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Zoom sur les cancers en France en 2015

L'Institut national du cancer (Inca) a publié un nouveau rapport sur les cancers en France avec un focus sur la cancérologie chez les enfants, adolescents et jeunes adultes et sur le droit à l'oubli.

foule, rue

Environ 3 millions de personnes de 15 ans et plus ont eu un cancer au cours de leur vie et étaient toujours vivantes en 2008.

Ce rapport annuel dresse l'état des connaissances sur la situation du cancer et la politique de lutte contre le cancer en France. Il rassemble des données essentielles sur les cancers (déjà publiées par ailleurs) et leur prise en charge dans le but d'informer les lecteurs, d'éclairer les décideurs et de faciliter le suivi de la politique française de lutte contre les cancers. En 2015, le cancer représente 384.442 nouveaux cas estimés en France métropolitaine (210.882 hommes et 173.560 femmes), soit un taux d'incidence de 362,4 cas pour 100.000 hommes et 272,6 cas pour 100.000 femmes. L'âge médian au diagnostic était de 68 ans chez l'homme et 67 ans chez la femme en 2012. Le nombre de décès était estimé à 149.456 en 2015 (84.041 hommes et 65.415 femmes), soit un taux de mortalité de 124 pour 100.000 hommes et 72,9 pour 100.000 femmes. L'âge médian au décès était de 73 ans chez l'homme et 77 ans chez la femme en 2012.

Environ 3 millions de personnes de 15 ans et plus ont eu un cancer au cours de leur vie et étaient toujours vivantes en 2008

Chez les moins de 15 ans, le nombre de nouveaux cas de cancer est estimé à 1.750 par an sur la période 2007-12, soit un enfant sur 440 environ. Les principales localisations sont les leucémies (29% des cas dont 80% de leucémies aiguës lymphoblastiques), les tumeurs du système nerveux central (SNC, 24%) et les lymphomes (11%). Depuis les années 2000, l'incidence de l'ensemble des cancers de l'enfant observe une stabilité. Toutefois, une augmentation significative des tumeurs du SNC est notée entre 2000 et 2011 (+0,9% par an). Il n'est pas relevé d'hétérogénéité selon les départements. Entre zéro et 15 ans, le cancer est la quatrième cause de décès (6,6% des décès pédiatriques en 2012), mais la deuxième après les accidents pour les plus de 1 an. La survie globale à 5 ans atteint 82% sur la période 2000-11, ce taux passant de 80% en début de période à 83% en fin de période. La survie à 5 ans des tumeurs du SNC a augmenté de 70% à 75%. Chez les adolescents, le nombre de nouveaux cas de cancer par an chez les 15-17 ans était estimé à 450 en 2011, selon les données des registres généraux. Au cours de la première année d'enregistrement des cancers des 15-17 ans, les registres pédiatriques nationaux ont recensé 380 nouveaux cas avec un taux d'exhaustivité de 85%. Les principales localisations sont les lymphomes (27% des cas dont 85% de maladie de Hodgkin), les tumeurs du SNC (17%) et les leucémies (16% dont 53% de leucémies aiguës lymphoblastiques). Le rapport décrit aussi l'offre de soins et l'activité hospitalière avec 1,147 million de personnes hospitalisées pour cancer dans des établissements MCO en 2014 (hors activité libérale de radiothérapie qui n'est pas recensée). Près de 6,64 millions d'hospitalisations (séances et séjours) étaient en lien avec la prise en charge d'un cancer en 2014.

Près de 61% des cancers surviennent chez les 65 ans et plus (233.343 nouveaux cas en 2015) qui totalisent 75% des décès par cancer.

Près du quart de l'activité hospitalière

L'activité de cancérologie représente près d'un quart de l'activité hospitalière globale en court séjour (48,7% des séances, 10% des hospitalisations ambulatoires et 13,4% des hospitalisations complètes). Près de 4,477 millions de ces hospitalisations motivées par le cancer (soit 67% des prises en charge en MCO) sont des séances (51,5% pour chimiothérapie, 43,2% pour radiothérapie et 5,9% pour d'autres prises en charge). En 2014, les dépenses (hors radiothérapie libérale et hors liste en sus) liées au cancer étaient estimées à 5,349 milliards d'euros dans les établissements de court séjour. La chirurgie représentait 31% de ces dépenses, la chimiothérapie 22,6%, les soins palliatifs 11,9% et la radiothérapie 8,4% (toujours hors secteur libéral). Les dépenses relatives aux molécules anticancéreuses facturées en sus des prestations d'hospitalisation de court séjour se sont élevées à 1,597 milliard d'euros dont 34% pour le secteur privé commercial. Une reprise de l'augmentation des dépenses est notée depuis 2013 (+15,5% entre 2012 et 2014). Toujours en 2014, les anticancéreux ont représenté près de 50,5% du coût total des molécules onéreuses remboursées en sus dans le secteur public (plus Espic) et 81% dans le secteur privé lucratif. Les thérapies ciblées représentaient 45% des dépenses d'anticancéreux en sus dans le secteur public et 72% dans le secteur privé lucratif. Plus de 90% des dépenses d'anticancéreux sont centrées sur 10 molécules. Dans les établissements d'hospitalisation à domicile (HAD), les dépenses liées aux anticancéreux de la liste en sus s'élevaient à près de 22,391 millions d'euros et à l'officine, les anticancéreux remboursés représentaient 1,539 milliard d'euros (dont 54% pour les thérapies ciblées et 41% pour les hormonothérapies).

Vivre (mieux) pendant et après un cancer

L’amélioration de la qualité de vie des personnes touchées pendant et après la maladie, pour permettre à la personne malade de garder toute sa place dans la société, est un objectif important du Plan cancer 2014-2019. Les actions du Plan visent ainsi à élargir la prise en charge personnalisée et à mieux préparer l’après-cancer en accordant une place systématique aux soins de support, une vigilance accrue aux risques de séquelles afin de diminuer l’impact du cancer sur la vie personnelle (objectif 9). Plusieurs mesures sont engagées et poursuivies pour préserver la continuité et la qualité de vie, limiter les conséquences sociales et économiques de la maladie, faciliter la prise en compte du cancer dans le monde de travail et favoriser l’accès aux assurances et au crédit pour les personnes atteintes. Ainsi, l’avenant à la convention AERAS [s’Assurer et Emprunter avec un Risque Aggravé de Santé] signé le 2 septembre 2015 entre l’État, les fédérations professionnelles des secteurs de la banque et de l’assurance et les associations de consommateurs, introduit de nouvelles dispositions relatives au droit à l’oubli : l’absence de déclaration d’un ancien cancer (5 ans après la fin du protocole thérapeutique pour les enfants de moins de 18 ans et 10 ans après la fin de traitements actifs contre le cancer pour les adultes) et la grille de référence par types de cancers pour lesquels le délai de 10 ans pourrait être réduit. La loi de modernisation de notre système de santé consacre le rôle de l’INCa puisque l’Institut est chargé d’établir et de rendre publiques les propositions d’évolution de la grille de référence.

Les cancers en France. L''essentiel des faits et des chiffres/édition 2015

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