EN BREF

La HAS rend son avis sur le vaccin Johnson & Johnson

Alors que le gouvernement mise sur l’accélération de la campagne vaccinale pour sortir de la crise sanitaire, la Haute Autorité de Santé a rendu ce vendredi son avis sur le vaccin Janssen (filiale de Johnson & Johnson), juste après le feu vert de l'Agence européenne du médicament le 11 mars. L'Agence a ainsi annoncé qu’elle recommandait son utilisation chez toute personne âgée de plus de 18 ans sans limite d'âge supérieure ainsi qu'à celles souffrant de comorbidités. À l’issue d’un essai de phase 3 impliquant 40 000 participants, les résultats ont montré que ce quatrième vaccin était efficace à 76,7 % sur les formes sévères de la souche initiale du virus et à 93,1 % sur les formes ayant nécessité une hospitalisation, un taux qui s’élève à 64% pour le variant sud-africain. L’efficacité vaccinale est constatée environ à partir de 14 jours après la vaccination, augmente jusqu’à 8 semaines après la vaccination. Monodose, il a également l’avantage de se conserver à des températures situées entre 2 et 8 degrés, sur une période de deux mois. Une fois ouverts, les flacons de 5 doses doivent être utilisés dans les 6 heures s’ils sont réfrigérés, ou dans les 3 heures s’ils sont à température ambiante. Enfin, du fait de son mode de conservation moins contraignant, il apparaît plus aisé à distribuer et tout indiqué pour les populations éloignées des systèmes de santé, en situation de précarité ou de handicap, et qui ne peuvent pas se déplacer. Pour l'heure, l’efficacité vaccinale n’a pas pu être évaluée chez les personnes de moins de 18 ans, immunodéprimées et celles en phase d’incubation ou après exposition. En outre, le recul était encore trop limité dans les essais pour pouvoir conclure sur la durée de protection et sur le portage et la transmission du virus.

L'arrivée sur le marché européenn du produit de Johnson & Johnson intervient alors que le Danemark, la Norvège, l'Islande et la Bulgarie ont décidé par précaution jeudi 11 mars de suspendre l'utilisation du vaccin AstraZeneca suite à la survenue d'événements indésirables thromboemboliques graves chez les personnes vaccinées. L'EMA a, de son côté, estimé qu'il n'y avait aucune indication démontrant la responsabilité du vaccin et, au vu du faible nombre d'incidents de ce type (30 personnes sur une population de 5 millions), a encouragé à poursuivre la vaccination, le rapport bénéfice-risque demeurant favorable. Un avis qu'a partagé l'Agence Nationale de Sécurité du Médicament (ANSM) ce vendredi 12 mars, qui assure qu'aucun élément n'indique pour l'instant que la vaccination ait provoqué ces troubles.

Parallèlement, Sanofi a annoncé dans un communiqué daté du 12 mars le lancement des premiers essais cliniques de phases 1 et 2 (menés sur 415 participants) de son second vaccin à ARNm, développé en collaboration avec la biotech américaine Translate Bio. Des résultats intermédiaires sont attendus au cours du troisième trimestre 2021. Enfin, l’entreprise de biotechnologie Novavax a publié ses premiers résultats : son vaccin à double dose serait ainsi efficace à 96% contre la souche initiale du SARS-CoV-2, à 89% contre les formes symptomatiques de la maladie, et à 86% contre le variant britannique. Toutefois, son efficacité retombe à un peu plus de 48% contre le variant sud-africain. Le laboratoire a fait savoir qu’il déposerait une demande d’autorisation en urgence auprès du Royaume-Uni et des Etats-Unis dans le courant du deuxième trimestre 2021.

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