EMPLOI

2014 - Emploi infirmier rime avec chômage et précarité

par .

Un article du Télégramme intitulé « École infirmière. « Il y a du boulot ! » », qui indique que le taux d'insertion des jeunes diplômés infirmiers bretons est très élevé, n'a pas manqué de faire réagir la communauté dont les commentaires sont sans appel : la situation n'est pas si rose que cela...

courbe du chômage en France

En 2014, les jeunes diplômés infirmiers peinent à trouver un emploi stable

Un article du Télégramme publié le 21 octobre 2014 relayé sur nos réseaux sociaux évoque un taux d'insertion professionnelle s'élevant à 97 % pour les infirmiers bretons et indique que plus de 80 % des diplômés restent dans la région pour travailler, des chiffres contestés par la communauté qui n'a pas manqué de s'exprimer sur Facebook et sur le forum d'Infirmiers.com pour donner sa version des faits...

Du chômage dans (presque) toutes les régions

Selon les différents témoignages recueillis sur Facebook et sur le forum d'Infirmiers.com, aucune région - ou presque - n'est épargnée par le chômage. Karina Durand, ancienne présidente de la Fédération nationale des étudiants en soins infirmiers (Fnesi) s'insurge d'emblée : ce n'est pas beau de se voiler la face et de mentir à des jeunes en recherche d'avenir.... Rappelons que cet été, la Fnesi pointait du doigt le chômage et la précarisation de l'emploi infirmier.

Ainsi, dans le nord de la France, Mathilde, diplômée en juillet 2014, explique je suis toujours en recherche d'emploi et ce n'est pas faute d'être mobile. Je postule dans le Nord, le Pas-de-Calais, la Somme, la Picardie et la Haute-Savoie. De son côté, Sandra souligne que dans le Nord-Pas-de-Calais, il faut un an et demi, voire deux ans de CDD (contrat à durée déterminée) pour se voir proposer un CDI (contrat à durée indéterminée), à condition d'avoir la chance d'être en CDD. Les hôpitaux et cliniques profitent de l'offre pour  proposer des contrats de quelques jours par ci, par là.... Le constat est le même pour Fraisette59 qui a d'abord été prise en CDD, fait un peu d'intérim et effectue désormais quelques vacations.

Dans l'est de la France, M'anDine, diplômée depuis juillet et elle-même au chômage, souligne qu'en Franche-Comté, le travail manque terriblement. Même en intérim, trouver un emploi dans cette région s'avère difficile. Lor'n, originaire de Lorraine, a dû se résoudre à quitter sa région pour trouver un emploi. Quant à Lilia, diplômée également en juillet, elle peine à trouver un poste à Nancy.

Il n'y a pas de postes pour les jeunes diplômés qui veulent s'insérer à long terme et le CDI est très loin

Du côté de l'ouest de la France, Marine, de Nantes, affirme qu'il est compliqué de trouver un poste après l'été. Il n'y a pas de postes pour les jeunes diplômés qui veulent s'insérer à long terme et le CDI est très loin, déplore-t-elle. Quant à Camille, originaire de Bretagne, elle raconte : J'ai fait mes études à Paris. Une fois mon diplôme en poche, j'ai décidé de revenir travailler en Bretagne. Malheureusement, à part un CDD d'un mois, je n'ai rien pu trouver d'autre. Et tous les "pistons" n'aident pas forcément. Résultat, je suis a présent obligée de retourner à Paris. Tous les hôpitaux et les professionnels hospitaliers que je connais le disent : pour le moment il ne faut pas espérer travailler en Bretagne. C'est ultra bouché !.

Castle509, diplômée depuis juillet 2014, indique : j'ai effectué un remplacement d'été en réanimation médicale. L'expérience était enrichissante, du coup, j'ai eu envie de continuer dans cette voie, mais je n'ai rien trouvé, ni même dans d'autres services d'ailleurs. Me voilà aujourd'hui inscrite dans deux agences d'intérim. J'ai envoyé pas mal de candidatures spontanées restées sans réponse. Je me suis donc inscrite à Pôle emploi, une première pour moi !. uij_54936 constate qu' en Bretagne, le nombre de postes vacants pour les infirmières a toujours été faible et ceci bien avant l'apparition du chômage infirmier ; ce sont énormément de CDD qui sont proposés en ce moment aux jeunes ou plus anciennes IDE. Restriction budgétaire pour les embauches de soignants, fermeture de lits, fusion des services, non remplacements de tout les départs en retraite, gestion du personnel à court terme sont les raisons pour lesquelles le marché de l'emploi pour les infirmières se précarisent.

