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Complotisme, désinformation et débat public : une triade qu'E. Macron veut endiguer

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Epidémiologie

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Ce mercredi, Emmanuel Macron a constitué une équipe d'une quinzaine d'universitaires et de personnalités, présidée par le sociologue Gérald Bronner, chargée de faire d'ici à la fin de l'année des propositions face à l'emprise des théories complotistes et de la désinformation dans le débat public. Baptisée d'un nom qui fleure bon l'esprit du 18ème siècle, la commission* "Les lumières à l'ère numérique" devra formuler d'ici la fin de l'année des propositions concrètes dans les champs de l'éducation, de la régulation, de la lutte contre les diffuseurs de haine et de la désinformation, indique la présidence de la République dans un communiqué. Et la crise sanitaire a montré combien les théories complotistes et la désinformation ont, entre autres, porté un regrettable préjudice à l'action des autorités sanitaires et brouillé les messages de santé publique. Vivre dans une profusion d'informations représente un formidable espoir en termes de capacité d'intelligence collective [...] mais cette profusion s'accompagne d'une certaine cacophonie, avec une mise en concurrence directe de toutes les visions du monde, qu'elles relèvent de la science, de la rationalité, de la croyance, de la magie ou de la superstition, a déclaré Gérald Bronner, qui estime que l'intelligence collective, aujourd'hui menacée, doit être préservée pour s'exercer. Selon lui par exemple, une étude sur YouTube de 2019 avait montré qu'une requête avec le mot "climat" menait à plus de 50 % sur une vidéo climato-sceptique. La commission fera un état des lieux de la recherche et des connaissances accumulées sur ce sujet, et des auditions pour explorer huit thématiques. Parmi elles, les algorithmes et la façon dont ils peuvent provoquer un "asservissement numérique" en modelant la conversation au sein de la société, la façon dont le marché publicitaire tire profit de ces fausses nouvelles, mais aussi les moyens de développer l'esprit critique, la liberté éditoriale des médias face à la pression des plateformes, ou encore les ingérences étrangères.

*La commission est composée de chercheurs comme le sociologue Laurent Cordonier, la spécialiste du cyberespace Frédérick Douzet, l'historien Jean Garrigues, l'anthropologue Rahaf Harfoush, mais aussi des personnalités comme Rudy Reichstadt (directeur de Conspiracy Watch), la professeure des écoles Rose-Marie Farinella, la journaliste web Aude Favre ou Rachel Kahn, ancienne athlète de haut niveau devenue juriste, actrice et écrivaine.

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