INFOS ET ACTUALITES

Violences faites aux femmes... jusqu'à quand ?

par .

La Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes, célébrée chaque 25 novembre, est une (triste) occasion de rappeler un état des lieux qui demeure préoccupant à travers le monde : la violence envers les femmes et les filles constitue une atteinte aux droits fondamentaux de la personne et une entrave importante à l’avancement des femmes dans tous les domaines de la vie.

Rappelons que la violence envers les femmes et les filles et ce, où qu'elle se produise à travers le monde, a de nombreuses répercussions, et notamment : elle nuit à leur santé, elle compromet leurs perspectives en matière d’éducation et de travail productif, et elle enfreint leur capacité à participer pleinement à la vie sociale.

Chaque minute environ, on recense une victime de violence conjugale en France, le plus souvent des femmes.

La violence faite aux femmes à l'échelle internationale...

clip de sensibilisation violence faite aux femmes

Image d'un clip de sensibilisation réalisé en 2005 par les réalisateurs François et Félicie.

Comme l'a rappelé dans son message à l'occasion de cette Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, Phumzile Mlambo-Ngcuka, Directrice exécutive ONU Femmes Les femmes sont battues dans leurs foyers, harcelées dans les rues et soumises à des intimidations sur internet. Dans le monde, une femme sur trois subira des violences physiques ou sexuelles au cours de son existence. Sur l’ensemble des femmes tuées en 2012, près de la moitié sont mortes entre les mains d’un conjoint ou d’un membre de leur famille. Il n’est pas exagéré, c’est un fait que les hommes représentent la plus grande menace globale pour la vie des femmes, et souvent il s’agit d’hommes qu’elles aiment.

Ecouter le message de Phumzile Mlambo-Ngcuka, Directrice exécutive ONU Femmes

L'Organisation des Nations Unies (ONU) fait observer régulièrement ce jour du 25 novembre, proclamé désormais « Journée orange ». En effet, partout des actions sont menées, des voix s'élèvent en faveur de l'éradication de cette violence qui touche sur la planète, une femme sur trois, au cours de sa vie comme l'a rappelé M. Ban Ki-moon, secrétaire général de l'ONU. La campagne "tous  UNiS pour mettre fin à la  violence à l’égard des femmes" invite tout un chacun à participer à  « Orangez VOTRE quartier » en arborant la couleur orange désignée par la campagne pour symboliser un avenir meilleur, libre de toute violence. 16 jours d'activisme, partout dans le monde pour sensibiliser à cette douloureuse thématique.

Plus de 700 millions de femmes actuellement en vie  dans le monde se sont mariées alors qu’elles étaient encore enfants. Pratiquement toutes les victimes de l’exploitation sexuelle, estimées à 4,5 millions, sont des femmes et des filles.

Voir la vidéo "7 milliards d'autres..." et les autres vidéos disponibles évoquant cette question.

Les origines de la Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes

En 1981, lors des « Premières rencontres féministes d'Amérique latine et des Caraïbes », des militantes pour les droits des femmes ont choisi la date du 25 novembre comme journée de lutte contre les violences, en mémoire de trois sœurs dominicaines engagées contre la dictature, Patria, Minerva et Maria Teresa Mirabal , connues dans la clandestinité sous le nom de « Las Mariposas » (les papillons). Emprisonnées à plusieurs reprises, victimes de tortures, violées, les trois militantes furent assassinées le 25 novembre 1961, sur les ordres du chef de l’État dominicain, Rafael Trujillo. Dans une résolution du 17 décembre 1999, l'Assemblée générale de l'Organisation des Nations Unies (ONU) a proclamé le 25 novembre Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes.

La France face à ses violences faites aux femmes...