Il y a « de moins en moins d'offres d'emploi globalement en France. Il faut arrêter de croire qu'il y un surplus de postes concernant cette profession car certains étudiants passent les concours pour s'assurer d'avoir un job à la sortie

Les infirmiers du sud de la France sont eux aussi touchés par le chômage. brebs, qui se trouve dans le Var, constate qu'il n'y a pas grand chose... C'est la crise, du coup j'ai décidé de reprendre mes études. A Marseille, Tiphaine affirme qu'il y a de moins en moins d'offres d'emploi globalement en France. Il faut arrêter de croire qu'il y un surplus de postes concernant cette profession car certains étudiants passent les concours pour s'assurer d'avoir un job à la sortie. Scampi38 cherche actuellement un poste à Toulouse et explique : j'ai été diplômée en 2012, et j'ai eu la chance de trouver un poste tout de suite mais parce que j'acceptais de faire de l'EHPAD. J'ai adoré ça, et puis j'ai eu envie de changer un peu... J'ai quitté Lyon et mon poste, pour Toulouse et... le chômage !! J'ai envoyé mes premières candidatures en mai 2014. Je n'ai eu que des retours négatifs donc j'ai laissé passer l'été, et là , ça fait un mois et demi que je postule partout sans rien trouver ! Même pas de vacations... Mes lettres de motivation commencent à sérieusement ressembler à quelque chose du genre "peu importe le service ou les amplitudes horaires, je suis prête à aller n'importe où du moment que vous me payez". J'en suis à envoyer des candidatures spontanées en EHPAD (oui oui, j'ai déjà épuisé le stock de toutes les cliniques et hôpitaux...) alors que je voulais changer de spé....

En ce qui concerne l'Île-de-France, les témoignages sont bien peu nombreux et plutôt mitigés. bcelt, qui fait de l'intérim à Paris, explique si je veux, je peux bosser sept jours sur sept, il y a du boulot... Mais c'est à Paris.... Quant à Damdou, il souligne j'ai eu beaucoup de chance, je suis à l'Assistance Publique-Hôpitaux de Paris depuis deux ans et titulaire, mais je suis l'un des derniers... Maintenant, l'AP-HP, ne recrute plus et certains services ne tournent qu'avec des intérimaires.  Limbe a été stagiarisée en court et moyen séjour en banlieue parisienne peu après avoir été diplômée. Je ne dois rien à l'hôpital, j'ai fait comme tout le monde : CV et lettre de motivation, et j'ai revu mes prétentions à la baisse....

Certains infirmiers fraîchement diplômés doivent effectuer des remplacements aides-soignants, faute de mieux. D'autres encore partagent leurs missions d'intérim pour que chacun « puisse manger.

Des contrats précaires

Comme l'ont relevé plusieurs infirmiers, en plus du chômage, les contrats proposés sont la plupart du temps à durée déterminée et contribuent ainsi à la précarité de la profession. Pour débuter, ces contrats peuvent s'avérer enrichissants, mais ne permettent aucune stabilité sur le long terme.  Marine64, diplômée depuis juillet 2014, enchaîne les CDD de courte durée depuis deux mois comme la majorité de ses collègues de promotion. Malthynea a elle-aussi trouvé un CDD de deux mois après l'obtention de son diplôme en juillet, mais est au chômage depuis mi-septembre. Chloé précise : oui, des CDD de deux mois il y en a pendant les vacances, et après ? J'ai envoyé trente CV et lettres de motivation et n'ai obtenu que des réponses négatives !.

Cette pénurie de postes engendre, comme on peut l'imaginer, des situations parfois très inconfortables, comme c'est le cas pour Rébecc@ qui explique diplômée depuis juillet 2014, j'ai travaillé trois mois en maternité/chirurgie jusqu'à fin septembre. Bonne expérience, ma cadre et cadre sup étaient contentes de moi, mais hélas, il n'y a plus de place pour le moment. La cadre sup m'a appuyée auprès des RH pour être sur le pool de remplacement. Du coup, depuis début octobre, je fais des jours ou des nuits en 12 heures lorsqu'il y a des besoins. On me catapulte sans être doublée, et du coup ce n'est pas facile car je me retrouve devant certains soins spécifiques que je n'ai parfois jamais vus ou peu pratiqués.... Certains infirmiers fraîchement diplômés doivent effectuer des remplacements aides-soignants, faute de mieux. D'autres encore partagent leurs missions d'intérim pour que chacun « puisse manger ».

