ADMISSION EN IFSI

« Cette expérience de concours n'est pas un échec... »

LittleFairyNurse a décidé de passer le concours infirmier pour la première fois cette année. Et cela ne s'est pas tout à fait déroulé comme elle l'imaginait...

concours épreuve

Elle a passé le concours infirmier, l'a eu, mais...

Je suis une jeune fille de 18 ans et je vais vous conter mon histoire. Ce témoignage est le résultat d'une promesse faite à moi même : lorsque j'ai passé le concours d'entrée en Institut de Formation en Soins Infirmiers (IFSI), je me suis promis que je publierais un petit témoignage lors de ma réussite. Je pensais que mon histoire serais banale : un concours réussi l'année du bac ou après une année de prépa, comme tant d'autres personnes. Mais un événement impromptu est venu troubler la petite fierté de la réussite sur liste complémentaire.

Tout commence lorsque j'ai cinq ans. Petite fille, je souhaite absolument travailler dans le milieu médical. Les années passent. Petite fille deviendra grande mais restera sur son idée. A 17 ans et des poussières, entrée en terminale, après de nombreux stages au cours de ma scolarité qui m'ont permis de choisir précisément ce que je veux devenir : infirmière. Je me renseigne donc sur les modalités de formation. Je pense faire une année de prépa pour maximiser mes chances de réussite au concours. Mes parents me poussent à passer un concours cette année. Année très importante car année du bac également. Après beaucoup d'hésitation, je me décide enfin. Je tente le concours cette année, pour voir comment ça se déroule. Mais un concours, on ne va pas le passer les mains dans les poches. J'achète donc un livre méthodologique pour l'épreuve de français et des tests d'aptitudes. Je m'exerce également à des tests psychotechniques qui servent d'entraînement en prépa. J'en fait des tonnes de photocopies qui occupent mes trois quarts d'heure de trajet en bus entre le lycée et la maison. Le Centre de Documentation et d'Information (CDI) devient mon meilleur ami. Récré, heures de pause... Emploi du temps optimisé pour travailler le concours tout en menant de front les cours en parallèle.


Début janvier, les pré-inscriptions sont lancées, et j'imprime le dossier. Je m'inscris dans l'IFSI le plus proche de chez moi. Le concours y est dur mais l'école réputée.

A 17 ans et des poussières, entrée en terminale, après de nombreux stages au cours de ma scolarité qui m'ont permis de choisir précisément ce que je veux devenir : infirmière.

Je passe l'épreuve écrite en mars. J'arrive sur les lieux en avance, hyper motivée mais aussi hyper stressée. Intérieurement, j'applique la méthode Coué : "tu vas y arriver ma cocotte, tu as bossé, tu vas y arriver". L'heure de l'examen a sonné. Il est temps d'entrer dans la salle. S'ensuit la vérification de l'identité des candidats, la distribution des copies. Enfin, nous pouvons commencer. J'ouvre ma copie et le stress se dissipe. Mon corps a compris qu'il ne pouvait pas travailler correctement en étant aussi crispé. Je prends mon temps pour lire le texte, relire encore. J'applique les conseils de mon livre et de mon prof de philo pour l'analyse du texte. J'écris, vérifie que je n'ai pas fait trop de lignes, relis, et je pose enfin mon stylo à la minute ou la surveillante nous signale qu'il est temps d'arrêter.

Pause. J'en profite pour écouter un peu de musique, me dégourdir les jambes.

Et il est temps d'y retourner. Revérification d'identité, redistribution des copies et re-top départ. J'ouvre à nouveau ma feuille... et reste figée devant la première page... de petits problèmes. Rien de bien compliqué en soi mais je ne m'étais pas préparée à ça. Je décide de respirer un grand coup et de tourner la page. Je me retrouve en terrain familier : les cadrans, les suites de cartes, les exercices de concentration (repérer le nombre de « z » dans le texte (le texte portant sur les benzodiazépines))... J'enchaîne les questions, je ne regarde presque pas ma montre. La formatrice annonce qu'il ne reste qu'un quart d'heure. J'ai répondu à bien peu de questions, bien trop peu à mon goût. Après vérification, entre la moitié et les trois quarts. Je décide de remplir ce que je ne sais pas au pif. Histoire de ne pas rendre de questions sans réponse et d’espérer un coup de chance qui me donnerais juste à une ou deux réponses. Il est temps de rendre les copies. Je sors dépitée. Je sais que j'ai répondu à suffisamment de questions pour avoir la moyenne si j'ai tout juste mais je suis sur de ne pas avoir tout juste. Je me dis que je le tenterais à nouveau l'année prochaine, que ce n'est pas si grave.

J'ouvre ma copie et le stress se dissipe. Mon corps a compris qu'il ne pouvait pas travailler correctement en étant aussi crispé.