Chaque année, en France, plus de 216 000 femmes sont victimes de violences commises par leur partenaire. 86 000 femmes rapportent avoir été victimes de viol ou de tentative de viol, et seules 10% d’entre elles déposent plainte. En 20131, 121 femmes et 25 hommes ont été tués par leur compagnons/es ou ex-compagnons/es. A ces décès, il faut ajouter la mort de 8 femmes et 5 hommes, tués par leur partenaire dans une relation non officielle. Le nombre total de décès s’élève donc à 129 pour les femmes et 30 pour les hommes. Dans le cadre de violences au sein du couple, 33 enfants sont décédés, tués par un parent ou beau-parent.

La France comptait également en 2004, environ 53 000 femmes adultes qui auraient subi des mutilations sexuelles (hypothèse moyenne). Neuf victimes sur dix ont été excisées avant l’âge de 10 ans2.

Pour le gouvernement, qui a crée un site dédié au sujet - stop-violences-femmes.gouv.fr - le message est clair, lui qui a fait de la prévention et de la lutte contre les violences faites aux femmes une priorité : protéger les femmes victimes de violences, c’est leur permettre de trouver de l’aide, de reprendre leur rendre leur vie en main, de passer de la détresse et de l’emprise à l’autonomie et à la liberté. Ces violences sont l’expression la plus grave des inégalités entre les femmes et les hommes. Voilà pourquoi lutter contre les violences faites aux femmes, c’est se battre pour l’émancipation de toutes les femmes.

Rappelons que le 4ème plan interministériel de prévention et de lutte contre les violences faites aux femmes (2014 -2016), présenté en novembre 2013, a fixé trois priorités :

  • organiser l’action publique pour qu’aucune violence déclarée ne reste sans réponse ;
  • protéger les victimes en assurant leur mise à l’abri et en leur fournissant un accompagnement spécifique ;
  • sensibiliser la société pour que les violences faites aux femmes ne soient ni une fatalité ni un tabou.

Quant à la Loi pour l’égalité réelle entre les femmes et les hommes du 4 août 2014, elle a permis de consolider les dispositifs de protection en direction des  victimes :

  • l’ordonnance de protection a été renforcée ;
  • l’éviction du conjoint violent est devenue la règle ;
  • le téléphone grand danger a été généralisé, permettant ainsi aux femmes de bénéficier d’un dispositif portable d’alerte ;
  • la plateforme téléphonique d’écoute et d’orientation « 39 19 Violences femmes info » a été amplifiée. Elle a enregistré + 27,76% d’appels reçus entre 2013 et 2014.

En 2014, une nouvelle étude actualisant l’estimation du coût économique des violences au sein du couple et leur incidence sur les enfants a été réalisée. Les violences au sein du couple représentent un coût de 56€ par personne et par an.

De nouvelles actions seront déclinées dans les territoires dès la fin de l’année 2014, le plan national de formation des professionnels au contact des victimes est actuellement en cours de déploiement. Des outils de formation seront déclinés pour toutes les professions concernées (services de police, intervenants en milieu scolaire, travailleurs sociaux, acteurs du monde judiciaire, personnels médicaux et paramédicaux...). De même, l’accès des femmes victimes de violences à un logement autonome, lorsque le maintien au domicile n’est pas envisageable, fera l’objet d’actions spécifiques, dans le milieu universitaire notamment. Pour mettre en réseau les acteurs dans les territoires et définir le parcours de prise en charge des femmes victimes de violences, un protocole local sera expérimenté en Alsace et en Aquitaine. Des référents seront mis en place dans les établissements de santé. Des stages de responsabilisation en direction des auteurs de violences seront testés dans dix services pénitentiaires d’insertion et de probation pour prévenir la récidive. La création d’observatoires territoriaux des violences faites aux femmes est également encouragée, 21 ont été créés depuis 2012. Anne Hidalgo, maire de Paris, lancera cette année l'observatoire parisien des violences faites aux femmes. Il coordonnera à terme, toutes les actions de prévention et d'accompagnement des victimes

Regarder la campagne nationale 2014 "Face aux violences, libérons la parole"

