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"Obligation vaccinale anti-Covid veut dire coercition", réagit Convergence Infirmière

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Epidémiologie

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L’annonce d’une obligation vaccinale contre le Covid-19 pour les soignants ne fait pas que des heureux. Alors que certains saluent l’initiative, d’autres dénoncent une mesure injuste, qui stigmatiserait les soignants. La décision du Président de la République est profondément injuste. C’est même un désaveu. Il est dangereux de nous pointer du doigt de cette manière et totalement contre-productif de contraindre, déplore ainsi Convergence Infirmière dans un communiqué du 13 juillet, rappelant l’engagement des professionnels sur le terrain, malgré les difficultés, tout au long de la crise sanitaire. Nous sommes contre toute forme d’obligation, réagit ainsi Ghislaine Sicre, la présidente du syndicat, car obligation veut dire coercition puis sanctions, et non-paiement des indemnisations. Et nous sommes opposés à toute forme de flicage, de traçage. Et de mettre en parallèle ces éléments avec les conditions de travail jugées difficiles des infirmiers libéraux tout au long de la crise sanitaire : Nous avons protégé nos patients, nous avons pris nos responsabilités, et maintenant, nous représenterions un danger pour eux ? Plus de pédagogie serait nécessaire selon elle pour convaincre les récalcitrants, dont la résistance serait davantage due à une inquiétude quant aux conséquences à long terme des vaccins qu’à un rejet pur de la vaccination. Il faut qu’il y ait des débats, des échanges, il faut être transparent, que les infirmiers aient accès aux données, sur la balance bénéfice/risque, notamment, plaide Ghislaine Sicre, qui s’agace que les soignants soient pointés du doigt alors que d’autres professionnels intervenant à domicile oublieraient, une fois vaccinés, de respecter les gestes barrières. Cette mesure est très violente, estime-t-elle et elle transforme les soignants en parias.

Même son de cloche au sein du Syndicat CNI (Coordination Nationale Infirmière), qui alerte dans un communiqué sur les conséquences de cette obligation. La CNI exprime notamment sa crainte d’une vague de départs, par voie de démission ou de mise en disponibilité, en réaction aux mesures jugées coercitives annoncées par le gouvernement, et s’inquiète des conditions de travail de ceux qui seraient soumis à des contre-indications vaccinales (détaillées sur le site Vaccination Info Service). A noter que celles-ci, si elles existent bien, sont peu nombreuses et clairement identifiées (hypersensibilité à une substance présente dans le vaccin, et risque de choc anaphylactique, essentiellement). Rappelant l’engagement des professionnels de santé dans la lutte contre le Covid-19, la CNI regrette qu’ils soient désormais pointés du doigt comme les principaux responsables de la propagation de l’épidémie. Plutôt que de contraindre, ne vaut-il pas mieux inciter ?, s’interroge-t-elle. Néanmoins, depuis le début de la campagne vaccinale en janvier 2021, d’importants efforts de pédagogie ont déjà été réalisés pour informer clairement l’ensemble des soignants des avantages et risques de la vaccination ; et que l’ensemble des données concernant les produits sont librement consultables sur les site de l’Agence européenne des médicaments (EMA) et de la Haute Autorité de Santé (HAS).

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