EN BREF

L'Ordre national des infirmiers refuse toute légalisation de l’euthanasie et du suicide assisté

Communiqué de presse de l'Ordre national des infirmiers (ONI) - Jeudi 19 décembre 2013

Dans un rapport publié ce jeudi, le conseil national de l’Ordre des infirmiers émet 10 propositions sur la prise en charge de la fin de vie et appelle à « faire de la prise en charge de la douleur une cause nationale de santé publique »

Le conseil national des l’Ordre des infirmiers dévoile aujourd’hui ses 10 propositions pour l’évolution et l’amélioration de la prise en charge de la fin de vie et l’évolution du rôle des infirmiers. Si l’Ordre affirme clairement son opposition à toute légalisation de l’euthanasie et/ou du suicide assisté, il se prononce en faveur d’une vraie prise en compte des problématiques sociétales actuelles et propose notamment une formation obligatoire sur le thème de la fin de vie pour les médecins et infirmiers, ainsi qu’une optimisation des compétences infirmières.

Les membres du Conseil national de l’Ordre des infirmiers proposent 10 pistes concrètes pour une évolution de la loi et de la prise en charge sanitaire de la fin de vie :
- Se donner le temps d’un grand débat décliné régionalement
- Faire connaître les textes à tous les professionnels de santé
- Rendre obligatoire une formation des médecins et des infirmiers sur le thème de la fin de vie
- Faire de la prise en charge de la douleur une grande cause nationale de santé publique
- Rendre obligatoire la présence d’un infirmier de nuit dans les EHPAD
- Rendre opposables les directives anticipées et garantir la clause de conscience y compris de l’infirmière
- Renforcer le caractère légal de l’approche pluri-professionnelle
- Prendre en compte les compétences infirmières et reconnaître l’infirmier comme pivot des soins apportés au patient en fin de vie
- Envisager la sédation terminale à la demande des personnes en garantissant la clause de conscience de l’infirmier
- Refuser toute légalisation de l’euthanasie et/ou du suicide assisté tant il est dangereux, inopportun et foncièrement contraire à la déontologie d’organiser l’aide au suicide.

La profession infirmière a le devoir de répondre aux légitimes attentes des Français et entend s’impliquer dans le débat mais surtout prendre pleinement sa part des indispensables réformes à mettre en œuvre, explique Didier Borniche, récemment réélu président de l’Ordre national des infirmiers. Légaliser l’euthanasie n’est pas, et ne doit pas être, la réponse aux questions des Français. Ce sont les évolutions de la prise en charge et de l’accompagnement médical et social qui permettront d’offrir à chacun une fin de vie digne et sereine dans tous les cas où cela sera possible.

La déontologie infirmière au cœur des réflexions

Le rapport du Conseil national insiste sur l’attachement de la profession aux règles déontologiques de l’infirmier. Il rappelle notamment que les soins infirmiers ont pour but le respect de la vie et que le code de la santé publique précise « L’infirmier ou l’infirmière exerce sa profession dans le respect de la vie et de la personne humaine. » (article R4312-2).

Cet attachement à la déontologie de leur profession est clairement mis en avant dans les réponses des infirmiers à l’enquête à laquelle nous leur avons proposé de participer. Ainsi, c’est pour la profession le devoir de continuité des soins qui prime sur toute considération extérieure. Nos propositions, d’amélioration de la prise en charge de la douleur notamment, visent à conjuguer déontologie professionnelle et aspirations citoyennes.

Vous trouverez ci-joint (PDF) le rapport intégral du Conseil national de l’Ordre des infirmiers sur la prise en charge de la fin de vie

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Commentaires (11)

véro1

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2 commentaires

#12

Qu' on soit pour ou contre l' ONI...

...il est là , c' est 1 fait, et c' est donc bien de son ressort de pondre des textes relatifs à tout ce qui touche à notre profession!
(On est d' accord sur le fait qu' il n' a bougé pour grand chose, jusqu' à présent, cela dit!)