Les infirmiers en poste depuis quelques années l'ont bien remarqué, la situation était tout autre il y a à peine quatre ans lorsque avoir son diplôme rimait avec stabilité professionnelle. Aujourd'hui, de nombreux jeunes diplômés doivent accepter des contrats courts offrant peu de perspectives ou chercher du travail dans une autre région, voire un autre pays, sans pour autant être assuré que l'avenir sera meilleur.

N'hésitez pas vous aussi à rendre compte de la situation et des problèmes rencontrés dans votre région en commentant l'article.

Creative Commons License

Aurélie TRENTESSE  Journaliste Infirmiers.com aurelie.trentesse@infirmiers.com @ATrentesse

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envie de changer de poste

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Commentaires (19)

delphineb

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#19

s'organiser !

Je pense qu'il est nécessaire que les professionnels s'organisent, notamment par le biais des syndicats.
Les syndicats sont un outil, qui permettent l'organisation de la profession mais surtout ils sont se que nous en faisons !
Les paramédicaux ont besoin de personnes combatives, prêtent à passer du temps pour défendre nos droits et revendiquer nos intérêts ! Aussi, c'est l'ensemble des professionnels qui doit se soulever et relever la tête !

Je pense que diminuer le nombre de nouvelles IDE ne fera que déplacer le problème, certes il existera plus de places pour les diplômé(e)s mais que deviendront les personnes qui souhaitent faire ce métier ? Cela n’empêchera pas la diminution du nombre de postes dans les services et n'améliora pas les conditions de travail !

En ce qui concerne le faite de s'expatrier pour des raisons de chômage en France (se qui est compréhensible), c'est fuir le problème, le décaler. Vous changerez à nouveau de pays quand dans celui ci il n'y aura plus de postes IDE ?

dj-k18

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#18

Ras le bol!!!

Il y en a marre de cette situation!
"infirmier dévoué", "infirmier= obligation de soin", " infirmier= conscience professionnelle++" .
Il a bon dos l'IDE!

Diplômé en 2013, j'ai tout de suite commencé à travaillé par un remplacement d'été. A la fin de l'été, il a fallu quitter la bretagne pour continuer à travailler: chose faite.
Cet été, retour en Bretagne après une proposition de contrat CDD
dans un hôpital breton.
Début Octobre: merci d'être venu, au revoir
Depuis plus rien.
Comme si cela ne suffisait, vive la galère pour toucher un revenu de chomage!
Il va falloir que ca change!!!

KaiserWodan

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#17

Précarité, glissement de tâches...où va-t-on?

Il est évident que le patronat ne s'est jamais aussi bien porté!! Avec 3millions et demi de chômeurs en France et des filières d'études dans lesquelles on continue à envoyer des jeunes au casse-pipe en sachant pertinemment qu'il n'existe pas de débouchées professionnelles concrètes à l'issue (y compris dans les IFSI), il est clair que le système se fout de notre gueule!
Pourquoi les médecins sont-ils soumis au numerus klausus en sortie de fac de médecine et pas les paramédicaux? Je vis dans le Sud où on regorge d'IDE libéraux, et à côté de ça il existe des régions rurales où personne ne veut aller, et où l'Etat n'incite personne à s'installer...
Perso je travaille depuis près de 10 ans dans un gros service de réa (Trauma Center départemental), à raison de 42 heures par semaine, avec 1 weekend sur 2 à l'hôpital... et je suis royalement payé 10€ de l'heure brut, soir 9,40€ net de l'heure.... quand on voit la rémunération d'une femme de ménage à domicile (les responsabilités en moins), on a envie de lâcher la seringue pour prendre la serpillère....

