EN BREF

"Les infirmiers libéraux attendent que vous leur adressiez un signe" : la FNI interpelle Macron

Pour la Fédération Nationale des Infirmiers (FNI), il est temps de voir reconnaître "l'infirmière de famille". Dans une lettre ouverte adressée au président de la République lundi 20 septembre, la plus grande organisation d'infirmiers libéraux dénonce "une logique comptable" et injuste à l'oeuvre. En effet, alors que les infirmières et infirmiers libéraux jouent un rôle majeur dans le maintien à domicile des personnes âgées en perte d’autonomiedans un contexte de vieillissement de la population et d’explosion des maladies chroniques, rappelle la FNI, et alors que leur rôle a été essentiel pendant la pandémie, les IDEL vont devoir assumer seuls un effort injuste : celui de redresser les comptes. En effet, la CNAM demande la mise en place de mesures financières correctrices à la profession infirmière, tandis qu'elle multiplie par deux la visite médicale aux personnes âgées de plus de 80 ans en ALD (affection longue durée), s'insurge la FNI, qui résume dans un communiqué : les 28,70 € de forfait journalier accordés aux infirmières et infirmiers libéraux pour prendre en charge les patients les plus lourds, quel que soit le nombre de passages quotidiens, coûtent encore trop cher à la CNAM. Dans le même temps, la visite médicale de ces mêmes patients passe de 35 € à 70 €. Le président de la FNI, Daniel Guillerm, y voit un très mauvais signal adressé à la profession. L’État prive les infirmiers libéraux des moyens de leur intervention quotidienne auprès des aînés à domicile. Interrogé par ailleurs sur le geste fait en direction des médecins, il résume, amer : la tartine tombe du bon côté toujours pour les mêmes...

La FNI en appelle donc directement à Emmanuel Macron : Alors que vous aviez promis aux Français d’engager une réforme innovante de la prise en charge du Grand Âge pour contenir la croissance des besoins, votre gouvernement s’emploie à reprendre une part des financements qui permettent aux infirmiers d’améliorer la prise en charge à domicile de nos aînés les plus fragiles en perte d’autonomie. La profession se retrouve pénalisée parce qu’elle assume avec succès ses missions, peut-on lire dans la lettre ouverte publiée aujourd'hui dans la presse régionale. Pour rappel, la FNI (avec le SNIIL) avait signé, en mars 2019, un avenant conventionnel qui visait à forfaitiser la prise en charge des personnes âgées à domicile (l'avenant 6) via le Bilan de Soins Infirmiers (BSI), dont le déploiement n'est pas achevé à ce jour et dont la remise en question suscitait encore la colère des libéraux en juillet dernier. Cet avenant comportait une clause de revoyure qui stipulait que des mesures correctrices devraient être prises si le budget prévu était dépassé de 10 %, une mesure imposée à la FNI, qui dénonçait déjà à l'époque un budget intenable et un dépassement "inévitable". Les dépenses ont en effet dérapé dans les grandes largeurs, à tel point que les infirmiers sont aujourd'hui sommés de rendre 120 millions d'euros au titre de cette clause de revoyure. La FNI appelle donc Emmanuel Macron à adresser un signe aux 140 000 infirmiers libéraux, en facilitant le déblocage de (leurs) négociations.

 

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