EN BREF

Suppression du 15 et de la régulation médicale : le SAMU exprime sa colère devant l'Assemblée

Quelques dizaines de soignants du SAMU, venus essentiellement d'Ile-de-France, se sont rassemblés ce mercredi vers 10h du matin devant l'Assemblée Nationale pour s'opposer au projet de "numéro unique" inclus dans une proposition de loi visant à consolider notre modèle de sécurité civile et valoriser le volontariat des sapeurs-pompiers (y compris professionnels). Laquelle est portée par le Député LREM Fabien Matras, a été adoptée en première lecture par le Sénat le 23 septembre avec quelques modifications et prévoit la suppression de la régulation médicale aujourd'hui assurée par les professionnels du SAMU. A l'initiative de la grogne, le Président de l'association Samu-Urgences de France, François Braun, qui a affirmé vouloir sauver le Samu, mis en danger par le projet de numéro unique pour les services de secours (santé, police, pompiers), qui entraînera selon lui une perte de chances pour les malades. Une crainte partagée par Vincent Brulin, urgentiste au Samu 59, qui explique que l'opérateur sera un secouriste, mais pas forcément quelqu'un de qualifié pour les urgences médicales et assure que dans son département les pompiers de terrain ne veulent pas du numéro unique. En octobre 2020 pourtant, une expérimentation régionale avait été annoncée pour tester la pertinence d'un numéro unique (le 112), notamment à la demande des pompiers, qui se disaient surchargés et empêchés de se concentrer sur les interventions cruciales. Le mouvement a rapidement été circonscrit par la police ; mais les manifestants, qui réclament un retour du texte à la version soumise à l'Assemblée, ont d'ores et déjà déposé un préavis de grève pour le 12 octobre prochain. Une mobilisation soutenue par la FHF, qui craint un accroissement net de la saturation des urgences hospitalières et qui appelle les parlementaires ne pas supprimer la régulation médicale et à privilégier une solution qui ferait coexister deux numéros : le 113 pour la santé, le 112 pour les appels police-secours. Quant à lui, le texte poursuit son cheminement et sera examiné en commission paritaire ce 7 octobre.

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