Bref, perso, je suis en phase avec ce texte, sauf sur le point parlant de la sédation terminale....
En effet, cela me semble contradictoire avec les autres positionnements de leur rapport.
La SFAP est d' ailleurs bien claire là dessus, et je la cite ci -dessous:

"La SFAP attire l’attention sur le fait que le terme de « sédation terminale » est ambigu et impropre. Il laisserait à penser qu’une sédation pourraient être administrée dans une intention de provoquer le décès, alors qu’une « sédation administrée en phase terminale d’une maladie » a comme objectif de soulager, quelles qu’en soient les conséquences, un malade qui présente une situation de souffrance qu’il juge insupportable.
Même si elle peut accélérer la survenue du décès, l’objectif de la « sédation en phase terminale » n’est pas de provoquer la mort mais de soulager le malade en l’endormant pour qu’il ne vive pas l’effroi d’une situation qu’il ne souhaite pas".

Je ne comprends pas dc pas cette proposition d' envisager la sédation terminale à la demande du patient,tt en garantissant la clause de conscience de l' IDE...Si j' ai besoin d' une clause de conscience, cela signifie bien que cette sédation terminale est un acte d' euthanasie, non(?).., ce qu' ils refusent dans leur "10 ème piste concrète "du rapport...

En tt cas, bon courage à tous , où que vous bossiez ...!

hiram83

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#11

Formation initiale infirmière inconnue de l'ONI?

L'ONI demande:
"Rendre obligatoire une formation des médecins et des infirmiers sur le thème de la fin de vie"
Pour ce qui concerne les IDE, depuis la réforme de la formation initiale, il existe l'UE 4.7 S5 "soins palliatifs et de fin de vie".

patrice30126

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#10

Un ordre absurde.

Quelle bande d'abrutis.

Kanak des Alpes

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#9

Un Débat tranché par le commandement Infirmier!

Me voilà encore déçu par les réflexions de l'ordre des commandants infirmiers!C'est un débat éthique qui mérite donc une réponse nuancée!Nous parlons de cas par cas!
J'ai participé à l'accompagnement au suicide d'une personne de 70 ans en Suisse:fibrose pulmonaire bilatérale,dyspnéique au moindre effort tel que passer de coucher à assis,Sao2 basses meme avec O2 10l,et un bon "état général" sans trop de comorbidités associées!Pas de douleur mais effectivement une souffrance énorme.Combien de temps avant de mourir?Une greffe bilat?Impensable!Alors on fait quoi?On attends?La personne était claire quant à son choix de vouloir mourir sans souffrir de dépendance à autrui.Autoriser l' intervention d'EXIT dans une structure hospitalière?(nom de l'association pour accompagner à aider au suicide)La desicion a été longue à prendre de la part de l'administration hospitalière,médicale,IDE etc..meme pour elle finalement,car la pulsion de vie est très forte!!Et puis le temps passe, ses symptomes stagnes et sa qualité de vie est déplorable à mon gout et au sien également!Faire une petite toilette prends qq heures...(famille très présente).
Certes ce n'est pas à nous infimier d'intervenir,c'est sur!on ne peut pas forcer un soignant à donner le cocktail lithique!(ici la personne doit prendre elle meme la dose per os,c'est un suicide!)EXIT comporte des personnes qui se déplacent à l'hopital pour aider au suicide.Puis la police fait systématiquement une enquete ,vu qu il s'agit selon le code judiciaire d'une mort violente.
Mais laissons tout de meme le choix aux collègues de notre libre pensée! Ce n'est pas le soit disant ordre des IDE qui va juger de la pertinence d'une intervention!
Je pense qu'une loi doit permettre l'assistance au suicide avec des criteres precis(residants en France depuis x années pour eviter le "tourime de la mort",analyse des cas avec une comission d'ethique,médicale,la famille,enquete policière systématique etc etc..).Joyeux Noël tout de même!

copycat

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#8

Bien, bien...

La pensée unique : le retour !

ça faisait longtemps

geerk : "Je n'ai rencontré personne qui choisisse de mourir volontairement quand il est accompagné et soulagé."
Donc ça n'existe pas ??
On n'a pas le même vécu.

eusèbe

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501 commentaires

#7

coucou !

L'ordre infirmier a trouvé un moyen de faire coucou, c'est tout...

Personne n'a demandé l'avis de la borniche team et nous voilà informé de leurs pensées et réflexions philosopho-sociéto-déontologiques : manquerait plus qu'ils nous apprennent à travailler...

loulic

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271 commentaires

#5

Quel courage !

