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Vapoter n'est pas fumer... quoique...

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Tabacologie

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Seulement 1% des Français ont totalement arrêté de fumer du tabac grâce à la cigarette électronique à fin 2013, selon une enquête de l'Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT).

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18% des Français ont essayé la cigarette électronique, soit entre 8 et 9 millions de personnes

L'OFDT produit depuis 2004 un tableau de bord mensuel de la consommation du tabac mais il est de plus en plus difficile d'interpréter les évolutions du marché du tabac sans tenir compte de la cigarette électronique, explique l'organisme public dans sa lettre d'information diffusée le 12 février 2014. Pour disposer d'une première estimation fiable du phénomène et mesurer son impact dans le bilan annuel de la consommation de tabac en 2013, l'OFDT a mené une enquête téléphonique (ETINCEL) entre le 12 et le 18 novembre 2013 auprès d'un échantillon de 2.052 personnes représentatif de la population métropolitaine âgée de 15 à 75 ans. Il apparaît que 18% des Français ont essayé la cigarette électronique, soit entre 8 millions et 9 millions de personnes. Ce sont plus souvent des hommes, des jeunes et surtout des fumeurs actuels ou des anciens fumeurs de tabac (91%).

Un rapport sur la prévalence, les comportements d’achat et d’usage, les motivations des utilisateurs de la cigarette électronique...

L'usage quotidien concerne un peu plus de la moitié des personnes déclarant consommer au cours des 30 jours précédent l'enquête, soit 3,3% du total de la population, ce qui représente entre 1,1 million et 1,9 million de personnes. Les deux tiers de ces vapoteurs réguliers déclarent s'en servir majoritairement pour arrêter ou réduire leur consommation quotidienne, et donc potentiellement les risques sanitaires associés au tabagisme.

Parmi la très faible proportion d'enquêtés qui sont anciens fumeurs (même occasionnels) et usagers au cours du dernier mois (1,2%), la plupart (84%) estiment avoir arrêté complètement de fumer grâce à l'e-cigarette, ce qui représente 1% de la population française. Il faut peut-être plus de temps pour observer des arrêts effectifs, les trois quarts des usagers réguliers ayant commencé à vapoter moins de six mois avant l'enquête, note l'OFDT.

Sans présager de l'efficacité réelle de la cigarette électronique pour le sevrage tabagique, d'autant plus que les effectifs sont ici très réduits, ces résultats confirment que les fumeurs sont convaincus de son utilité pour atteindre ce but, comme alternative aux substituts nicotiniques et aux médicaments pour l'arrêt du tabac. Dans sa synthèse de la consommation tabagique de 2013, l'OFDT rappelle que les ventes de tabac sont en recul de 6,2% par rapport à 2012 mais aussi celles des traitements pour l'arrêt du tabac, pour la première fois depuis 2009. Dans le même temps, le nombre moyen de nouveaux patients accueillis chaque mois dans les consultations de tabacologie est en recul.

Les motivations à terme des vapoteurs sont principalement tournées vers le sevrage total, cité spontanément par la moitié des consommateurs "mixtes". Loin derrière viennent la réduction du tabagisme (11,5%) et le remplacement du tabac par la cigarette électronique (8,2%), ce qui peut s'apparenter dans les deux cas à une forme de réduction des risques. Environ les trois quarts des utilisateurs récents d'e-cigarette connaissent le dosage en nicotine et seulement 11% déclarent une concentration nulle. Ils sont 40% à choisir un dosage moyen (7-12 mg/ml), les autres se répartissant à parts égales (24%) entre un faible (1-6 mg/ml) et fort dosage (plus de 12 mg/ml)

L'usage exclusif de la cigarette électronique reste encore assez peu répandu mais pourrait se développer avec le temps, au fur et à mesure que des fumeurs réduisent leur dépendance au tabac grâce à ce produit, commente l'OFDT. L'enquête ETINCEL montre aussi que la part des expérimentateurs diminue avec l'avancée en âge, de 31% chez les 15-24 ans à 9% des 55-64 ans. A l'opposé, parmi les personnes ayant vapoté au cours du mois précédent l'enquête, seulement 44% des 15-24 ans le faisaient chaque jour contre 67% chez les 50-75 ans. Ce constat semble renforcer l'hypothèse selon laquelle les jeunes cèderaient à un phénomène de mode, commente l'OFDT.

Concernant le marché de l'e-cigarette, les modèles rechargeables sont très majoritaires (plus de 95% des vapoteurs dans le mois) et les achats de l'objet en lui-même comme des recharges se font principalement dans les magasins spécialisés (plus de 50%) et chez les buralistes (plus de 20%). D'autres enquêtes sont nécessaires pour conforter ces résultats et suivre leur évolution dans le temps. Début 2014, la médiatisation et le dynamisme du marché de la cigarette électronique ne semblent pas ralentir : il est donc probable que le nombre d'usagers, de l'expérimentation à l'usage quotidien, évolue encore à la hausse, commente l'OFDT.

Résultats de l'enquête ETINCEL-OFDT sur la cigarette électronique

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