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Vaccin AstraZeneca : la HAS élargit son utilisation aux plus de 65 ans

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Epidémiologie

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Jusqu'ici réservé aux professionnels de santé et aux deux millions de personnes de 50 à 64 ans atteintes de comorbidités (diabète, hypertension, antécédents de cancer...), le vaccin AstraZeneca, un temps considéré avec méfiance, va désormais être proposé aux 65-75 ans présentant ces mêmes pathologies, élargissant ainsi la vaccination à deux millions et demi de personnes supplémentaires. Une décision annoncée lundi 1er mars au soir au 20 heures de France 2 par le ministre de la Santé Olivier Véran, conformément à un avis de la Haute Autorité de santé (HAS) rendu public mardi. La HAS a également recommandé que tous les vaccins puissent à l'avenir être administrés par les pharmaciens, les infirmiers et les sage-femmes, en plus des médecins, ainsi qu'un élargissement des publics considérés comme prioritaires*. En effet, comme l’a rappelé la HAS par la voix de sa présidente Dominique Guludec, l’enjeu est toujours le même : accélérer la vaccination, faire le plus vite possible, en ciblant toujours les personnes à risque de faire des formes graves du Covid-19, l’âge restant le premier facteur de risque, juste devant les comorbidités. (Ainsi, d’après l’analyse des données issues des séjours hospitaliers en France, les patients atteints de Covid-19 présentent, comparativement aux 18 à 49 ans, environ : 3 fois plus de risque de décéder de la Covid-19 s’ils sont âgés de 50 à 64 ans, 7 fois plus de risque s’ils sont âgés de 65 à 74 ans, 10 fois plus de risque s’ils sont âgés de 75 à 80 ans et 16 fois plus au-delà de 80 ans, détaille la HAS). 3e vaccin autorisé en France, celui d'AstraZeneca a bénéficié des données d’une étude écossaise en vie réelle (c’est-à-dire non pas collectées dans un cadre expérimental mais dans celui de la pratique courante), qui apportent des résultats très encourageants sur les bénéfices à court terme d’une première dose de vaccin contre la Covid-19 chez les plus de 65 ans. Cette étude, qui porte sur la population des 5 millions d’habitants de l’Ecosse, a pour objectif d’évaluer l’impact de la vaccination sur les hospitalisations, par groupe d’âge (18-64 ans, 65-79 ans, plus de 80 ans). Quelle que soit la tranche d’âge, la vaccination par l'un des deux vaccins étudiés (Pfizer ou AstraZeneca) réduit significativement le nombre d’hospitalisations**. Les effets les plus marqués sont observés de 28 à 34 jours après la première injection : une efficacité de 85% pour les 18-64 ans, 79% pour les 65-79 ans et 81% pour les plus de 80 ans, souligne la HAS dans son communiqué, se réjouissant de résultats extrêmement encourageants, confirmés depuis par une autre étude, anglaise. 
La HAS a aussi insisté sur l'importance de mettre en place ou d'amplifier des dispositifs permettant d'aller vers les personnes isolées à domicile, en incapacité de se rendre dans les centres de vaccination ou les établissements hospitaliers, ainsi que vers les personnes précaires grâce notamment au déploiement d'équipes mobiles. Enfin, la HAS a assuré travailler déjà sur le vaccin Janssen. 

*la HAS avait déjà recommandé que les sages-femmes et les pharmaciens puissent prescrire et administrer le vaccin AstraZeneca. Dans la continuité de cet avis, la HAS se prononce aujourd'hui en faveur de l'extension des compétences vaccinales des pharmaciens, des sages-femmes et des infirmiers pour l'ensemble des vaccins contre la Covid-19 incluant les vaccins à ARNm. Quant à la prescription, la HAS recommande que la prescription puisse être faite : par les pharmaciens, sauf chez les femmes enceintes, et les personnes présentant un trouble de l’hémostase et par les sages-femmes chez la femme, en particulier la femme enceinte, et dans l’entourage de celle-ci et de son enfant. La HAS recommande toutefois de favoriser, à ce stade de la campagne vaccinale, la prescription par les médecins compte tenu d’une disponibilité encore limitée des vaccins contre la Covid-19 et afin de continuer à prioriser la vaccination des personnes les plus à risque de formes sévères.

**La HAS souligne toutefois que ces résultats portent sur les hospitalisations et ne quantifient pas l’impact du vaccin AstraZeneca sur la survenue de formes symptomatiques de la maladie, ni sur la réduction des décès. Par ailleurs, le manque de recul ne permet pas d’évaluer le maintien de l’efficacité au-delà de 5 semaines après la première dose. 

Retrouvez ici l'intégralité du communiqué de la HAS

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