EN BREF

L'espace de santé numérique déployé pour tous le 1er janvier 2022

"Il faudra du temps, vous l'imaginez bien pour que chacun s'acclimate et apprenne à s'en servir, mais cela va être une petite révolution très favorable à la santé". Après la feuille de route, présentée en juin dernier par Le Conseil du Numérique en Santé (CNS), une nouvelle étape vient d'être franchie dans l'accélération du virage numérique voulu par le gouvernement : Olivier Véran a dessiné le 18 octobre les contours de l'espace numérique de santé et annoncé son déploiement pour l'ensemble des Français et leurs soignants le 1er janvier 2022, s'appuyant sur une expérimentation satisfaisante dans trois départements pilotes (en Haute-Garonne, en loire-Atlantique et dans la Somme).

Concrètement, de janvier à mars 2022, chaque personne affiliée à l’Assurance Maladie recevra un courrier ou un mail lui demandant d’activer son espace de santé, qui sera dans un premier temps un espace de stockage numérique où le patient pourra garder l'ensemble de ses documents médicaux et son dossier médical personnalisé (DMP) s'il en a un, soit : ses rendez-vous médicaux, ses ordonnances, son imagerie médicale, son suivi médical, ses comptes-rendus d'hospitalisation etc. Cet espace virtuel doit aussi comprendre une messagerie sécurisée (MSSanté) pour les échanges entre patients et soignants. Par ailleurs, les personnes qui ne veulent pas de cet espace numérique de santé auront un délai d'un mois pour s'opposer à ce qu'un espace soit créé à leur nom, a rappelé le ministre de la Santé, délai au-delà duquel celui-ci sera automatiquement créé. Différence majeure avec le Dossier Médical Partagé (DMP), voué à disparaître : toutes les données concernant les patients pourront être rentrées par les professionnels de santé, mais également par les patients eux-mêmes, contrairement au DMP, que seuls les professionnels de santé pouvaient remplir.

L'Etat prévoit de dépenser 650 millions d'euros en 5 ans pour cette stratégie, qui fait partie du plan de 7,5 milliards d'euros pour l'innovation en santé, annoncé en juin par le président de la République. Le plan prévoit par exemple 100 millions d'euros pour subventionner jusqu'à 60% des frais d’évaluation clinique des logiciels et autres dispositifs numériques de santé. Il prévoit aussi la création d'une trentaine de services d'expérimentation des innovations numériques dans les hôpitaux et autres organisations de soin et une enveloppe de 100 millions d'euros pour le développement de la filière imagerie médicale. Côté recherche et formation enfin, le plan prévoit également 81 millions d'euros pour la formation numérique des infirmiers, médecins, pharmaciens et autres professionnels de santé. L'enveloppe servira aussi à former des ingénieurs, des juristes et des experts réglementaires en santé numérique.

 

Publicité

Commentaires (0)