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Covid-19 en Outre-Mer : Sébastien Lecornu n'est "pas optimiste"

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Epidémiologie

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Ce 8 octobre, Sébastien Lecornu, le ministre des Outre-Mer était auditionné par la mission d’information et par les membres de la délégation sénatoriale aux Outre-Mer afin de faire un point sur la situation sanitaire des territoires ultramarins. Antilles, Nouvelle-Calédonie, Polynésie et Guyane ont en effet été durement touchées pendant l’été par une forte vague épidémique de Covid-19, qui a notamment entraîné l’envoi de renforts de soignants de la métropole. Si la situation tend à s’améliorer progressivement, elle est encore critique dans les différents territoires, a alerté Sébastien Lecornu. Si la question du Covid se conjugue au passé dans l’Hexagone, en Outre-Mer, elle le fait toujours au présent. La gestion de la situation sanitaire en Outre-Mer est d’autant plus délicate, note-t-il, que chaque territoire se démarque par ses spécificités géographiques, climatiques et culturelles, ce qui a influé sur la mise en place des mesures de freinage (confinement, couvre-feu…). À titre d’exemple en Guyane, où le taux d’incidence s’élevait encore à 537 cas pour 100 000 habitants (en hausse de 8 %) au 30 septembre selon Santé Publique France, couvre-feu et fermeture administrative des établissements et restaurants sont toujours d’actualité, rendant caduque l’instauration du pass sanitaire, qui s’applique pourtant sur l’île de La Réunion et à Saint-Barthélemy. Jamais, dans l’histoire de la République, autant de renforts n'ont été déployés en Outre-Mer, a par ailleurs indiqué le ministre, rappelant que 8 000 professionnels de santé avaient été envoyés de la métropole pour prêter main forte aux territoires ultramarin, où la pression hospitalière demeure importante. La crise sanitaire a mis en exergue les failles du système sanitaire en Outre-Mer, c’est une évidence, a-t-il déploré, soulignant l’importance de rehausser le plan d’urgence sanitaire et de restaurer les capacités financières des hôpitaux de ces territoires. 276 millions d’euros devraient ainsi être prochainement débloqués pour accompagner les établissements dans leurs investissements.

Mais la difficulté majeure demeure la résistance à la vaccination dont font preuve certaines populations d’Outre-Mer, notamment en Guyane (seuls 23 % des habitants y sont entièrement vaccinés) où l’épidémie de Covid-19 est une épidémie de concitoyens non-vaccinés. Tendance à opposer la vaccination à la pharmacopée traditionnelle locale et à privilégier cette dernière et propagation des fakes news ont provoqué un mal terrible dans certains territoires, s’est inquiété Sébastien Lecornu. La résistance est d’autant plus grande que plusieurs territoires, dont la Nouvelle-Calédonie et la Polynésie, sont demeurés longtemps préservés du Covid-19 et n’étaient donc pas préparés aux vagues épidémiques qui les ont frappés. Face à ces difficultés, le ministre note une fatigue physique et morale des soignants et un doute quant à l’intérêt de leur intervention chez les renforts envoyés de métropole, mais relève toutefois que dès que le message sur la vaccination est porté par les autorités coutumières (sénateurs, élus, chefs de tribu), la campagne vaccinale progresse favorablement. 41,16 % de la population seraient ainsi désormais vaccinés en Nouvelle-Calédonie, où a été décrétée une adaptation du confinement et la mise en place, à partir du jeudi 11 octobre, du pass sanitaire. Je ne suis pas optimiste sur l’évolution de l’épidémie dans les territoires où la vaccination ne progresse pas. Il faut encore nous attendre à de longs moments de tension avec des reprises de l’épidémie, a conclu Sébastien Lecornu, insistant sur l’importance de demeurer plus que vigilant.

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