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La situation de la profession infirmière s'est fortement dégradée, alerte l'ONI

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ONI

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Huit mois après sa dernière enquête qui démontrait une inquiétude quant à l’avenir de la profession, l’Ordre National des Infirmiers (ONI) a lancé une nouvelle consultation afin d’en reprendre le pouls. Avec comme constat, une dégradation estimée importante des conditions de travail suite à la crise de Covid-19 et un métier en forte perte d’attractivité.

Pénurie de personnel et épuisement

60 000 infirmiers ont répondu à cette nouvelle enquête, qui a été menée du 10 au 15 décembre. 85% des infirmiers salariés estiment ainsi que leurs conditions de travail se sont plutôt détériorées depuis de le début de la crise sanitaire, soit 21 points de plus par rapport à octobre 2020, détaille l’ONI dans la présentation des résultats. Interrogés sur leur état d’esprit, les répondants expriment en majorité de la lassitude (72%), de la colère (51%) et de l’angoisse (46%). Cause principale de ces griefs : le manque de personnel (à hauteur de 70% des répondants), et un turn-over au sein des équipes jugés plus important que par le passé. Une grande majorité des infirmiers exerçant en établissement (71%) déclare également ne pas disposer du temps nécessaire à la bonne prise en charge de leurs patients. Conséquence, nombreux sont ceux qui déclarent vouloir quitter la profession dans le court terme. 15% des infirmiers affirment ainsi vouloir changer de métier dans les 12 mois à venir, une proportion qui monte à 30% dans un délai de 5 ans, faisant ainsi peser un véritable risque de pénurie au sein des personnels hospitaliers. À noter qu’ils sont toutefois 52% à émettre le souhait de poursuivre leur métier sur le court terme (contre 33% dans les 5 ans à venir). Et 79% estiment que les mesures du Ségur ne sont pas suffisantes pour valoriser la profession et renforcer son attractivité.

Une profession en attente d'évolution

Fort de ce constat, l’ONI appelle l’ensemble des candidats à l’élection présidentielle à s’engager dès maintenant à lancer dans les 30 premiers jours suivant leur prise de fonction à l’Elysée les premiers Etats-généraux de l’attractivité des professions de santé. Il recommande notamment de fixer des ratios minimums d’infirmiers en fonction du nombre de patients afin d’améliorer les conditions de travail de ces professionnels et, par extension, de renforcer la sécurité et la qualité des soins délivrés aux patients. Il appelle également à la révision des cadres réglementaires de la profession, qui n’ont pas évolué depuis 20 ans, et à permettre, par exemple, à la population d’accéder aux infirmiers en premier recours. Avec l’augmentation et la transformation des besoins de santé (vieillissement de la population, augmentation des maladies chroniques…), le système de santé a besoin d’infirmiers reconnus pour leur savoir-faire et leurs connaissances cliniques. Être considérés à la hauteur de leurs compétences ne pourra qu’encourager les infirmiers à rester dans la profession durablement, conclut-il.

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