient la possibilité de se faire vacciner très rapidement, a-t-elle déclaré. C'est la raison pour laquelle nous étendons la vaccination antigrippale dans les pharmacies et que nous l'avons également étendue aux primo-vaccinés qui peuvent le faire chez un médecin, une infirmière ou encore une sage-femme, ou, à partir de cette année en pharmacie dans toute la France. Le fait de proposer aux professionnels d'avoir des doses de vaccins dans leurs cabinets va également favoriser la vaccination, espère Agnès Buzyn. Il faut également améliorer la couverture vaccinale des professionnels de santé, encore trop faible, selon la ministre. On va mener des enquêtes cette année pour essayer de comprendre les freins, a-t-elle assuré, mais il n'est pas acceptable aujourd'hui qu'un professionnel de santé expose ses patients et des gens fragiles à une maladie. Je rappelle que c'est un devoir déontologique que de ne pas passer une maladie à son patient et donc pour moi, c'est un enjeu majeur de prise de conscience de tous les professionnels de santé qu'ils sont en responsabilité vis-à-vis des personnes vulnérables qu'ils reçoivent ou des personnes âgées.

La confiance revient ? Oui, assure Agnès Buzyn. Un discours clair, responsable, transparent et assumé permet de rassurer. Je crois que nous gagnons la confiance de nos concitoyens, mais aussi des médecins, s'est félicitée Agnès Buzyn. Le taux de couverture vaccinale est en train d'augmenter, non seulement pour les vaccins obligatoires pour les enfants qui sont soumis à la vaccination obligatoire depuis le 1er janvier 2018, mais la couverture vaccinale progresse pour d'autres vaccins qui ne sont pas obligatoires ou chez des enfants qui sont nés avant le 1er janvier 2018, ce qui prouve bien que les familles reprennent confiance dans les vaccins. L’importance de la vaccination pour la santé des enfants (91%) et pour la protection de la collectivité (87%) progresse dans l’opinion des parents (+5 points par rapport à juin 2018).

Journaliste susie.bourquin@infirmiers.com @SusieBourquin

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