CONCOURS IFSI

Admission en Ifsi en 2019 : nouveau point d'étape

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Formation en ifsi

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Stéphane Le Bouler, chargé de la mission sur l'universitarisation des formations paramédicales et de maïeutique, nous livre quelques éléments qui font aujourd'hui consensus sur la question de l'admission en institut de formation en soins infirmiers à compter de la rentrée 2019 avant que les tutelles ne communiquent de façon plus officielle dans quelques temps.

étudiante, questions

Les modalités pour l'entrée en Ifsi en 2019 se précisent, entre Parcourssup et mesures transitoires.

Le processus d'universitarisation des formations en santé est réellement en action, annoncé comme opérationnel dans toutes les formations et sur l'ensemble du territoire à compter des rentrées 2018 et 2019. Le comité de suivi, installé le 14 mars dernier par Agnès Buzyn et Frédérique Vidal suite aux recommandations de Stéphane Le Bouler, responsable du projet, poursuit son travail avec des points d'étape réguliers. Parmi les premiers objectifs prioritaires faisant l'objet de groupes de travail spécifiques, il y a la simplification des modalités d'admission dans les formations et notamment celle dans les instituts de formation en soins infirmiers.

Si la question de l'admission en Ifsi pour la rentrée 2019 interroge, suite à la troisième réunion du comité de suivi le 15 mai dernier, un certain nombre d'hypothèses font aujourd'hui l'objet, selon Stéphane Le Bouler, d’un très large consensus tant du côté des représentants des étudiants, des directeurs d’établissement, des fédérations d’employeurs, des universités, des régions… L’insertion des formations en Ifsi sur ParcourSup (pour les néo-bacheliers et étudiants en reconversion) se fera, conformément à la loi, en 2019 et sera l’occasion d’une transformation des modalités d’admission. La philosophie générale est de s’appuyer sur l’ensemble des dispositions et propriétés de Parcoursup et de la loi relative à l’orientation et à la réussite des étudiants, avec un très gros effort à faire sur la représentation de la profession, sur la préparation de l’orientation, qui concerne à la fois les lycéens et les équipes pédagogiques du lycée (dont les liens devront considérablement se resserrer avec les équipes des Ifsi) de façon à utiliser au mieux les propriétés et les outils du dispositif Parcoursup (projet d’orientation motivé de l’élève, avis eux aussi motivés des équipes du lycée…) souligne le chargé de mission.

L’insertion des formations en Ifsi sur ParcourSup (pour les néo-bacheliers et étudiants en reconversion) début 2019 est actée et sera l’occasion de transformer les modalités d’admission.

Le Comité d'Entente des Formations Infirmières et Cadres (Cefiec)  qui fait partie du groupe de travail a notamment présenté nombre de préconisations qui mettent en lumière de saines et légitimes interrogations. Qui veut-on accueillir dans cette formation en soins infirmiers ? A quels motifs d’intérêt général veut-on répondre ? Comment prendre en compte l’hétérogénéité des établissements secondaires dans leur façon d’évaluer ? Comment évaluer des compétences telles que l’empathie sur le dossier scolaire ? Stéphane Le Bouler poursuit, les conditions d’admission dans ce même calendrier pour ce public se feront donc sur dossier dès 2019, avec possibilité d’un entretien optionnel. Le Cefiec de son côté s'interroge : l’oral d’admission doit-il être maintenu ? Il permettrait, certes, de disposer d’un regard de professionnels sur le candidat, sa représentation du métier, son bagage en termes de connaissances théoriques, ses capacités relationnelles et comportementales, mais pourrait également dépendre de la robustesse de la procédure d’examen des dossiers.

De plus, le Cefiec souligne que le rôle des Ifsi doit à l’évidence être maintenu dans le processus d’admission, car ils sont garants du regard métier. Stéphane Le Bouler ne dit pas le contraire, les équipes au sein des Ifsi seront bien entendu, comme cela vaut dans toutes les formations, en première ligne pour l’examen des dossiers de candidatures, qu’il faudra organiser sur un périmètre géographique pertinent pour un maximum d’efficacité et d’efficience comme cela se fait déjà dans un certain nombre de territoires où les Ifsi se sont regroupés pour gérer les actuels concours.

Les néo-bacheliers constituent environ 20% des étudiants en IFSI (âge moyen d’entrée en IFSI : 23,3 ans), auxquels s’ajoutent un petit tiers d’étudiants ayant fait une préparation au concours après le bac. La diversité des recrutements est essentielle à maintenir selon le Cefiec.