Nous sommes tous responsables de cet état de fait, notre corporation de métier ne sait pas s'organiser, l'Ordre des Infirmiers a tout le mal du monde à recruter des adhésions et l'Ordre des Médecins freine des quatre fers pour ne pas voir un "contre-pouvoir" se mettre en place... comprenez bien que le corps médical est un lobby puissant (il suffit de voir le nombre de députés de l'Assemblée Nationale qui sont des toubibs ou qui ont des intérêts avec des labos) qui a tout intérêt à ce qu'on fasse une partie de son boulot à sa place pour un salaire dérisoire.... la précarité existe bel et bien, mais nous l'avons voulu en ne faisant rien.

En ce qui me concerne je quitte bientôt le pays pour une contrée où mes compétences seront reconnues à leur vraie valeur, à commencer par la reconnaissance salariale.

Le navire coule, vous avez encore l'opportunité de quitter les lieux plutôt que d'écoper l'océan à la cuillère à café...

uij_54936

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#16

Chômage en hausse

Je suis d'accord avec l'ensemble des commentaires ci-dessous.

Coupes budgétaires dans les hôpitaux et cliniques, fermetures de lits, non remplacement des départs en retraite, restructuration de service, budget en baisse vu que l'on est à la fin de l'année donc cela se traduit par une grosse diminution des embauches!!
d'où l'apparition du chômage IDE dans plusieurs régions.
Cela dure depuis 2 ans déjà.

léalisa

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#15

solution ?

Est-ce que le solution serait de se spécialiser (je vois défiler pas mal d'offres de directrices de crèche, d'IBODE et d'IADE) et de partir à l'étranger (le québec recrute à tour de bras tous les ans, d'ailleurs journééquébec sera présent à paris début novembre) ?

futur4-

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#14

la donne a changee

Bonsoir, je suis infirmier depuis 2011, j'ai tout d'abord commence par un CDI sur Paris (on me payais même la 3e année d’études). Puis j'ai démissionne et je suis partis sur Grenoble, CDD pendant 6 mois en Médecine interne, puis Stagiairisation et titularisation.
depuis un an je suis en Réanimation.

Il y a quelques mois j'ai voulu travailler plus, pour gagner plus d'argent: je suis allé voir les cliniques de la région grenobloise. les 3 m'ont rapidement répondu et après un bref entretien, je suis aussi pris en tant qu'infirmier dans les 3 structures.
Oui mais pour des remplacements ponctuels.

Ce qui a change? c'est qu'avant on prévoyait un nombre d'agent qui permettrait de couvrir également les périodes de vacances.
Et aujourd'hui pendant les vacances d'un titulaire on prend des intérimaires au direct (même plus par des agences d’intérims)

Les voila les postes que certains n'ont pas, la clinique ne me paye pas lorsque je suis malade (je suis un CDD de 1 ou 2 jours par mois...), pas de grossesse. ces petites sommes sur plusieurs infirmiers font de l'argent, il n'y a plus de petites économies, que ce soit dans le prive ou le public.

On voit de plus en plus d’intérimaire venir dans des CHU faire des remplacements, ça c'est inadmissible, mais ça traduit aussi la vague d’arrêts intempestifs de ceux qui n'aiment pas leur planning, qui veulent juste faire chier le système.
L’état et nous, soignants sommes concernés, c'est pas que l’état ou la clinique ou le CHU qui est e,n faute, c'est une faute partagée.

Autre point à prendre en compte. L’âge de la retraite recule...
et effectivement il y a baisse des effectifs.

un secteur n'est pas saturé: PARIS... il y a un manque cruel d'infirmiers

dino

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#13

On n'a pas tout vu, les p'tits loups...

...les coupes budgétaires, le chômage infirmier, le chômage tout court... et si l'urgence était de redevenir un citoyen à part entière en arrêtant déjà de valider les politiques qui organisent la casse du système de soins ?
Tout le monde déplore la semoule dans laquelle on patauge mais surtout on ne change rien...

Virgin42

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#12

CDD +++

Je travaille pour un CH public dans la Loire depuis 4 ans.
Depuis 4 ans je signe des CDD de 3 mois.
La politique actuelle est de supprimer des postes.

Par chance je suis depuis le début sur un poste vacant donc je n'ai jamais eu à remplacer dans d'autres services.

Si je suis enceinte, le contrat n'est pas renouvelé lors du congé mater. Heureusement qu'ils disent s'engager à à te reprendre à la fin du congé mat.
Voilà 4 années que je me spécialise dans mon service : la psychiatrie. Si je tombe enceinte, peut-être me reprendront-ils en chir. après mon congé mat.

