EMPLOI

L'emploi infirmier sous tension en 2015

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Conseils emploi

Du 15 janvier au 14 février 2016, Infirmiers.com a mené l'enquête pour faire le point sur le marché du travail infirmier en 20151. Les résultats révèlent que si le taux d'infirmiers diplômés d'État sans emploi reste stable, celui des IDE exerçant en contrat précaire est lui en augmentation... Plus d'un tiers des répondants est en effet en contrat à durée déterminée (CDD).

Avez-vous un emploi ?

graphique enquête emploi 2016

12.41% des personnes interrogées n'ont pas trouvé de poste d'infirmier.

ll est très difficile de trouver un emploi stable et durable. J'envisage une possible reconversion professionnelle si rien ne bouge. Je suis fatiguée de ce manque d'opportunités, fatiguée de ne trouver que des CDD...

Du côté des infirmiers sans emploi...

Des disparités régionales

graphique enquête emploi 2016

La Bretagne et le Nord-Pas-de-Calais-Picardie sont les régions regroupant le plus d'infirmiers sans emploi. 26.47% des infirmiers diplômés d'État résidant en Bretagne n'ont pas d'emploi.

Pour moi, il y a des postes à pourvoir. Tout dépend dans quel secteur on souhaite travailler. Le milieu hospitalier semble plus difficile d'accès, on demande de réelles compétences que n'ont pas forcement les jeunes diplômés ou que les plus anciennes ont perdu et il semble qu'il y ait une diminution des postes dans le public. En EHPAD, en médecine du travail, dans les SSIAD, il y a toujours de la demande... Encore faut-il vouloir y travailler.

Une recherche d'emploi longue et fastidieuse

graphique enquête emploi 2016

16.86% des infirmiers interrogés recherchent un emploi depuis plus de 12 mois.

J'ai envoyé beaucoup de candidatures pour presque 100% de réponses négatives... J'enchaîne donc de petits CDD, de 7 à 15 jours maximum...

Les jeunes diplômés sont les plus touchés

graphique enquête emploi 2016

Parmi les infirmiers sans emploi ayant répondu à l'enquête, 40.74% ont obtenu leur diplôme il y a deux à trois ans, et 38.89% il y a moins d'un an.

Il est difficile de concilier les souhaits professionnels véritables et la réalité du marché du travail... Comment concevoir qu'il puisse y avoir du chômage infirmier alors que les EHPAD sont en difficulté actuellement...

Du côté des infirmiers ayant un emploi...

Des contrats précaires

emploi infirmier 2016 graphique

32.89% des sondés ont un contrat à durée déterminée (CDD).

La titularisation dans l'établissement où je travaille semble ne pas être d'actualité. Il faut compter environ 5 à 6 ans dans l'établissement afin de pouvoir y accéder. Les CDD sont trop longs (déjà trois ans sous contrat pour ma part). Le libéral semble être une bonne alternative pour la suite.

Des contrats moins précaires en Île-de-France

emploi infirmier 2016 graphique

En Bretagne, 56.34% des infirmiers en exercice sont en CDD contre 14.2% en Île-de-France.

Les conditions de travail sont insupportables. J'essaie de quitter mon établissement hospitalier et d'en rejoindre un autre, c'est peine perdue... Les hôpitaux publics ne veulent plus de mutation de personnel "ancien", nous coûtons "trop cher". Peut-être vers le privé, mais avec baisse de salaire.. Difficile à admettre quand on a 25 ans de métier, de l'expérience dans des domaines techniques ou autres et déjà sous-payé.

Les jeunes diplômés infirmiers particulièrement touchés par la précarité

emploi infirmier 2016 graphique

52.23% des infirmiers diplômés d'État depuis deux à trois ans ont connu une période de travail précaire de plus de six mois. 80% des IDE ayant obtenu leur diplôme il y a moins d'un an ont connu une période de travail précaire.

Je suis satisfait de l'emploi occupé actuellement et pense y rester quelques années. Je fais partie de ces diplômés qui ont mis du temps à trouver le poste qui convient. Les périodes de chômages que j'ai connues ont été plus ou moins voulues car les postes trouvés et qui me proposaient un contrat pérenne ne me convenaient pas. Nous ne sommes pas suffisamment préparés à la recherche d'emploi en institut de formation. Quant à la question de savoir ce que l'on veut et où l'on veut exercer, les stages conditionnent souvent nos choix. La mobilité dans notre métier est plus ou moins aisée mais les postes sont rares voire très rares. La vraie mobilité est ailleurs, à l'étranger, mais il faut oser et être souvent libre de tout engagement. Nous avons cependant de belles perspectives de carrières pour qui le souhaite (concours...). On peut trouver son bonheur, mais il faut se donner le temps et les moyens souvent.

