EXCLUSIF - 24h avec les infirmiers-pompiers

"Il faut rester humble parce que des échecs dans ce métier, on en vit "(épisode 3) 

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Publié le 10/12/2022

Pendant 24h, nous avons suivi l'une des équipes médicales de la caserne de Ménilmontant, dans le 20e arrondissement de Paris. Un médecin, un infirmier et un ambulancier, qui viennent en aide aux victimes à bord de l’ambulance de réanimation. Découvrez le troisième et dernier épisode de notre série consacrée aux infirmiers pompiers.

 

« Quand on part sur une grosse intervention, on a du stress », assure Rémi, infirmier à la Brigade des Sapeurs-Pompiers de Paris. Le calme est pourtant frappant lorsque lui et son équipe se rendent au chevet d'un patient. Et pour cause : paradoxalement, «dans ce métier, plus on est calme plus on y arrive», sourit-il. Il explique s'appuyer sur les membres de son équipe et sur les réflexes communs appris et répétés au fil des interventions pour encaisser les situations difficiles. En proie à « du stress positif, je pense même qu'on est beaucoup plus efficace». 

Malgré tout, l'infirmier-pompier en convient : « il y a des situations où l'on peut se retrouver figé, mais dans ce cas encore, l'expérience joue énormément. Si on n'était pas en équipe, on gèrerait le stress beaucoup moins bien. Là au contraire, je sais que je peux m'appuyer sur mon ambulancier et sur mon médecin», explique-t-il.

Rémi se rappelle pourtant d'interventions qui ont fait quelque peu monter la pression. «ça m'est déjà arrivé, lors de grosses interventions, de me retrouver un petit peu tout seul, et c'est vrai que les automatismes qu'on a, à travailler en équipe, tout à coup, disparaissent», confie-t-il, reconnaissant que «les choses deviennent alors tout de suite plus difficiles. On gère moins bien notre stress dans ces moments-là, c'est vrai. » 

"Le patient est très algique, on va voir comment on peut l'aider"

A 3h du matin, l'ambulance de réanimation est appelée pour un homme qui s'est luxé l'épaule. L'incident s'est produit durant son sommeil, alors qu'il se trouvait dans son lit. Arrivée sur place, l'équipe médicale tente d'abord de replacer l'épaule du patient en manipulant le bras, mais deux tentatives successives se soldent par un échec. Le patient, qui souffre, demande alors à être endormi afin de supporter les soins.

L'équipe décide de l'endormir, ce qui permet à la troisième tentative de fonctionner : le bras est plus souple, les muscles relâchés, ce qui a facilité la manipulation du médecin. Le jeune homme, à son réveil, ne se sera rendu-compte de rien. «Le médicament qu'on lui a donné a un effet on/off très intéressant», explique Rémi. Finalement, l'objectif est atteint : éviter l'hôpital. Grâce à une attelle artisanale, il pourra terminer sa nuit avant d'aller consulter un médecin, le lendemain. Le jeune homme est particulièrement reconnaissant. 

Les nuits sans intervention sont rares à la caserne. Une nuit sur dix dans les statistiques

Lorsqu'ils ont un peu de répit et qu'ils s'assoupissent, les pompiers gardent sur eux leur «bip» (ou «strada») un petit boîtier fixé à la ceinture qui vibre lorsqu'un appel leur annonce une intervention, et qui a récemment remplacé l'alarme générale : manière de retrouver un peu de calme au sein de la caserne qui vit au son du «ronfleur». Les membres de l'équipe médicale ont alors environ cinq minutes pour rejoindre le véhicule d'intervention. 

Et la nuit, cette fois, sera courte, car un deuxième appel oblige les pompiers à se rendre, cette fois, au chevet d'un homme souffrant d'une douleur thoracique. L'intervention sera relativement simple et l'homme finalement envoyé à l'hôpital pour de plus amples examens. Il est environ 6h du matin quand l'équipe regagne finalement la caserne, bientôt l'heure d'entamer une nouvelle journée au service de la population parisienne. 

Retrouvez le reportage dans son intégralité : 


Source : infirmiers.com