De la polyvalence pour une meilleure mobilité....

BREF : Bon courage aux nouveaux diplômés !

delphineb

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#11

La faute à ...

Quel rapport avec le "nouveau" référentiel ???

Vous ne pensez pas plutôt que cela est dû aux faites que :
Les coupes budgétaires dans la fonction publique hospitalière ne cessent de croître.
Les départs à la retraite ne sont pas remplacés, les équipes sont réduites peu à peu, certains services ferment et d'autres sont remaniés avec suppressions de postes à la clef ...!

Toutes les professions salariales sont touchées par le chômage.
Toutes les professions salariales n'ont pas de "nouveau référentiel".
Les professions paramédicales n’échappent et n'échapperont pas à la logique de rentabilité.

loulic

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#10

canard

C'est le télégramme, pas médiapart.

Faut prendre cet article pour ce qu'il est (un publireportage, peut être sur commande), et faire le deuil de la presse d'investigation dans la PQR.

elpierro

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#9

Aucun rapport

Pour finir je voudrais réagir aux propos de "j.pierroT" :
Faire un parallèle entre la situation de l'emploi IDE et la "nouvelle" réforme (qui en est tout de même à sa 6ème année) est complètement incohérent. Quel est le rapport ???
Qui êtes vous pour juger du niveau de vos collègues issus de cette formation ? Vous dites "LES" services, vous avez donc un œil partout et êtes en mesure de vous faire un avis définitif sur la valeur de la formation d'aujourd'hui ?
Surtout qu'à prioris, le taux de réussite est loin d'avoir augmenté (je n'ai pas les chiffres mais je ne crois pas que le taux de réussite soit supérieur depuis que la nouvelle formation est en place). Et cela ne suffirait de toutes façons pas à expliquer la situation.
Franchement la pratique de recrutement dont vous parlez est consternante si c'est avéré et vous la soutenez.
Par les temps qui courent, une certaine solidarité devrait être la règle au sein de notre profession. Force est de constater que ce genre de commentaire fait tout l'inverse.

elpierro

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#8

Plein emploi mon œil

Publier un tel article dans un quotidien est scandaleux. L'attitude du journaliste ou de ces sources est irresponsable car le contenu est mensonger.

Je ne peux que confirmer de mon côté qu'en Bretagne la situation est catastrophique.
Diplômé depuis l'été 2012, j'ai été pour ma part plutôt épargné en ne signant "que" 3 ou 4 CDD avant d'être stagierisé depuis Juin dernier (c'est à dire au bout de 2 ans en tant que contractuel). Et il faut bien remarquer que lorsqu'on enchaîne les CDD, même de 3 mois, notre situation reste "précaire".
Pour la majorité de ma promotion ça n'a pas été la même chanson : la plupart ayant été non renouvelés apres un contrat d'été de 2 ou 3 mois. Nombreux étaient ceux qui multipliaient les lettres de motivation à l'automne 2012, qui enchaînaient de petites missions d'une semaine en interim parfois à l'autre bout de la région... Ceux qui s'en sont le mieux sortis a l'époque sont ceux qui sont montés sur Paris. A l'heure où je vous parle je sais que plusieurs sont au chômage malgré une recherche active d'un emploi.

Et la situation ne semble pas s'améliorer bien au contraire. Il n'y a qu'à voir la situation dans divers hôpitaux bretons : fermetures de services, suppressions de lits, suppressions de postes de soignants...

Bref, l'article en question est a des années lumières de la réalité.
Que dire du témoignage de la personne qui dit que la majorité travaille dans le service qu'il a "choisi"... Ca n'est pas mon cas et ca n'est pas celui de la grande majorité des jeunes infirmiers que je connais.