Le profil des répondants

  • emploi infirmier graphique
  • emploi infirmier graphique
  • emploi infirmier graphique

Les personnes interrogées exercent principalement en établissement de santé public, à moins de 20 km de leur domicile.

Je suis très désabusée... Pour pouvoir financer mes études d'infirmière, au début des années 90, j'ai travaillé pendant quatre ans à la chaîne dans un abattoir de volailles. J'avais de meilleures conditions de travail et de vie en général qu'aujourd'hui en tant qu'infirmière (rythme, respect, ratio effort/revenu, stress, sens et cohérence de ce qu'on est obligé de faire, éthique...). Si j'y étais restée, aujourd'hui, avec l'ancienneté, je gagnerais autant, et j'aurais sans doute réussi à m'orienter vers un poste plus aménagé et intéressant.

Globalement, il y a peu de changements en matière d'emploi chez les infirmiers par rapport à l'enquête réalisée en 2015. Le taux de chômage reste le même mais l'on constate tout de même un accroissement des contrats précaires. La situation est particulièrement inquiétante en Bretagne, où plus de 50% des infirmiers sont en contrat à durée déterminée. Par ailleurs, les jeunes diplômés souffrent particulièrement du chômage et de la précarité. Ainsi, pour trouver un emploi, notamment un contrat à durée indéterminée, avoir son diplôme d'État ne suffit plus forcément. Certains établissements demandent une expérience significative et certains services sont purement inaccessibles. Face à l'accumulation de déconvenues, les infirmiers -parfois également désabusés par des conditions de travail délétères- envisagent donc de se former, se tourner vers le libéral, de partir à l'étrange, voire une reconversion totale... Mais on ne choisit pas le soin par hasard, et se remettre en question et changer de profession lorsque l'on est diplômé d'État infirmier est loin d'être aisé... Quelles perspectives pour ces infirmiers mis sur la touche ?

Note

  1. Enquête menée en ligne du 15 janvier au 14 février 2016 auprès de 1 400 infirmiers diplômés d'État.
Creative Commons License

Aurélie TRENTESSE Journaliste aurelie.trentesse@infirmiers.com @ATrentesse

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envie de changer de poste

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Commentaires (7)

vertba

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#7

Jusqu'à la lie !!

La situation financière des hôpitaux étant plus proche de la faillite que de l'équilibre, il n'est pas surprenant que les infirmières ne trouvent plus d'emploi...Dans un des hôpitaux dans lesquels j'ai exercé , il est désormais impossible d'envisager que l'effectif de grève ( qui est normalement le strict minimum en terme de personnel) soit atteint, ne serait-ce qu'une fois par an...Le minimum est de 2 IDE par amplitude ..? qu'à cela ne tienne , il sera de trois ...mais pour trois unités... Mais bon, on se tire dans les pattes entre IDE et AS, AS et ASH, paramédicaux et médecins....Ce qui, hier encore, était le pire du pire devient aujourd'hui le caviar....

TaGaDa45110

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#6

titularisation ... savoir attendre !

la situation a peu changée. mais il faut savoir attendre et patienter. dans les hopitaux, j'ai été contractuelle ( donc en CDD) pendant 2 ans : pas droit au chômage ensuite .... car CDD en fonction publique entre 1988 et 1990 ! puis en CDI , eh oui, être fonctionnaire, c'est aussi être en CDI ! ma titularisation, je ne l'ai eu que 6 ans après.
j'ai donc patienté 8 ans .... de 1988 à 1995. comme bcp d'entre mes collègues.
cela ne m'a empêchée de travailler. j'ai pu racheter mes 8 ans de période de non titulaire dès le lendemain de ma titularisation. aujourd'hui, on veut tout tout de suite !! aujourd'hui, je suis dans le privé et quand je vois les plus jeunes arriver les 1er jours de poste , il n'y a que 3 mots que j'entends . repos , prime et congés. et le boulot là dedans ? il est où et quand ?

FRED60

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#5

Aucun sens!

On sait bien que les conditions de recrutement se sont durcies, mais on va pas me faire croire que public/privé confondu un tiers des IDE sont en précarité!
Pareil, annoncer un taux de chômage à plus de 12% est ridicule; ça voudrait dire que le chômage IDE est supérieur à la moyenne...
Je croise beaucoup de nouveaux diplomés, et même s'ils mettent 6 mois à 1 an pour trouver un poste stable ou un remplacement très longue durée (plus de 6 mois) ils trouvent. Après d'autres galèrent mais ils font aussi parfois la fine bouche...

coe2

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32 commentaires

#4

L'herbe n'est pas plus verte ailleurs !