J'aperçois en sortant une fille de ma classe qui l'a passé elle aussi. Un petit coucou de loin et on n'en reparle pas. Jusqu'au jour des résultats. Les résultats sont mis en ligne à 9h. Je sors de cours à 10h. Sprint dans les couloirs, bousculades, ma camarade et moi poussons tout le monde, on veut avoir nos résultats ! Arrivée au CDI avec fracas et... un regard réprobateur de la part de la documentaliste dont nous nous moquons éperdument. On se précipite sur un ordinateur, je n'arrive même pas à taper dans la barre de recherche. Ma camarade s'en charge. Elle cherche mon nom en premier. Je trépigne quand enfin ... j'y suis !!! Je saute de ma chaise, frappe des mains trois petits coups et... me fais sortir du CDI pour comportement inapproprié. Ma camarade me rejoint à l'entrée du CDI, elle n'es pas admissible. Je suis triste pour elle mais tellement... heureuse. Je cours vers mes amies en hurlant que je l'ai. J'ai l'écrit de mon concours ! Première étape de passée. Je reçois le lendemain ma convocation pour l'oral. Il aura lieu le jour de mes 18 ans. Je le prépare tant bien que mal. Je sais qu'on va me poser des questions sur mes motivations, ça ne me fait pas peur, je suis prête.

Jour J. En route pour l'oral. Départ en bus du lycée jusqu’à l'IFSI. Je fonds en larmes dans le car, sans savoir pourquoi, sans pouvoir m’arrêter. J'appelle ma maman qui décide de me rejoindre. Une fois sur place, elle me réconforte comme elle peut, m'encourage à pleurer maintenant plutôt que devant le jury. Elle m'accompagne jusqu’à la porte de l'IFSI et va faire un tour le temps que je passe. Je trouve ma salle et vois la fille passant avant moi ressortir en larmes avec de grosses traces de mascara autour des yeux. Je prends peur. Mais je me calme en entrant dans la salle. Je prépare mon sujet. Je réponds aux questions, ne me laisse pas déstabilisée par le comportement des examinateurs. Le psychologue regarde par la fenêtre, la cadre sup me fixe et la formatrice gribouille sur son carnet de notes. Je reste calme, ils enchaînent les questions, j'enchaîne les réponses. Et c'est enfin terminé. Mes parents ont préparé un petit repas pour mon anniversaire qui finit de dissiper les dernières traces de stress. Je me dis que le concours est terminé, que la dernière ligne droite c'est le bac.

Le coup de téléphone tant attendu n'arrive pas.

Je passe les épreuves du bac, et après une semaine de folie, je sais que les résultats sont pour bientôt. Le vendredi 27 juin, à 10h, j'arrive devant l'IFSI, avec ma maman et mes sœurs. Ma maman recherche mon nom sur la liste principale, je n'y suis pas. Je recherche sur la liste complémentaire et ... en face du rang 29 se trouve mon nom. Je pleure de soulagement, de joie. J'appelle mon papa qui est au boulot. Je saute partout et n'arrive même plus à me canaliser. J'en ai parcouru du chemin depuis l'achat de ce petit bouquin de méthodologie. Il ne me reste plus qu'a avoir le bac. Résultats la semaine suivante. Admise mention assez bien. Soulagement. Je suis prise dans l'école s'il y a suffisamment de désistements. Je croise les doigts et appelle l'IFSI tous les vendredis pour connaître l'avancement du classement. Au début, ça avance bien. Puis pendant trois semaines, ça stagne et l'IFSI ferme une semaine. Je rappelle le mercredi après la réouverture. Et là, très bonne surprise, ils en sont déjà à la 21ème personne. Le vendredi, je décide de les appeler à nouveau. Mes parents me le déconseillent pour éviter de les embêter mais la curiosité est plus forte que le reste et je passe le coup de téléphone. « La prochaine sera la 25ème, vous êtes combien mademoiselle ? » « 29ème ».  Plus que 5 personnes devant moi. Le coup de téléphone tant attendu n'arrive pas. Je rappelle régulièrement, jusqu'au 15 septembre, comme on me l'avait conseillé au secrétariat de l'IFSI. Déception. Ce ne sera pas pour cette année. Mais cette expérience n'est pas un échec. J'ai eu mon concours. Mais le jeu des notes a fait que je n'étais pas suffisamment bien placée.

Je vais donc faire une année de prépa et je le tenterais à nouveau l'année prochaine, en espérant cette fois, être mieux classée et devenir ESI.

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Commentaires (3)

Catekoua

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2 commentaires

#3

Ifsi déficitaires

Moi je ne trouve pas que ce soit jeune 18ans elle est dans l'âge. Mais l'erreur que tu as faite c'est de ne pas chercher d'autres ifsi déficitaires il y en a. Mais c'est sur que tu l'auras. Travail Bcp cette fois encore pour maximiser tes chances

ESI_Gabriel

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1 commentaires

#2

Le prochain est le bon !

C'est sûr que c'est dommage mais tu prend ça comme une expérience pour allez de l'avant et ça c'est bien !
Pour l'âge ça veut rien dire, une fille de mon groupe de l'année dernière est entrée à 17 ans et elle est déjà bien plus mature que certaines de 30 ans ou plus.
Conseil que je peux te donner : inscrit toi à au moins 2 concours ou même plus si tu le peux.

augusta

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72 commentaires

#1

Ce n'est pas un échec....

J'imagine comme cela doit être frustrant de louper l'entrée en IFSI de si peu.
Néanmoins, je pense que 18 ans c'est très (trop) jeune pour intégrer cette formation.
Je te souhaite de passer cette année au mieux afin de réussir le concours, et de gagner aussi en expérience de vie.