Faits et chiffres

  • 35% des femmes et filles sont exposées à une forme de violence physique et/ou sexuelle au cours leur vie et 7 femmes sur 10 sont victimes d’abus dans certains pays.
  • On estime que plus de 30 millions de filles âgées de moins de 15 ans risquent de subir des mutilations génitales féminines et que plus 130 millions dans le monde en ont été victimes.
  • Dans le monde, plus de 700 millions de femmes aujourd’hui mariées l’ont été enfant, dont 250 millions avant l’âge de 15 ans. Les filles qui se marient avant l’âge de 18 ans ont moins de chances de finir leur scolarité et sont plus exposées à la violence domestique et aux complications liées à la grossesse.
  • Les coûts et conséquences dus à la violence à l’égard des femmes se font sentir sur plusieurs générations.
  • Entre 40 et 50% des femmes dans les pays de l'Union européenne ont déjà fait l'objet d'avances sexuelles non désirées, de contacts physiques ou d'autres formes de harcèlement sexuel sur leur lieu de travail.
  • Selon une enquête dans les pays d'Asie-Pacifique, 30 à 40% des travailleuses indiquent qu'elles ont subi une forme de harcèlement - verbale, physique ou sexuelle.
  • En Australie, un quart des femmes disent avoir été victime de harcèlement sexuel sur leur lieu de travail.
  • 1700 faits ont été constatés par les forces de l'ordre en 2013 à la Réunion (près de 5 plaintes par jour)

Source : www.un.org/fr

Notes

  1. Source : « Etude nationale sur les morts violentes au sein du couple. Année 2013 ». Ministère de l’intérieur, délégation aux victimes.
  2. Source : Andro A. et Lesclingand M., Les mutilations sexuelles féminines, in Population & sociétés, n°438, INED, octobre 2007, Chiffres clés 2012, l’égalité entre les femmes et les hommes.
Creative Commons License

Bernadette FABREGASRédactrice en chef Infirmiers.combernadette.fabregas@infirmiers.com @FabregasBern

Publicité

Commentaires (10)

binoute1

Avatar de l'utilisateur

590 commentaires

#10

@Delphine

Je ne parle pas des violences conjugales,
--> mais justement, quitte à parler d'inégalités en hommes et femmes (ton message du 26/11) autant les souligner jsuqu'au bout. Parler de violences faites aux femmes exclues d'emblée les hommes batus; Exclure une partie de population , c'est faire aux hommes exactement ce que nous leurs reprochons de faire avec nous...

être croyant ou non ne change rien. Parcontre, je pense que effectivement le mariage, les mutilations sexuelles, la soumission de façon générale, peuvent être en lien avec les croyances religieuses.
--> Je suis ravie de le voir écrit. Parce que c'était pourtant bien toi, qui a parlé religion en 1e (premier message de ce sujet).

Je ne comprend pas ta deuxième question ...
Les violences conjugales font parties des violences faites aux femmes, c'est pour cela que je parle de façon à prendre en compte toutes les formes de violences. Je ne vois pas le rapport avec le patriarcat ... ?
--> là encore c'est toi qui a évoqué le partiarcat dans ton 1e message, edisant que nous descendions de ces sociétés. Je n'ai fait que reprendre. Y aurait-il moins de violences dans des sociétés issues du matriarcat ? je ne sais pas

delphineb

Avatar de l'utilisateur

25 commentaires

#9

.

Je ne parle pas des violences conjugales, être croyant ou non ne change rien. Parcontre, je pense que effectivement le mariage, les mutilations sexuelles, la soumission de façon générale, peuvent être en lien avec les croyances religieuses.

Je ne comprend pas ta deuxième question ...
Les violences conjugales font parties des violences faites aux femmes, c'est pour cela que je parle de façon à prendre en compte toutes les formes de violences. Je ne vois pas le rapport avec le patriarcat ... ?

binoute1

Avatar de l'utilisateur

590 commentaires

#8

@delphine

donc les athées auraient moins tendance à battre leurs femmes ?

et parler de violences aux femmes plutôt que de violences conjugales, c'est un signe de patriarcat ?

dino

Avatar de l'utilisateur

320 commentaires

#7

Oui et non...