J'ai l'impression que nous avons oublié que notre métier est "multi-services", ce qui est rare de nos jours dans les autres corporations. Alors, pourquoi ne pas en profiter, au lieu de chercher la sécurité de l'emploi par un CDI, une titularisation. Vouloir être infirmier et vouloir bosser 30 ans dans une même structure, surtout dans cette société actuelle où nous devons être polyvalents et en sachant que la pérennité n'est plus de mise, est une hérésie. Il y a eu un temps où nous pouvions choisir, voire imposer nos préférences, c'est fini ! Il faut s'adapter à la conjoncture. Pas de meilleure expérience que de se tourner vers l'intérim, si on ne trouve pas le poste de nos rêves, notamment dans les grandes villes. Il faut s'adapter. Le problème que nous rencontrons actuellement est que la formation est devenue de "l'à peu près". Pour exemple, je suis stupéfaite de voir une collègue vouloir être à tout prix fonctionnaire, et donc viser un poste... à l'EN, alors qu'elle ne sait pas poser une perfusion. Que faire en cas d'urgence et que le SAMU lui demande de perfuser en urgence en attendant leur arrivée ? Notre métier ne sera reconnu, donc revalorisé, que lorsque nous accepterons que nous sommes avant tout techniciens, c'est la survie du patient qui compte, la compassion, relation, etc, viennent juste après.
Je suis depuis peu à la retraite, j'ai exercé dans tous les services et structures, bossé dans le privé comme dans le public, conciliant vie professionnelle et vie privée, et je suis encore sollicitée par plusieurs structures et services pour remplacements, car ils ne trouvent pas d'infirmiers. Il y a donc du boulot, et donc id°pour mes collègues plus jeunes, même si, effectivement, c'est plus difficile qu'avant et que la rentabilité est devenue le maître-mot. A nous d'être les porte-paroles de notre profession. Osons imposer la déontologie de notre profession (même si l'ONI bloque toujours sur le sujet !). Nous, nous savons de quoi nous parlons, en principe !

Pappo

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#3

Parti pris

Soit c'est moi qui ne sais pas lire les chiffres soit c'est vous.
Titrer: "Une recherche d'emploi longue et fastidieuse" quand 44.7% cherche depuis moins de 3 mois et 29.07% entre 3 et 6 mois soit un total de 73.84% depuis moins de 6 ans, c'est un peu ridicule, non ?
Titrer: "Du côté des infirmiers ayant un emploi... Des contrats précaires" quand 58,89 % sont en CDI et 6,04% en libéral... ça donne vaguement l'impression que vous avez un parti pris avant même d'examiner les chiffres.
Ce n'est pas très sérieux tout ça.

loulic

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249 commentaires

#2

Nullité

C'est surtout une enquête qui n'a aucune valeur puisque menée uniquement sur les déclarations des internautes fréquentant ce site.

N'importe qui pouvant raconter n'importe quoi.

Par ailleurs, si on veut être un peu sérieux, il faut aussi être précis. Dans votre enquête les fonctionnaires (qui ne sont ni en CDD ni en CDI donc) ne sont pas pris en compte.

Encore une enquête qui ne sert à rien, et dont on ne pourra rien faire, faute de méthodologie valable.

On reproche souvent aux étudiants leurs questionnaires. Ici je constate que le niveau n'est pas meilleur.

Par ailleurs, et pour ouvrir sur votre interrogation finale : Combien de reçus au concours ne finissent pas leurs études, et combien d'infirmiers n'exercent que quelques mois ou quelques années ? A vous lire on a l'impression que l'on devient infirmier comme on entre en religion.

ninonneniconne

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11 commentaires

#1

Ne tirez pas sur l'ambulance!

Quelle consternation!
Les jeunes infirmiers sont au chômage et les anciens coûtent cher, mais tant qu'à faire on préfère payer des expérimentés car vu le minimum de personnel en place, un agent averti en vaut deux, pardi!
Des places en HEPAD, bien sûr!
Mais quand on voit les conditions de travail autant être à l'usine, comme en témoigne une infirmière!
Je suis à la retraite, j'ai connu les soins adaptés au patients et non l'inverse, le tout dans le respect de la personne, patient et personnel soignant.
A présent, le seul projet de soin, c'est celui de la rentabilité.