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Agisme : et si on parlait autrement des seniors ?

Dépendant, sénile, grabataire, des adjectifs souvent employés quand on parle des personnes âgées. Ainsi, persuadés que le vocabulaire peut porter atteinte à la dignité des plus fragiles et rendre les métiers du grand âge moins attractifs, des experts du secteur ont appelé mercredi 19 février à en finir avec ces termes blessants.

Ce changement de vocabulaire n’est pas un gadget. La façon dont nous regardons le réel et dont nous en parlons peut nous mettre dans une dynamique positive pour soutenir les personnes âgées, a expliqué lors d’une conférence de presse Pascal Champvert, président de l’association AD-PA, qui regroupe des directeurs de maisons de retraite ou de structures d’aide à domicile. Le choix des mots est également important pour redonner une image positive et attractive à ce secteur professionnel qui peine à attirer des vocations, ont souligné à ses côtés le gériatre Claude Jeandel et le chirurgien Philippe Denormandie, qui ont tous deux participé l’an dernier à l’élaboration du rapport Libault.

Une personne âgée n’a ainsi pas à vocation à être prise en charge – ce qui suppose qu’elle deviendrait une charge pour la société – mais accompagnée, a souligné le psycho-gérontologue Alain Koskas, président de la Fédération internationale des associations des personnes âgées (FIAPA). De même, il ne faut pas dire dément ou sénile mais atteint de troubles neuro-cognitifs, et préférer personne à mobilité réduite plutôt que grabataire, un mot qui assigne la personne à ne plus sortir de son grabat, ce qui est faux, a pointé Pascal Champvert.

Au-delà de ces questions de vocabulaires, les professionnels du secteur attendent toujours avec impatience la loi "grand âge et autonomie" promise par le gouvernement pour l’été. Choisir les termes adéquats c'est bien, agir c'est encore mieux. 

Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site Sud Ouest

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