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Violences hospitalières : ça continue...

Un individu a agressé le 25 août 2013 à l'arme blanche une infirmière du service des urgences du centre hospitalier (CH) Pierre Oudot de Bourgoin-Jallieu (Isère), sans parvenir à l'atteindre, a indiqué le 26 août à l'APM Achour Yahiaoui, directeur adjoint chargé de la logistique et de la qualité au sein du CH. D'autres épisodes de violence dans les hôpitauix ont récemment eu lieu sur le territoire.

agression infirmier

Les violences à l'égard des soignants se multiplient ces derniers temps à l'hôpital.

Deux individus se sont présentés au service des urgences du CH dimanche 25 août 2013 vers 8 heures, pour "des soins mineurs". Au bout de 40 minutes, jugeant l'attente beaucoup trop importante, ils se sont dirigés vers la borne d'accueil. Ils ont commencé à proférer des insultes à l'égard de l'infirmière présente, qui a fait appel au PC de sécurité, a précisé le directeur adjoint. L'agresseur, qui était sous l'emprise de l'alcool, a sorti un "couteau de boucher d'environ 20 centimètres de long" et a commencé à l'agiter en direction de l'infirmière, sans réussir à la toucher, a poursuivi Achour Yahiaoui.

Deux agents du PC de la sécurité incendie se sont interposés et sont parvenus à maîtriser l'individu avec les forces de police arrivées sur place.

L'agression, qui n'a pas fait de blessés, a suscité une "très vive émotion" au sein du personnel du CH, qui était "très choqué", a commenté le directeur adjoint.

Trois infirmières ont été placées en arrêt de travail. L'infirmière agressée, trois de ses collègues ainsi que la direction du CH ont déposé une plainte à l'encontre de l'individu.

Suite à l'agression, deux agents de police et un agent du PC de sécurité sont restés sur place, afin de sécuriser la zone. Durant une partie de la matinée, seules les urgences vitales étaient acceptées. Le service des urgences a repris son fonctionnement "normal" en milieu d'après-midi. Une cellule d'accompagnement psychologique doit être mise en place ce jour avec un psychiatre pour l'ensemble des agents du CH qui le souhaitent, a annoncé Achour Yahiaoui.

Le directeur adjoint du CH a fait remarquer la "réaction très digne" des agents hospitaliers. "Les agents comme la direction ont tenu à ce que le service des urgences continue à fonctionner", a-t-il rappelé, tout en précisant le "souhait de la direction de travailler avec l'ensemble des partenaires pour améliorer la sécurité dans le cadre des urgences".

Les urgences du CH de Bourgoin-Jallieu font déjà l'objet d'un contrôle par vidéos, avec plusieurs caméras reliées au centre de sécurité, situé à une centaine de mètres des urgences, a précisé le directeur adjoint.

Trois organisations du personnel (FO, CFDT et CGT) ont sollicité un comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) exceptionnel qui aura lieu ce jour, a annoncé Achour Yahiaoui.

Il y a une quinzaine de jours, une agression avait déjà eu lieu au sein du service des urgences du CH de Bourgoin-Jallieu. Un patient avait essayé de ceinturer un agent, a-t-il rappelé.

Des coups de feu tirés le 24 août à l'hôpital Delafontaine de Saint-Denis

D'autres épisodes de violence dans les hôpitaux ont récemment eu lieu sur le territoire. Un homme a tiré trois coups de feu dans le sas d'entrée devant les urgences de l'hôpital Delafontaine de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) le 24 août 2013 vers 3h20 du matin, a indiqué à l'APM Catherine Vauconsant, directrice adjointe en charge de la stratégie et de l'organisation médicale de l'hôpital Delafontaine. Le tireur aurait cherché à s'en prendre à l'un des patients présents au sein de l'hôpital. Un "règlement de comptes" aurait préalablement eu lieu entre les deux hommes à l'extérieur de l'hôpital, a précisé la directrice adjointe. Deux coups ont été tirés au sol et un troisième a touché la porte d'entrée du sas, sans faire de blessés, avant que le tireur ne soit interpellé par la police.

"La police a réagi de façon très rapide. Et nous continuons de travailler avec le commissariat de Saint-Denis, qui est très présent et très attentif", a poursuivi Catherine Vauconsant. Au moment des coups de feu, deux aides-soignantes ainsi qu'une interne étaient présentes. Elles ont eu "peur et étaient choquées", a rapporté la directrice adjointe. La direction va recevoir le personnel soignant pour les entendre et "leur apporter le soutien nécessaire", a-t-elle poursuivi.

Une "réunion de débriefing" entre les équipes de la direction de l'hôpital Delafontaine et les responsables de la sécurité va également être organisée dans les prochains jours, a-t-elle ajouté.

L'Association des médecins urgentistes de France (Amuf) a une nouvelle fois dénoncé le 26 août 2013 dans un communiqué "ces situations explosives et intenables tant pour les usagers du service public que pour soignants et médecins". L'association demande "expressément" à la ministre des affaires sociales et de la santé, Marisol Touraine et au ministre de l'intérieur, Manuel Valls, de recevoir les représentants des médecins urgentistes.

Ces faits de violence font suite à l'agression à l'arme blanche d'un infirmier des urgences de l'hôpital marseillais La Conception (AP-HM) le 19 août 2013, rappelle-t-on.

Suite à cet événement, le Samu-Urgences de France avait réclamé la création d'un nouveau métier de professionnel de l'accueil hospitalier ainsi qu'un renforcement des effectifs des services d'urgences.

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Commentaires (2)

Bernadette Fabregas

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265 commentaires

#2

Une réaction de la Coordination nationale infirmière

Une agression de plus pour les Infirmiers !

Colère, indignation, déception, les réactions des professionnels de la filière infirmière exerçant en Fonction Publique Hospitalière après le JT de 20h de France 2 du 26 août sont vives et nombreuses. Le motif : un reportage opposant les infirmières du public et du privé qui tend à faire passer les infirmiers de la fonction publique pour des nantis en annonçant des contrevérités. La suite est à lire ici http://www.coordination-nationale-infirmiere.org/

gwennk29

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1 commentaires

#1

Violence quotidienne...

Pas plus tard que ce matin, aux urgences, un père de famille m' a demandé de " fermer ma gueu.. " quand je lui ai demandé de parler un peu moins fort alors qu'il hurlait sur sa femme et son fils. Celui-ci arrivait pour une plaie et je l'accueillais pour faire les soins.
Mes collègues sont intervenus parce que le ton montait et un d'entre eux s'est vu menacé de mort par le papa et agrippé par le haut de sa tenue!
C'est quotidien et pourtant ce ne sont que les urgences d'un petit centre hospitalier!!!!