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Hôpital de Guingamp: grandes questions après le suicide d'un cadre de santé

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Un cadre de santé de l’hôpital de Guingamp (Côtes-d’Armor) a mis fin à ses jours. Il a été retrouvé mort mardi soir 25 février, par les pompiers, à son domicile de Guingamp, où il vivait seul. Ce sont des agents de l’hôpital qui ont donné l’alerte, s’inquiétant de ne pas voir leur collègue arriver au travail. Il travaillait dans l’un des établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad).

Ce suicide est le troisième d’un agent hospitalier du pôle de santé de Guingamp depuis l’été dernier. Les deux premières victimes avaient également été retrouvées à leur domicile. Elles travaillaient, l’une au bloc opératoire, l’autre, dans l’unité de soins continus. Pour le syndicat Sud Santé, les conditions de travail au sein de l’établissement sont à l’origine de ces drames : Pour les trois collègues, la problématique était identique. Ils se sont tous les trois plaints à plusieurs reprises, par rapport à la pression qu’ils subissaient, au fait qu’on leur demande toujours davantage de travail, sans moyens… La situation est très inquiétante. Quand on passe dans les services, on voit les personnels de plus en plus à bout face à leurs conditions de travail qui se dégradent, suite aux coupes sombres financières de l’ARS (Agence régionale de santé). A un moment, cela se paye et les conséquences sont malheureusement humaines. La fatigue, la pression font qu’au bout d’un moment, les gens craquent !

Suite à l’annonce de ce nouveau drame, la direction de l’hôpital a mis en place une cellule médico-psychologique et un accompagnement à court terme pour l’ensemble des personnels des Ehpad de l’établissement. Il restera en place plusieurs mois, si cela s'avère nécessaire. Contacté, le nouveau directeur de l’hôpital, Samuel Froger, appelle à respecter le deuil, suite au suicide de ce salarié. Aujourd’hui, il faut respecter le chagrin des uns et des autres, c’est le temps de recueillement. Viendra ensuite, le temps de l’analyse, que l’on prépare déjà »Dès mercredi matin, nous avons organisé une réunion avec le CHSCT (comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail), au cours de laquelle, j’ai annoncé que l’ARS s’engageait à nous accompagner financièrement dans ce domaine Mais restons prudents, il faut éviter toutes conclusions hâtives quant aux raisons de ces suicides. Elles peuvent être multifactorielles, professionnelles bien sûr, mais aussi personnelles et privées., explique-t-il.

En parallèle, le Comité des internes de Reims-Champagne-Ardenne a révélé le suicide d’un interne en deuxième année d’anesthésie-réanimation, survenu à Reims. Sur les réseaux sociaux, de nombreux internes se sont mobilisés pour témoigner de leur tristesse. Ce n’est pas normal, ce n’est pas ‘comme ça’, ce n’est pas parce que ‘vous êtes faibles’. Nous sommes très nombreux à avoir déjà ressenti cela et à le ressentir encore par moments. L’aide peut venir de vos chefs, de médecins d’autres services, de vos collègues. Je compte sur vous pour vous confier si vous êtes en difficulté et pour pousser vos collègues qui le sont à en parler. Bon courage à toutes et à tous, écrit par exemple Professeur Geek sur Instagram.

Pour en savoir plus, rendez-vous sur les site d'actu.fr et d'egora.

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