Merci à l'ordre pour cette position pleine de courage !

Sans rire, ça aurait un peu plus de gueule si l'ordre s'était positionné contre les glissements de taches, la déqualification des soins, et l'absence de personnel qualifié en structure gériatrique.

Parce que c'est bien sympathique de venir nous parler du droit à mourir dans la dignité quand on voit les conditions dans lesquelles nos anciens vivent dans ces structures.



Mais ça, c'est pas d'actualité. Et puis ça demande du courage aussi.


Bref ...

Ps : merci à geerk qui nous explique ce qui est bon. Et merci à lui d'être capable de poser un jugement sur la personnalité de Moutarde sur la seule fois de son avatar. Ca n'a pas de prix !

Utilisateur supprimé

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#4

Quel débat ?

Je ne me positionnais pas sur le fond du problème mais sur les assertions du cnoi au nom d’une profession qui l’ignore et le rejette à près de 8O %

Beaucoup de conseillers ne sont pas/plus sur le terrain auprès des patients, des familles et des soignants et des dures réalités de leur quotidien.

Qu’est ce que pour borniche la sédation terminale dans le cadre des soins palliatifs ? Elle est destinée à qui (patients/entourage/soignants )? Autrement dit, quelle est la différence in fine pour le cnoi entre : faire mourir, laisser mourir et aider à mourir ? et qui plus est hors d’un cadre légaliste ?

Mais avec toi, point de débat… car de façon très péremptoire tu affirmes tout de go comprendre la VRAIE demande de TOUS les patients en fin de vie.

Bravo !

Sinon, au jour d’aujourd’hui la réalité des soins palliatifs (en tout cas celle que je rencontre) c’est qu’ils ne sont pas assez développés (insuffisance de moyens financiers, matériels, humains, de compétences et de volonté) et, beaucoup de patients meurent tout seul juste accompagnés de leur famille totalement désemparée.

geerk

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#3

Accompagnement et soins palliatifs : la solution est simple.

Votre avatar en dit long sur votre état d'esprit face à ce débat...

Il ne s'agit pas d'idéologie.
Il s'agit de comprendre que la VRAIE demande des patients en fin de vie n'est pas de mourir pus vite, c'est de ne plus souffrir (moralement ou physiquement) et de ne plus être seul. Je n'ai rencontré personne qui choisisse de mourir volontairement quand il est accompagné et soulagé.

On peut répondre à ces 2 demandes par les soins palliatifs et par l'accompagnement. Et oui c'est notre vie quotidienne, je refuse donc vos accusation ("allez donc bosser..." etc) : nous y sommes !

On a les moyens de soulager quasiment toutes les souffrances physiques, quite à utiliser des doses effectivement "potentiellement létales" (très variable d'un patient l l'autre). Mais ce n'est plus de la mort donnée, c'est de la mort subie en soignant, en soulageant. Il faut le vivre pour comprendre la différence.

On ne tue pas des gens pour gagner du temps ! Et on ne fait pas un métier de soignant pour tuer mais pour aider, soigner.
En Belgique 69% des euthanasies sont pratiquées sans l'accord du patient conscient. C'est cela que vous voulez quand vous serez vieux ?

Le vrai débat est celui du coût des soins en fin de vie. Mais ça, personne ne le dit... Il y a mensonge sur toute la ligne sur la question de l'euthanasie.

Utilisateur supprimé

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#2

Complément d'information

Pas de code de déontologie pour la profession infirmière actuellement et ce, malgré les gesticulations de borniche III sur les positions ordinales qui n'engagent de toute façon que ledit conseil et s'il (le code) venait un jour à voir la lumière, les seul(e)s IDE inscrit(e)s au truc.

Utilisateur supprimé

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#1

Cause toujours !

Le conseil de l’ordre des infirmiers ne représente que lui même et au grand maximum les 20 % d’infirmiers et d’infirmières inscrit(e)s…

Par ailleurs, ce même conseil n’a de toute façon qu’un avis consultatif.

Enfin, la déontologie infirmière qui ne s’appuie sur aucune production ordinale et légale (code) ne saurait en aucun cas être la projection de la pensée unique de borniche et de ses acolytes.

Allez donc bosser auprès des patients en fin de vie et de leurs familles et on en reparlera (peut-être…).