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Crise de l'hôpital, la "loi du marché", vrai cause ou bouc émissaire ?

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Exercer dans le privé

L'hôpital va mal, très mal, de plus en plus mal. Il n'est pas une semaine sans que ses souffrances résonnent dans l'espace public. Mais de quoi souffre-t-il ? À cette question, une réponse, une seule : c'est la faute à la T2A (tarification à l'activité) ! C'est la seule explication qui court dans les médias. Depuis la loi HPST de 2009 (Hôpital, patient, santé territoires), on veut gérer l'hôpital comme une entreprise, c'est donc la faute à la loi HPST. Le magazine Envoyé spécial avait donné pour titre à son émission du 7 septembre 2017 : « Hôpital, la loi du marché ». Voici comment commence cette tribune sur le Point signée Laurent Vercoustre, Gynécologue-obstétricien (hôpital du Havre) à la retraite. Sujet phare de l'actualité, certes, mais pour l'auteur de cet article désigner comme coupable de cette triste situation la logique de "l'hôpital-entreprise" est presque trop facile !

La loi HPST et la T2A font figure de bouc émissaire. Quand ça va mal, il faut un coupable. Plutôt que d'affronter les sources réelles d'un problème, la société se rallie à une opinion simpliste, à condition qu'elle soit plausible. La T2A convient bien, d'autant qu'elle désigne les administratifs comme les grands coupables. Mais si l'on veut en finir avec la crise de l'hôpital, il faut s'extraire du « prêt à penser », dénoncer ces fausses évidences pour leur opposer une vraie évidence.

De quoi souffre notre hôpital ? Si je devais répondre d'un mot, je dirais que l'hôpital n'est plus à la verticale de son temps. Deux principaux arguments viennet étayer cette théorie intéressante. La première c'est que ce n'est pas à l'hôpital que se joue notre santé. C'est en amont de l'hôpital, dans son extérieur Préserver notre santé vient avant tout de nous, et de notre hygiène de vie: aliemtnation, tabac, activité physique, pollution... Or, aujourd'hui, ce sont les maladies chroniques qui dominent le paysage épidémiologique. Ainsi l'hôpital, temple de la technique médicale, est perçu comme l'instrument tout-puissant de notre système de soins. Alors qu'il apporte parfois des solutions dérisoires voire absurdes à nos véritables problèmes de santé. La chirurgie de l'obésité est emblématique de la perversion de nos mentalités. Quand il faudrait apprendre aux patients à mieux se nourrir, nous leur proposons le by-pass.L'hôpital ne devrai pas être le coeur de notre système de santé mais devenir le satellite d'un modèle à construire?

Autre point mis en avant, le déficit d'autorité qui règne dans cette gigantesque structure, ce microcosme qu'est l'hôpital. Par ailleurs si l'on regarde la hiérarchie médicale, force est de reconnaître qu'elle n'est pas clairement définie. Le tissu médical est constitué de la juxtaposition d'individualités. Ainsi, ce qui fait le grand mal-être de l'hôpital, c'est son incapacité à trancher les conflits. C'est pourquoi les passions se déchaînent, les coalitions, les complots, les basses manœuvres mènent le jeu des rapports humains. Dans ce huis clos infernal, certains n'ont d'autres solutions que le suicide, comme, dernièrement, ce professeur de neurologie à Grenoble. L'émission Envoyé spécial est revenue également sur la question de cette "loi du marché" et sur la souffrance des soignants dans son édition du jeudi 12 avril dernier.

Et vous qu'en pensez-vous, qu'est-ce qui fait le grand malheur de l'hôpital ?

Pour en savoir plus rendez-vous sur le Point.





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