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En 2017, le salaire des IBODE revalorisé

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Conseils emploi

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C'est le Baromètre des métiers de la santé 2017, le 7e du nom, qui le dit : en matière de salaire, les infirmiers diplômés d’état (IDE) ont gagné 2253 euros bruts mensuel en 2017, ce qui correspond à une augmentation de 1,5 % par rapport à l’an dernier. En parallèle, les spécialités de blocs opératoire (IADE et IBODE) sont les professions paramédicales qui ont bénéficié de la revalorisation salariale la plus importante cette année. 

croissance des salaires infirmiers

Les salaires infirmiers ont progressé cette année avec une hausse de 1,5 %

Les infirmiers de blocs opératoire (IBODE) ont bénéficié en 2017 de la plus importante augmentation de salaire (+3,7%) parmi les 13 professions paramédicales analysées lors de la septième édition du baromètre de l’Appel médical1. Les infirmiers anesthésistes (IADE) arrivent en seconde position avec une revalorisation salariale de 3,6%.

De manière générale, les infirmiers ont touché un salaire moyen un peu plus élevé en 2017 par rapport à l’année précédente. Passant de 2219 euros brut en 2016 à 2253 €, les infirmiers ont vu leurs rémunérations s’accroître de 1,5 %.

La règle imposant qu'un intérimaire soit rémunéré au même niveau qu'un salarié titulaire garantit une bonne représentativité des salaires mis en évidence dans ce Baromètre de l’Appel Médical

Une évolution conséquente dans la fonction publique

Si les infirmiers gagnent un peu plus en 2017, on constate des disparités en fonction du mode d’exercice. En effet, l’augmentation de salaire est remarquable dans la fonction publique avec une hausse de 3,3% contre 0,7% dans le privé et 0,6% dans l’associatif. Toutefois, les professionnels travaillant dans ce milieu restent les mieux rémunérés avec 2307 € de salaire moyen brut contre 2231 € dans le privé et 2224 € dans la fonction publique.

Toujours selon l’Appel Médical, la baisse du nombre de candidats au concours d’entrée en Instituts de Formation de Soins Infirmiers (IFSI) déjà constatée l’an dernier se confirme. La profession perd de son attractivité. Apparemment, les jeunes sont désillusionnés par la réalité et la pratique courante alors qu’ils s’engagent dans cette voie avec une haute idée de cette profession. Pour ces jeunes diplômés, exercer en libéral ne s’avère pas toujours la réponse adéquate pour équilibrer son temps entre vie privée et professionnelle vu les difficultés au moment de l’installation.

Point positif : le décret sur la pratique avancée qui va prochainement paraître et qui donnera la part belle au raisonnement clinique et au leadership infirmier.

Les IBODE mieux payés pour pallier un déficit chronique ?

En 2017, les infirmiers de bloc opératoire ont gagné en moyenne 3 294 € brut mensuel, ce qui représente une augmentation de 3,7% par rapport à l’année précédente et la revalorisation salariale la plus importante. Evolution surprenante étant donné que l’an dernier leur salaire avait baissé de 1,4%. Toutefois, on note, encore une fois, des différences significatives selon le secteur d’exercice. Les rémunérations s’accroissent peu dans le milieu associatif (+ 0,7% seulement) mais sont particulièrement remarquables dans le privé (+4,2%) et dans la fonction publique (+3,5%). Cependant, les IBODE gagnant le mieux leur vie exercent dans le secteur privé avec 3384 euros de salaire brut mensuel contre 3384 € dans le milieu associatif et 3173 € dans le publique.

On notre ainsi que la pénurie d’IBODE perdure sur l’ensemble du territoire. Une des raisons évoquées reste le décret de 2015 leur reconnaissant des compétences dont l’application a été repoussée pour le 1er juillet 2019. Le principal sujet de préoccupation des établissements de santé en la matière se résume à cette question : comment financer la formation des Ibode, formation onéreuse et privant les établissements de leurs professionnels en formation 18 mois durant…

Les IADE demeurent les mieux payés parmi les 13 professions paramédicales analysées

Les IADE été rémunérés à hauteur de 3946 € brut mensuel en moyenne en 2017, leur salaire a donc augmenté de 3,6% par rapport à l’année précédente. Ils avaient déjà connu une hausse notable de 2,4% en 2016. Mais cette fois-ci, cette revalorisation a été effective dans le secteur public uniquement (+5,3%) alors qu’en réalité les salaires ont très légèrement baissé dans le privé (-0,2%) et dans le milieu associatif (-0,1%).  C’est pourtant, dans le milieu associatif que la paye reste la plus conséquente avec 4066 € brut par mois contre 3992 € dans le privé et 3899 € dans la fonction publique.

Ainsi, à l’exception des spécialités de bloc opératoire où les salaires ont tout de même augmenté, de façon générale, les infirmiers ont bénéficié d’une infime revalorisation salariale par rapport aux contraintes toujours plus importantes qui leur sont imposées. Rappelons que le dernier rapport de l’OCDE en novembre dernier pointait à nouveau du doigt les revenus faibles des infirmiers français exerçant dans les hôpitaux par rapport à leurs confrères étrangers.

Note

  1. Le baromètre Appel Médical de la santé est une étude basée sur les salaires réels constatés, et donc non déclaratives, réalisée sur les années pleines 2017 et 2016. L'édition 2018 a reposé sur l'analyse de 706 794 fiches de paie d'intérimaires. La règle imposant qu'un intérimaire soit rémunéré au même niveau qu'un salarié titulaire garantit une bonne représentativité des salaires. La base de traitement est le salaire brut mensuel : les congés payés (10%), les indemnités de fin de mission (10%) et les primes variables n'ont pas été prises en compte.

Le pouvoir d’achat des infirmiers recule dans le monde entier

Le pouvoir d’achat de nombreuses infirmières dans le monde a chuté en termes réels depuis dix ans selon les statistiques salariales collectées depuis dix ans (2006-2016) par le Conseil International des Infirmières (CII) et publiés par le Centre international d’étude des migrations d’infirmières (CIMI). 

En effet, la Commission de haut niveau des Nations Unies sur l’emploi en santé et la croissance économique a montré récemment que l’investissement dans les services de santé était une condition nécessaire de la prospérité économique, plutôt qu’un frein à la croissance. La Commission a aussi quantifié l’ampleur du déficit de personnel infirmier au niveau mondial par rapport aux besoins exprimés. Vu la baisse relative du pouvoir d’achat constaté, il est urgent d’augmenter leurs salaires et d’améliorer leurs conditions de travail, de manière à rendre la profession plus attrayante. Avec une pénurie prévue de neuf millions d'infirmières d'ici à 2030, et vu les priorités mondiales en matière de santé (notamment la couverture de santé universelle et les maladies non transmissibles), les gouvernements doivent absolument investir dans les soins infirmiers et s'attaquer aux problèmes de recrutement et de rétention du personnel infirmier, souligne Howard Catton, Directeur des politiques de soins infirmiers et de santé au CII, auteur du rapport. Il remarque d’ailleurs que malgré la pénurie actuelle et prévue, il semble que la rémunération ne soit pas utilisée comme levier pour améliorer le recrutement et le maintien des personnels infirmiers. Les gouvernements ont la responsabilité d'assurer la sécurité et la sûreté de leurs citoyens – et cela comprend la disponibilité d’un nombre suffisant de professionnels de santé.

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Journaliste infirmiers.com roxane.curtet@infirmiers.com  @roxane0706

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