Le plus inquiétant dans l'histoire c'est de n'observer aucune diminution des admis au concours IDE dans les IFSI des régions touchées. A quoi est due cette passivité ? Nous allons droit dans le mur !

jercha

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#7

N'importe quoi

Ca me fait toujours rire de voir les commentaires "anti nouvelle réforme"! Sur quoi vous basez vous pour parler d'un niveau plus faible ?? Ce dédain pour les nouvelles réformes de la part d'infirmier plus ancien est ridicule! Votre référentiel a vous avait surement été dénigré par vos tuteurs à l'époque de vos études, quel conservatisme de la part d'une personne effectuant un métier en perpétuelle évolution!
Alors que vos stages se validaient avec des MSP inégalitaires d'un stagiaire à l'autre, sur un soin, pendant un temps donné, nous avons du validés nos stages en étant évalué chaque jour, par des infirmiers qui parfois ne nous considérait pas sous prétexte que nous dépendions d'une autre réforme!
Alors certe cette réforme à ses défauts, mais son plus gros défaut est surtout d'être malconnu des anciens IDE!
Et pour info, sur ma promo nous avons commencés à 150 pour finir à 80 diplômés ! Certains découragés par le niveau exigé, et oui! D'autres recalés aux partiels difficiles..

j.pierroT

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#6

origine ? nouveau référentiel ?

Et si tous ça été à cause du nouveau référentiel ?

Quel est le taux de réussite avant et après le nouveau référentiel ??

Car on le voit bien dans les services que le niveau "requis" n'est plus du tout le même, avec une certaine baisse. Donc si il y a moins d'étudiant de "recalés", il y a en a plus qui sont diplômés, et donc moins de poste à pourvoir.

Mon cadre ne veut pas faire de CDI au nouveaux diplômes en première intention, car pour lui, le diplôme n'est plus aussi exigent selon lui (et moi aussi). Et si l'IDE est bon, on lui propose un CDI, sinon on le laisse en CDD jusqu'à un meilleur IDE.

SolinePink

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#5

Je suis d'accord.

Confirmé de ma part aussi.
Diplômée depuis 2011, j'ai commencé par un CDI sur Paris.

J'ai quitté ce poste en 2013 pour des raisons privées et depuis c'est la ga-lè-re.
Interim, vacations, promesses d'embauches jamais validées, appels réguliers à 5h30 pour prise de poste à 6h30 ou 17h30 pour 18h30 ... Changements réguliers de planning, annulation à la dernière minute... découverte d'ehpad avec une centaine de patients à gérer...
J'ai emménagé en Haute Savoie où la difficulté de retrouver un travail a repris. J'ai envoyé des lettres, des mails ... le tout sans réponses ou des refus.
J'ai fini par me présenter moi même aux accueils des cliniques avec mon CV à la main. Et j'ai eu un CDD à temps partiel.

C'est rageant de se dire que ce n'est plus comme avant, comme quand j'ai commencé. A l'époque ( et pourtant c'était hier ), j'avais envoyé dix lettres dans dix endroits différents et j'avais reçu 10 propositions de postes/entretiens d'embauches.

anne.L57

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#4

Difficile de trouver un emploi stable

Je suis de Moselle et ne peux que confirmer. Fin 2012, mon CDD en EHPAD n'a pas été renouvellé (à quelques jours de Noël), je me suis donc retrouvée chez Pole emploi, le choc pour moi, après 3 mois de recherche et 50 candidatures envoyées plus une dizaine en Allemagne (étant bilingue, mais là aussi c'est bouché), j'ai trouvé un remplacement en intérim pour 6 mois dans une entreprise (santé au travail), puis contractuelle à l'éducation nationale (pour un salaire de misère) et maintenant à nouveau en intérim en santé au travail (qui je l'espère se transformera en cdi début 2015). Les quelques postes que l'on peut trouver sont bien souvent de l'extra hospitalier. Perso j'ai dit adieux à la pratique hospitalière!
Je précise que suis diplomée depuis 4 ans et demieet jamais eux de cdi!

ClemenceMedacs

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#3

Un mal pour un bien...

Heureusement qu'il y a possibilité de s'expatrier pour bosser au royaume uni etc. !

keke57000

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#2

Triste réalité !

Et pourtant, ils ne penseraient pas a diminuer le nombre de place aux concours et dans les écoles !!!

mykolechoco

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#1

précarité c'est sûr!

Les employeurs en profite pour baisser les salaires!!
Jeune diplômée j'ai trouvé un cdi mais payé 200 euros de moins que ma collègue embauchée (jeune diplômée elle aussi) 1 an avant moi. Résultat 1290 €/mois après 3 ans d études et surtout avec les responsabilités que nous avons c'est une honte!!! Alors je cherche ailleurs dans un rayon très large de Nancy mais aucune réponse.
Je confirme que la région Lorraine est saturée!