EN BREF

Lutter contre le burn-out des IDEL : un combat politique !

D'un niveau aussi élevé que celui des médecins généralistes, le burn out des IDEL a fait l'objet du 44ème congrès du Syndical national des infirmiers libéraux (Sniil), les 11 et 12 octobre derniers à Anglet sur la côte basque. Selon le communiqué de presse du Sniil, ces deux journées de conférences, tables rondes et ateliers pratiques ont, au final, réservé une belle surprise pour la bonne centaine de participants. Ils ont découvert que ce sujet, de prime abord décalé pour un événement syndical, était, au contraire, éminemment politique !

Et de rappeler que la lutte contre le burn out des IDEL nécessite d'actionner au moins cinq leviers :

  • faire reconnaître la pénibilité du travail infirmier libéral. Selon Didier Truchot, professeur de psychologie sociale à l'Université de Bourgogne/Franche-Comté, les premiers éléments « stresseurs » des IDEL sont le manque de temps de repos, l'amplitude horaire importante, le conflit de temps vie privée/vie professionnelle, et la violence parfois rencontrée dû au manque de sécurité… ;
  • se battre contre le manque de reconnaissance de l'activité infirmière libérale par les pouvoirs politiques et les institutions. Le Pr Truchot explique le sentiment d'injustice éprouvé par les IDEL par le manque de reconnaissance du travail réellement effectué et des leurs compétences ;
  • renforcer l'action syndicale. Selon Sylvie Brivet, psychologue clinicienne, l'action en collectif demeure ainsi essentielle pour éviter le repli sur soi, cela permet le partage d'informations, d'expériences et de réflexions qui sont autant d'éléments qui facilitent l'exercice libéral ;
  • faire prendre conscience du phénomène aux institutions. Certaines URPS Infirmières ont déjà agi (Ile-de-France et surtout Guyane), les réponses d'autres organismes (Direction Générale de l'Offre de Soins, Ministère de l'Intérieur notamment) sont encore trop limitées ;
  • promouvoir le travail en collectif. Le burn out menace davantage les IDEL isolés, l'exercice en cabinet de groupe est donc à privilégier. La coordination entre professionnels de santé libéraux mais aussi entre ville et hôpital sont encore plus bénéfiques. Facilitant les conditions de prises en charge des patients, la coordination améliore en effet les conditions de travail des professionnels de santé.

Des leviers qui, selon le Sniil constituent des dossiers prioritaires ! A ce titre, le syndicat était reçu ce matin, mardi 24 octobre 2017, à l'Elysée par les conseillers Santé d'Emmanuel Macron et d'Edouard Philippe : au programme des discussions : compétences, coopération, coordination, négociations conventionnelles...

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