Autre réalité, la grande hétérogénéité des parcours candidats au concours infirmier. De fait, souligne Stéphane Le Bouler, les voies classiques d’admission pourraient être maintenues dans un premier temps pour les professionnels en reconversion ou en promotion professionnelle (aides-soignants). Un travail va être conduit sans délai sur ce sujet mais les choses peuvent être dissociées par rapport à l’évolution concernant les néo-bacheliers. Quid des candidats ayant fait une préparation au concours ? A titre transitoire, une possibilité d’admission classique par concours pourrait être maintenue en 2019 pour ceux qui auraient fait une préparation en 2018-2019 ou antérieurement. Alternative : cette préparation pourrait être valorisée dans une admission sur dossier explique le chargé de mission.

La participation constructive de l'ensemble des acteurs concernés, et en premier lieu les représentants des étudiants, des écoles et des instituts, des universités et des régions, est plus que jamais nécessaire

On le constate donc, de nombreuses questions techniques attachées à ces différentes pistes se posent donc maintenant. Stéphane Le Bouler poursuit, elles seront traitées dans des formations de travail restreintes mises en place dans les prochains jours sur, par exemple, la rédaction des attendus, l’élaboration des procédures d’examen des dossiers, l’élaboration de dispositifs de consolidation des acquis… Une fois que tous ces éléments auront été instruits, les ministres auront l’occasion de communiquer sur ce sujet et sur les autres chantiers, notamment celui de la qualification des enseignants-chercheurs, via la création de sections du Conseil national des universités.

Pour mémoire, à l'occasion des 73e Journées nationales d'études du Cefiec qui se dérouleront à Strasbourg début juin , une « Tribune formation en santé et université » réunira le 6 juin Martine Sommelette, présidente du Cefiec, Stéphane Le Bouler, Isabelle Richard, conseillère santé auprès du MESRI (ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation) , Ludivine Gauthier, présidente de la Fnesi (Fédération nationale des étudiants en soins infirmiers) et Jane-Laure Danan, présidente de Fine Europe (European Federation of Nurse Educators). Nous y serons également pour en rendre compte.

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Bernadette FABREGASRédactrice en chef Infirmiers.combernadette.fabregas@infirmiers.com @FabregasBern

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Commentaires (9)

Wendyths

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#9

Comment fait-on quand on a quittée l'école?

Bonjour,
Je suis diplôme du BAC PRO ASSP en 2014 et je n'est pas continuer l'école. Je souhaiterais rentré à l'école d'infirmière mais du coup comment ça se passe? Pour parcoursup
Merci

Bernadette Fabregas

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255 commentaires

#8

Les dernières informations pour répondre à vos questions

- https://www.infirmiers.com/actualites/revue-de-presse/pour-cefiec-desormais-poursuivre-travail.html

- https://www.infirmiers.com/concours-ifsi/concours-ifsi/les-ifsi-font-un-pas-de-plus-vers-l-universite.html

Bonne lecture et bien à vous

Clomnt

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#7

Concours infirmière

Bonjour,
Je voudrais savoir si c’est nécessaire de faire une préparation aux concours d’infirmier à la rentrée 2018 même si il n’y aura plus de concours à partir de 2019?
Et je voudrais savoir également qu’elles sont les conditions d’admission pour intégrer un ifsi à la rentrée 2019 ?
Merci d’avance !

PP47

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#6

et si on n'a pas le bac ??

Quid de ceux qui n'ont pas le bac ? Jusqu'à présent existait la possibilité de passer des épreuves de pré-sélection - sous réserve d'avoir 3 ans d'activité dans le médico-social - et qui donnaient la possibilité de présenter le concours d'infirmière sans bac.

Je ne crois pas non plus à l'efficacité des algorithmes de type parcours-sup. C'est toujours la prime à "l'élite"....

Fanette77

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#5

Et pour les AS ..

Je suis AS , quelle réforme est prévue si nous voulons évoluer dans notre carrière ??

Jul2669

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#4

Fausse bonne idee

Supprimer le concours ? Une bonne idée ? La solution ? À quoi ???
Aujourd hui le concours permet de se préparer, de valider son projet professionnel. Permet à chacun d'agir sur son résultat.
Demain : des dossiers scolaires certes. Puis un algorithme pour retenir "les meilleurs" ? Ou ceux qui seront les meilleurs professionnels de demain ?

Mon Dieu... qui va prendre soin de nous demain ???

