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Zika : tout savoir pour mieux informer

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Epidémiologie

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Alors que l'épidémie due au virus Zika ne cesse de faire parler d'elle avec tous les jours son lot de publications et de nouvelles informations, l'Institut national de prévention et d'éducation pour la santé (Inpes) en lien avec l'Institut national de veille sanitaire (InVs), le ministère de la santé et le Haut Conseil de la Santé Publique (HCSP) met à disposition des professionnels de santé des documents et liens actualisés afin de répondre aux interrogations des patients et les orienter au mieux si nécessaire.

moustique virus ZikaRappelons que l’Inpes publiait en décembre dernier un premier « Repère pour votre pratique » synthétisant les informations essentielles connues alors sur cette infection. Il était ainsi rappelé que l'infection à virus Zika est une maladie due à un virus (arbovirus) transmis par les moustiques. Ce virus a été isolé pour la première fois chez l’homme en Ouganda en 1952. Il s’agit d’un virus ré-émergent, peu connu. Les symptômes se caractérisent par une éruption cutanée avec ou sans fièvre même modérée mais également par des conjonctivites, maux de tête, fatigue, douleurs musculaires et articulaires, ainsi que des douleurs rétro-orbitaires. La transmission se fait par des moustiques de type Aedes (aegypti et albopictus en ce qui concerne le territoire français métropolitain et/ou ultramarin). Le moustique Aedes aegypti est implanté dans les départements français d’Amérique (DFA) et à Mayotte. Aedes albopictus est implanté sur l’ile de la Réunion ainsi que dans certains départements métropolitains. Depuis la fin de l’année 2015, une épidémie à virus Zika s’étend en zone caraïbe (Guyane, Martinique, Guadeloupe), en Amérique centrale et du sud. Début février, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) publiait à son tour un premier aide-mémoire à propos de la Maladie à virus Zika.

Le 8 février 2016, l'Inpes proposait également un autre document « L’infection à virus Zika chez la femme enceinte » et la conduite à tenir pour prévenir des anomalies du développement cérébral intra-utérin (microcéphalies et malformations neurologiques fœtales) déclarées par le Brésil et la Polynésie française au cours de leur épidémie de Zika. En effet, même en l’absence de preuve formelle entre l’infection à virus Zika et la survenue de microcéphalies, le suivi médical et la prise en charge doivent être renforcés. Dans le même temps le ministère de la santé diffusait un avis allant dans le même sens explicitant une vigilance particulière pour toutes les femmes enceintes ou susceptibles de l’être qui résident ou désirent se rendre dans une zone de transmission du virus Zika. En cas de suspicion d’infection au virus Zika, la patiente doit être adressée rapidement en consultation obstétricale ou consulter rapidement un gynécologue de ville pour un bilan étiologique complet. En fonction des résultats, la surveillance échographique sera adaptée.

Compte tenu de l’évolution permanentes des données, il est important de consulter régulièrement le site du ministère de la Santé, du Haut Conseil de la santé publique, de l’InVS et de l’Inpes pour prendre connaissances des actualités relatives à l’infection à virus Zika compte tenu de l’évolution permanentes des données.

Le 19 février 2016, de nouvelles recommandations face à une possible transmission sexuelle du virus Zika ont été rendues publiques par le Haut conseil de santé publique (HCSP). En effet, si la transmission par voie sexuelle du virus Zika est probablement négligeable par rapport à la transmission par le moustique du genre Aedes, le HCSP, sur la base des données scientifiques disponibles, a estimé que celle-ci était probable, même si à ce jour, ces données sont trop peu nombreuses pour évaluer son importance réelle dans la transmission du virus Zika. Le message reste ciblé sur les femmes enceintes : par précaution, il leur est recommandé de différer leur voyage dans les zones épidémiques et d’éviter tout rapport sexuel non protégé avec un homme ayant pu être infecté par le virus Zika pendant le voyage et au retour pendant toute la durée de la grossesse.

L’ensemble des mesures de protection individuelles et collectives doivent également être soigneusement appliquées dans le cadre de la lutte anti vectorielle.  

L’épidémie du virus Zika, qui s’étend en Amérique latine, « pourrait empirer avant de s’améliorer », a averti le 24 février 2016 à Rio de Janeiro la directrice générale de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), Margaret Chan.

De plus, alors qu'il ne s'agissait que d'un soupçon, c'est désormais scientifiquement prouvé : le virus Zika peut déclencher un trouble neurologique grave, le syndrome de Guillain-Barré. Des chercheurs de l'Institut Pasteur, à Paris, le démontrent dans une étude publiée mardi 1er mars par la revue médicale The Lancet.

Enfin, compte tenu de la situation épidémiologique actuelle dans les DFA, et du risque potentiel en métropole dans les régions où le moustique est présent, la HAS a été saisie par la Ministre de la Santé pour l’obtention en urgence d’un avis concernant le test de détection directe du virus par RT-PCR dans le sang et les urines. Ce test peut en effet permettre de confirmer ou infirmer le diagnostic d’infection par le virus Zika chez un sujet suspecté d’être infecté du fait de la survenue de certains symptômes évocateurs. Cet avis permettra l’inscription de ce test à la Nomenclature des actes de biologie médicale (NABM).

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Bernadette FABREGASRédactrice en chef Infirmiers.combernadette.fabregas@infirmiers.com @FabregasBern

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