...tout baser sur le "capitalisme" me semble vraiment très réducteur ; il y a tellement de sociétés "traditionnelles" ou "socialistes" (au sens politique du terme) où la condition de la femme est aussi désastreuse. Quant au "religieux", c'est un domaine instrumentalisé où le machisme se complait effectivement, mais ce n'est pas LA cause des violences conjugales. Ou alors autant dire que les jeunes sont violents à cause des jeux vidéo ou d'internet... bref, le problème me semble plus à chercher du côté éducatif, social ou culturel, domaines pathogènes entrainant un certain nombre de troubles du comportement. Bref, c'est le genre de sujet dont nous pouvons parler longtemps. Cela dit, évitons les conclusions lapidaires. Bonne journée, delphine.

delphineb

Avatar de l'utilisateur

25 commentaires

#6

oui !

Affirmer que les guerres actuelles sont provoquées uniquement par les intégristes religieux n'a rien de dialectique, et se n'est évidement pas ma position.
Effectivement, étudier l'Histoire d'une région, ses problèmes sociaux ainsi que les différentes forces qui s'y sont imposées ainsi que les intérêts des protagonistes permet de comprendre le pourquoi du comment, c'est avoir une approche dialectique; mais je ne t'ai pas attendu pour le faire.

delphineb

Avatar de l'utilisateur

25 commentaires

#5

en amont

La société capitaliste et donc l'économie de profits est basée sur l'exploitation. Il en découle des inégalités entre les Hommes et notamment des inégalités entre femmes et hommes. Le capitalisme plonge ou maintient des millions de personnes dans une extrême pauvreté, cette précarité est facteur de risque pour les femmes. Les mariages forcés, la prostitution, le trafic d'être humain, la dépendance etc...
Les origines de cette société prend son essence dans la propriété privée , en découle le patriarcat. Tu sais, les femmes à la maison, les interdictions à disposer de son propre corps, l'interdiction de divorcer, de travailler ... la dépendance à son mari !
La religion est source d'oppression, notamment pour les femmes : le mariage, les mutilations sexuelles, le voile, la chasteté etc...

Cette économie et ses conséquences sociétales sont nécessairement une cause à la condition humaine.

dino

Avatar de l'utilisateur

320 commentaires

#4

et non...

...mettre dans le même sac la religion, le profit, les inégalités... pour expliquer la violence faite aux femmes, cela s'appelle un discours réducteur et simpliste. C'est du même tonneau que l'affirmation disant que les guerres sont provoquées uniquement par le fanatisme religieux ; tu prends un livre d'histoire, tu étudies la première guerre mondiale, le génocide arménien, la deuxième guerre mondiale, la Shoah, la guerre du Vietnam, Pol-Pot, le Rwanda... et tu revois ta copie.

delphineb

Avatar de l'utilisateur

25 commentaires

#3

et oui ...

Parce qu'il y a eu scission de l'Eglise et de l'Etat, tu pense que la société française n'es plus empreint à la religion ?
A l'échelle internationale, de nombreux pays se revendiquent d'une religion ou d'une autre. Le nombre de croyants restent extrêmement dense.
En France aussi, certaines pratiques ou rites religieux sont à l'origine de mutilations, de dégradation ou de violences faites aux femmes...
Patriarcale ? Il n'y pas un siècle, les femmes n'avaient pas le droit de divorcer, de travailler, d'avorter... Oui nous sommes issus de ce-là.

"Trop mort de rire quoi"

dino

Avatar de l'utilisateur

320 commentaires

#2

Ah bon ?

"patriarcale et religieuse" ; je ne vois pas en quoi notre société est particulièrement religieuse.
Mort de rire

delphineb

Avatar de l'utilisateur

25 commentaires

#1

...

Un jour quelqu'un à dit que la condition de la femme était le degré de mesure de la liberté des peuples ...

... Voilà le reflet d'une société de profits, inégalitaire, patriarcale et religieuse