Marie 65

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#3

La démarche praxéologique et inductive des soins infirmiers

La compétence infirmière est une somme de démarches praxéologiques, dans une démarche inductive des apprentissages, c'est à dire de la pratique vers la théorie, du concret vers l'abstrait, ce qui doit amener l'infirmier(ère) à se poser la question : qu'est-ce qui fait que ce que je fais en termes de soins, et qui n'est pas dans les protocoles scientifiques établis, fonctionne ? Je prendrais comme exemple pour éclairer mes propos, l'utilisation d'asticots pour nettoyer les plaies atones et infectées. Je sais qu'il y a une unité de soins où ce protocole est utilisé avec succès.

Marie 65

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#2

Universitarisation des études d'infirmière

Depuis 2009, a démarré l'universitarisation des études d'infirmière dont le diplôme d'Etat rentre dans le processus LMD européen. Voilà déjà une bonne chose dans la reconnaissance des professionnels et de leurs compétences.

Pour avoir un Master 2 en sciences humaines et sociales spécialité enseignement et formation, le Diplôme d'Etat infirmier ressemble, en terme de contenu, plus à une licence professionnelle qu'à une licence en santé étant donné que les savoirs théoriques sont nettement moindres que pour les autres carrières de santé qui doivent passer par la PACES qui, elle, est une Licence.
C'est là, je trouve, qu'il a une problématique dans pour la poursuite d'études après le DE infirmier. En effet chacun sait qu'en France le diplôme a plus de valeur que le mérite et la compétence professionnelle par rapport aux acquisitions théoriques. Les étudiants issus d'une licence professionnelle ont peu, voire aucune chance de pouvoir intégrer un Master si celui-ci n'est pas pro et, encore moins un doctorat qui demande des savoirs académiques en recherche qui ne sont pas enseignés en Master pro, puisque ce niveau d'étude n'ouvre que sur la voie professionnelle et non la recherche.

C'est pour cela qu'en l'état actuel des choses, je ne trouve pas très clair les positions d'universitarisation sur curusus infirmier. Avant de se lancer dans l'universitarisation à tout va sans trop savoir où l'on va, il serait peut-être opportun d'évaluer les savoirs théoriques nécessaires pour exercer comme infirmière, puis, de réfléchir à ceux à acquérir pour poursuivre des études dans certains domaines des sciences de la vie et de la santé ou en sciences humaines et sociales. C'est donc se poser la question quelles compétences sont nécessaires aux étudiants en soins infirmiers , dans un cursus LMD, qu'ils s'arrêtent au DE ou poursuivent par la suite des études santé. Faut-il intégrer la 1ère année d'infirmière à la PACES de façon a acquérir les savoirs théoriques en biologies humaines

Allo?_pital_?

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#1

De qui voulons nous dans la profession ?

Vaste question !

Le dossier scolaire c'est très bien, cela valide un minimum de connaissances commun à tout les bacheliers et une certaine assiduité mais les exigences et les niveaux de notations sont très variant d'un lycée à un autre... et le Bac... c'est le minimum vital pour aller plus loin...

Le concours en l'état actuel demande beaucoup de travail et à le mérite d'exiger un approfondissement des thèmes sanitaires et sociaux actuels (Culture sanitaire que l'on garde toute sa carrière professionnelle), de poser clairement ses motivations, de connaitre la formation et le métier dans lesquels on s'engage... savoir exactement où ont met les pieds.

Les profils des infirmièr(e)s sont très divers et complètement utile dans les équipes et à la profession tant elle est diverse et en constante évolution. Chacun amène quelque chose, mais le "socle" commun de départ reste la motivation, la capacité de travail, la bienveillance, la rigueur, la gestion de crises (et de son stress), le sens du service public... Une infirmière qui se contente d'être simplement une exécutrice de la prescription médicale, sans réflexion, sans expertise clinique, sans engagement... c'est un boulet dans une équipe et ce sont les patients qui en font les frais...

Les dernières réformes tendent à ouvrir grandement la profession (d'où un taux élevé d’abandon des études) , enlever les barrages et les sanctions en cas d'échec (Plus de MSP, de redoublement si les notes suivent pas, validation des compétences non validées en stage en ateliers à l'IFSI, etc...) , théoriser au détriment de la pratique... Bref, on arrive a des infirmières qui parlent anglais et sont très bonne en théorie... mais bon au quotidien... la théorie...

“La théorie, c'est quand on sait tout et que rien ne fonctionne. La pratique, c'est quand tout fonctionne et que personne ne sait pourquoi. Ici, nous avons réuni théorie et pratique : Rien ne fonctionne... et personne ne sait pourquoi !”

Albert Einstein